‹ Lettres et pièces rares ou inéditesChapitre 105 sur 142 · LE TESTAMENT DE MÂIMBOURG · texte numérisé non relu

LE TESTAMENT DE MÂIMBOURG

HOTB WTlOMCTtVS.

Nous avons vu quelques docuoienCs de ia seconde ère éé Louis XIV, celle de son émancipation politique et de sou émancipalkm morale. Nous arrivons à des documents de ia troisième ère de son règne, celle de la réaction religieuse.

La femBie diatifligoée dont nous venons de lire une lettre de reine, W* d*Aubigné , n'était pas encore assise à côté de son trône , et son influence sur le monarque, d'ailleurs frappé de la supériorité de son esprit, était peu sensible encore, que delà Ton remarquait dans les mœurs une réaction notable.

Cette réaction se développa sous trois formes diverses. Ce fut d'abord celle de la polémique contre la dissidence, suivie de celle de la persécution ; ce fut ensuite celle de la répression contre la licence des écrivains; ce fut enfin celle de la soumission absolue au dogme de TËglise.

Ut' de Maintenon a peut-Atre conseillé quelqueè*unes de ces formes. En tout cas elle s'est associée à toutes, et les écrivains les plus distingués ont, pour la plupart, subi son inBmDce ou imité l'ekemple d'un monarque qui ne souffrait pas de contradiction , qui eDCourageait , auoontrairei le culte de ses idées comme celui de sa personne.

Le premier document que nous allons donner est de récri- * vain qui a le plus marqué dans la réaction polémique ; il est du jésuite Ihimbcnorg.

Ou sai l la valeur de ses écrits historiques, qui forment quatorze volumes in-4'*. On connaît Texagération de ses principes de gallicanisme et l'ordre qu'elle lui attira, de la part du pape, de sortir de la compagnie des jésuites. On n'ignore pas ses longues querelles avec cette compagnie, qui se refu sait à ses répétitions de deniers qu'il lui avait donnés plus définitivement qu'il ne pensait.

C'étaient là les grandes affaires , les grands débats de sa vie ,et son testament doit nécessairement en porter les traces. Mais ce n'est pas là ce qui rend cette pièce le plus digne d'attention. Ce qui nous y firappe, c'est l'esprit de soumission absolue, c'est la profession de foi complète; mais c'est aussi la piété vraie et sincère.

Il était bon , je crois , de foire ressortir ces traits dans la vie intime de ce jouteur si rude, de ce polémiste si ardent , et sous ce rapport c'est avec plaisir que je publie ce document.

Il faut\ pour en faciliter l'intelligence, rappeler que Louis XIV, afin de dédonmiager cette victime d'un gallicanisme exagéré mais rare , lui fit une pension et lui accorda un asile dans l'abbaye de Saint-Victor à Paris , où il mourut le 13 août 1686.

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