LETTRE DE M. DE LA CONDAMINE
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Voici encore deux lettres qui attestent les rapports de plus en plus intimes des Académies de Paris et de Berlin.
Il s'agit de Téloge de Maupertuis. M. Formey, secrétaire de TAcadémie de Berlin, doit en faire un ; M. de Fouchy, secrétaire de l'Académie des sciences de Paris , veut en faire un autre. Les deux secrétaires s'entendent. L'abbé Trublet, qui était de Saint-Malo conmie Maupertuis ; l'abbé Trublet , qui aura toujours, dans l'histoire des lettres françaises, le mérite d'avoir jugé le Télétnaque comme il devait l'être, et quand ce beau livre était encore proscrit en France ; l'abbé Trublet, qui avait osé jeter sur la Henriade le vers de Boileau fait pour le poème de Chapelain :
Et je ne sais pourquoi je bâille en la lisant ;
l'abbé Trublet, que les saillies de Voltaire ont effleuré comme tant d'autres , a porté des lettres de Formey à La Condamine sur ledit éloge.
C'est à cette communication que La Condamine répond dans la lettre suivante.
On voit, par l'anecdote qu'il y met sur Voltaire et par le trait épigrammatique qu'il y rattache , que l'abbé Tniblet et lui venaient de causer sur le seigneur deFerney.
M. de Fouchy, qui est si souvent nommé, était né en 1707 .
Il mourut en 1788. Il avait succédé dans le secrétariat perpétuel à M» Mairan; il le laissa à Condorcet.
La Condamine , né à Paris le 28 janvier 1701, et mort le 4 février 1774 , est principalement connu comme voyageur, et il mérite de Tétre à ce titre , car, après dix. années d'explorations lointaines , il n'a cessé de parcourir avec une curiosité féconde des régions plus rapprochées de sa résidence habituelle.
Mais La Condamine fut membre de l'Académie française (X)mme de celle des sciences, et il va nous donner, sur les affaires littéraires de son temps , des détails encore plus curieux que ceux qu'il prodigue ailleurs sur ses débats personnels avec Bouguer, débats qui ont empoisonné son exi stencc , et dont l'exemple devrait apprendre une fois de plus à tout écrivain que toute querelle est une faute.