LETTRE DE W^ DE SGUDÉRY
En efiet, M^ de Scudéry était non-saulemeat un des personnages les plus importants du cercle de l'hdtel Rambouillet, dont le langage était un peu calqué sur ses romans» mais elle tenait elle-même des réunions qui rivalisaient avec celles de M*^ de Montpensier , de M*"* la duchesse de Longueville, de M""** de La Fayette, de Sévigné, de Coulanges, de La Sablière. Peintre des mœurs de son temps, elle était mise au rang des juges. Écrivain fêté , elle était écoutée avec plaisir par des académiciens illustres. Chapelain, Conrart, Sarrasin et Pellisson, qu'elle préférait à tous les autres. Moraliste ingénieux , elle était consultée par Huet , évéque d'Àvranches; Godeau, évéque de Vence ; &fascaron , évéque de Tulle , qui profita de ses indications même pour son éloge funèbre de Turenne ; Fléchier , qui goûta singulièrement ses deux volumes de Conversations. La France entière professait pour elle la plus vive admiration, et l'Europe s'associait à ces hommages. La reine Christine , qui aimait peu les femmes , offrit à HIP* de Scudéry son amitié et ses présents. La duchesse de Holstein , le duc de Brunsv^ick, et quelques académies étrangères recherchèrent, conmie elle, l'honneur d'avoir de ses lettres.
Ce qui faisait ambitionner la gloire d'être de son cercle et le bonheur d'être de ses amis, c'était l'élévation de son esprit ; porté à la métaphysique des mœurs, c'était la bonté de son cœur, dont le dévouement était sûr«
On en voit la preuve dans la lettre qui suit.