LETTRE DE BIGOT A HEINSIUS
NOTE INTRODUCTITE.
Si Chapelain est un des types de l'homme de lettres du temps , Bigot , né et mort les mêmes années que la reine Christine , est un des types du véritable érudit , du philologue cherchant dans toutes les bibliothèques de précieux inédits, et les publiant avec des notes propres à les mettre en relief et en lumière. Bigot, d'une famille de robe assez distinguée de Rouen, avait reçu de son père une bibliothèque de six mille volumes , dont cinq cents manuscrits. Il visita la Hollande , l'Àngleten^e et l'Itdie , et laissa une collection de quarante miUe volumes, dont le catalogue est estimé encore. Il étmt en correspondance avec tous les savants de l'Europe, et il réunissait dans sa bibliothèque les honunes les plus distingués de sa ville natale.
La lettre si riche que nous publions de lui n'est qu'une copie, mais elle est faite sur l'original et d'une si admirable netteté, que je la crois de la main de Gronovius même. Elle est dans tous les cas d'un de ces savants hollandais qui aimaient à se distinguer par la beauté [de leur écriture autant que par l'excellence de leur style. On comprend que la lettre de Bigot, qui est une véritable gazette, ait été recherchée et copiée plus ^'une fois dans les savantes villes de Hollande.