‹ Lettres et pièces rares ou inéditesChapitre 96 sur 142 · ADRIEN DE VALOIS A NUBLÉ · texte numérisé non relu

ADRIEN DE VALOIS A NUBLÉ

[ Aulographc— Uibliutlièqae impériale de Vienne, luanatcriu Hohendvi f,

i:J5, 5, in-fol,leUre4i8.]

Paris, 26 novembre 1660.

Monsieur 9

Lorsque je vous croyois de retour à Paris , votre laquais est venu chez moy^ et ne m'ayant pas trouvé au logis, il a dit que le mal de votre œil s*estoit renouuelléy et que les saignées et les purgations vous avoient tellement affoibly; que vous ne pouviez pas reuenir à Paris silost; que si je

voulois vous cscrire, ie ii'aurois qu'à addresscr ma lettre chez M. le président Bailleul; qu'on vous la feroit tenir.

Je me sers doneque de cette occasion^ pour scauoir de vos nouvelles et pour vous dire des miennes.

J'ay fait imprimer^ comme vous le scavies^ la défense de ma Disceptation des Basiliques^ contre le jugement de M. de Launoy. Mais i' attends votre retour pour vous en présenter un exemplaire. Vous y estes deux fois nommé et avecque éloge. M. Laulioy , pour répliquer , va troubler le repos de mon fils qui est mort il y a quatorze ans, et va publier partout une noire calomnie d'un chandelier d'argent , qu^on Taccusa d^auoir pris chesM. des Hoches. Vous scaves le motif et toute Thistoire de cette affaire.

Voilà une chose horrible et bien indigne d'un prestre et d'un docteur*. Mais il se fait, de cela, beaucoup plus de tort qu'à moi ; car il montre par là qu'il n'a rien de bon à répliquer, et que la passion l'aveugle. M. de La Rivière » au cabinet de M. de Thou, comme il avoit commencé à raconter cette belle histoire, luy ferma la bouche en lui disant : Mess, de Valois sont honnestes gens. M. d'Héronval , M. Aubry et les autres qui estoient présents, le secondèrent, en sorte qu'il fut con-

' En théologie»

traint de revenir* avecque honte et de laisser »on compte [sic] imparfait.

Si j^auois esté de son humeur ^ j'aurois remarqué dans ma défense d'estranges choiies qu^il a fait [es] à Navarre* et ailleurs : comme il a tasché d^ escroquer un bénéfice d^un sien escholier; comme il a esté balayeur au collège des Jésuites à Rouen; de sa naissance; de mille autres choses.

J*ay appris que ches M. Ménage il a estallé» cette mesme calomnie^ et qu'il a estéescouté plusfauorablement que ches M. de Thou. J'attribue la faute aux auditeurs qui estoient , tous, ou jeunes gens ou ses disciples et amis , et principalement à M. Mesnage qui, scachant T affaire, n'auroit pas dû souffrir qu'on débitât une telle calomnie contre ses amis en sa maison. Mais c'estoit peut-estre lui mesme qui la lui auoit apprise.

L'abbé de Marolle s'est aussi rendu complice de la passion du S' Launoy , son bon ami , et a dit la mesme chose à M. Ogier entr*autres, qui s'en est moqué fort ioliment, comme tous les gens sages et honnêtes qui connoissent nous et nostre maison, feront toujours. Le S' Launoy montre bien en cela et en tout, son procédé, son foible, son fiel et sa malice. Je lui pardonne de bon cœur, car ie ne m'estonne plus de rien , voyant ce que ie vois.

* L'auteur avait commencé d'écrire le mot rengavter,

• Au collège de Navarre.

Je vous souhaite bientost à Paris ^ en bonne

santé y et suis de tout mon cœur.

Monsieur, Votre très humble et très obéissant serviteur ,

DR Valois.

Mon frère * vous baise très humblement les mains.

De Parip, ce fb de novembre 16G0.

« A Monsieur Nublé , aduocat au Parlement , à Amboise. ■

* Henri de Valois , seigneur d^Orcé , honoré de Iv bienTeinance de la reine Ghrisline, de ramitié du grand Gondé , et de celle de tous les savants de répoque , sortout du père Pétau , de Dupuy et du père Sirmond. Il était historiographe de France et pensionné par Louis XIV, comme son

Page 1