LOUIS XIV AU DUC DE MANTOUE
[ Autographe. -* Bibliothèqae impérial^ de Vienne ]
Paris, 1656.
Mon cousin^
Sachant combien vous aues^ contribué de toutes les choses qui ont esté en votre pouuoir a la prise
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* On voii que je conserve l'orlhogrnphe du r<»i.
de Valance, je ne puis que je vousasseure de ma propre maiu^ combien je suis touché des marques d'affections que nous m'auez donné en cette occasion.
Vous deues estre asseuré que vous en receures de la mienne dans toutes celles [occasions] ou il sagira de vos intérêts.
Je me remets du reste a ce que vous dira le S' conte Ronchy^ Payant chargé de vous entretenir de ma part : ce qui faict que je ne fais la présente plus longue que pour dire que je prie Dieu , mon cou-^ sin, qu il vous ait en sa saincte et digne garde.
Louis*
A Paris, ce 12 octobre 1656.
« A mon coufin le duc de Maotoue. •
REMARQUES SUR CETTE LETTRE
On a peu de lettres autographes de Louis XIV, ou du moins toutes celles qu'on a sous cette forme ne sont pas également authentiques , ce prince ayant pris plus tard un secrétaire de confiance pour imiter sa main , et se faciliter le moyen de faire des politesses de roi peu fatigantes. Celle que nous éditons est antérieure à ce temps , et porte le cachet d'un autographe véritable. Elle n'en est que plus curieuse à étudier sous le rapport du style , car on peut admettre à juste titre que c*est bien celui de Louis XIV. On sait que ce prince , en qui se remarquaient des qualités si contraires, alliait h un goût parfait et à l'instinct de toutes
les grandes choses, une instruction peu solide et peu étendue; qu'il n'avait pas la parole facile , et que la brillant» élocu^n de Fénélon , qui lui donnait une grande supériorité , fut une des causes qui le Tirent peu rechercher par le monarque. En un mot , Louis S.IV n'était pas un homme de lettres comme Louis XI, comme Jacques I". Hais c'était un esprit doué d'un tact exquis, et si sa lettre porte des (races d'un langage défectueux , elle est cependant d'une convenance f(aîaHa,J«nepuia çueje vousassure, pour je ne puis m'cmpécher de vous assurer, est une fauto de français , et Louis XIV a l'air de dire le contraire de ce qu'il veut dire réellement. En efTet , sa bienveillance ne se bornera pas à l'envoi de quelques lignes. Mais abstraction fute de cette tache et de quelques tournures peu élégantes, le royal auteur fait parfaitement ce qu'il veut. Il veut se montrer reconnaissant , mais se garder d'exciter. L'ambition du duc de Hantouc était alors d'être traité diplomatiquement comme le duc de Savoie. Or , on voulait bien lui laisser la flatteuse espérance qu'un jour cela pourrait se faire , mais on prétendait ne pas s'engager. Le duc de Hantoue, feudalaire de l'empire , n'était pas souverain indépendant, et l'on ne voulait pas le truter autrement qu'il ne l'était par l'empereur.
Ecrite sous l'empire de ces circonstances , la lettre de Louis XIV est un chef-d'œuvre de bienveillance sans abandon et de réserve sans sécheresse. H y a la hauteur que ce prince eut trèft-jeune , et qu'il ne quitta jamais , mais cette hauteur est c«lle de saposition.
Le document qui suit appartient k la vie administrative de ce prince , dans la [^lase que nousarone indiquée. C'est un récil