‹ Lettres et pièces rares ou inédites publiées et accompagnées d'introductions et de notesChapitre 126 sur 137 · CONDILLAC [A FORMEY · texte numérisé non relu

CONDILLAC [A FORMEY

f Autographe.— M^me dépôt.]

Parie, 22 décembre n 65.

Je suis bien flatté, Monsieur, des marques d'estime dont vous m'honorez. Je désirois fort que des juges tels que vous fussent contens de mes ouvrages ; et je vois avec autant de plaisir que de reconnoissance l'empressement que vous avez eu à en faire l'extrait.

Je n'ai qu'un regret, c'est que vos occupations ne vous ayent pas permis d'y répandre toutes les réflexions qui vous sont venues. Je ne doute pas qu'elles ne donnassent du jour aux matières que j'ai traittées, et qu'elles ne donnassent lieu à traiter de nouvelles questions. Si vos affaires vous le permettent, nous pourrons en agiter dans nos lettres. Je serai charmé d'avoir cette occasion de m'entretenir avec vous, et de cultiver votre amitié.

Je vous serai fort obligé de m'envoyer votre extrait à la première occasion.

Je vous prie, Monsieur, de me rappeler dans le souvenir de M. de Maupertuis, et de lui faire mes compliments sur le retour de sa santé. M. Tabbé Trublet ne m'a pas laissé ignorer la manière obligeante dont M. de Maupertuis parle de moi dans les lettres qu'il lui écrit : vous pouvez penser combien j'y suis sensible.

Mais il y a un reproche que Je serois très fâché d'avoir mérité , et dont je voudrois bien avoir occasion de me laver. 11 s'agit de quelques petites injustices contre M. de Buffon. S'il y en a dans mes ouvrages, c'est certainement contre mon intention. Je cite scrupuleusement, et je me fais un devoir de ne lui faire dire que ce qu'il dit.

Voici , Monsieur, la notice de mes ouvrages :

En 1746 j'ai donné un Essai sur rOrigine des Connaissances humaines y

En 49 le Traité des Sentimens;

En 54 le Traité des Sensations;

En 55 le Traité des Animaux,

Je vous prie , Monsieur, de me conserver toujours quelque part dans votre estime et dans votre amitié, et d'être persuadé que je suis avec la considération la plus parfaite ,

Monsieur,

Votre très humble et très obéissant serviteur.

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