‹ Lettres et souvenirs d'enseignement d'Eugène GandarChapitre 10 sur 57 · LA LITTÉRATURE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

LA LITTÉRATURE FRANÇAISE

Pendant la seconde parlic du règne de Louis XIV

(1662-1687) (Discours d'ouverture proaoDcé à laSorbonne le 3 décembre 1862.)

Messieurs,

Appelé pour la seconde fois à faire devant vous le cours d'éloquence française, il m'a été doux de penser que je devais cet honneur au suffrage d'un professeur illustre, à l'indulgent accueil de la Faculté des lettres, mais surtout (qu'il me soit permis de le dire) aux sympathies par lesquelles vous aviez pris soin vous-mêmes de renouveler mes titres au choix bienveillant du Ministre. C'est grâce à vous que j'ai pu remonter dans cette chaire, et que j'ose le faire sans appréhender trop vivement les périls de ma tâche.

Je me suis proposé. Messieurs, de reprendre nos études où nous les avons laissées, c'est-à-dire après les Provinciales, au moment où l'agonie de Pascal

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marque dans Thisloire littéraire l'époque marquée dans l'histoire politique de notre pays par la mort de Hazarin. Mais une année ne suffirait point pour aller jusqu'à la fin du règne de Louis XIV, et il n'est pas facile d'y établir une division assez rigoureuse pour que chaque partie, enfermée dans ses limites naturelles, offre les caractères d'un tout distinct. Je n'affecterai pas, Messieurs, sur de telles matières une exactitude inutile ; mais il m'a semblé que je donnerais à notre cours de cette année plus qu'une apparence d'unité sans faire violence aux faits de l'histoire, en détachant du commencement et de la fin du règne les vingt-cinq années qui s'écoulent depuis la mort de Pascal (1662) jusqu'à la dernière oraison funèbre de Bossuet(1687).

Nous serons ainsi, vous le voyez, au cœur môme de ce que Ton a nommé le siècle de Louis XIV, et à l'époque où cet hommage rendu au grand roi paraît le plus légitime. Jusque-là, son âge ou sa complaisance pour Mazarin ne lui avaient pas permis de prendre en main l'autorité suprême, et il n'avait fait encore sentir nulle part l'action directe de sa volonté : la France attendait tout de lui avant qu'il eût rien fait pour montrer qu'il était digne de ses destinées. Au moment où Bossuet prononce l'oraison funèbre du prince de Condé, le prestige s'était affaibli ; aux louanges excessives, mais sincères, des premières années succédaient les conseils timides, les plaintes mal contenues, de secrètes accusations adressées au tribunal de l'avenir : Louis XIV ne régnait plus sur les esprits. Il avait régné

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sur eux dans cet intervalle ; les plus vigoureux et les plus fiers n'avaient point dédaigné de faire Toniement de sa cour ; ils avaient subi volontairement l'ascendant de sa pensée, ne séparant guère le désir de plaire au roi du besoin d'atteindre à la perfection ; c'est ainsi que leurs œuvres ont reçu l'empreinJe de son génie, et que la gloire de tant de grands hommes semble, aux yeux de la postérité, absorbée dans sa propre gloire. Il suffit de jeter un coup d'œil rapide sur l'époque dont je parle pour être frappé tout d'abord de son étonnante fécondité. Ne remontons plus jusqu'au Cid; ne descendons pas jusqu'au Télémaque, A ce petit nombre d'années appartiennent, pour la poésie, les derniers beaux vers de Corneille, la maturité de La Fontaine, tous les chefs-d'œuvre de Molière, tous ceux de Boileau, tous ceux de Racine, à la seule exception d'j^^M^r et d!Athalie; pour les arts, la colonnade du Louvre, le dôme des Invalides, le palais et les jardins de Versailles, les compositions les plus grandioses de Lebrun ; et si je me renferme, comme je le dois, dans les annales de l'éloquence, combien j'aurai passé sous silence de noms justement célèbres, quand j'aurai nonuné en courant les Maximes de La Rochefoucault, les Mémoires de Aetz, les romans de madame de La Fayette, les meilleures lettres de madame de Sévigné, les sermons de Bossuet et de Bourdaloue, et les Oraisons funèbres et le Discours sur F Histoire universelle I Quel siècle, Messieurs, a jamais produit, dans un espace aussi étroit, un plus merveilleux ensemble d'œuvres excellentes?

Cette fécondité s'explique, du moins en partie. Il y avait soixante ans que les forces vives de la nation se développaient, tantôt contenues et dirigées par la sagesse de Henri IV, par rimpérieuse volonté de Richelieu, tantôt livrées à elles-mêmes et prodiguées à l'aventure -sous l'autorité amoindrie de deux enfants gouvernés par des femmes. La seule lecture des Mémoires de Retz ferait voir combien d'habileté et de finesse, combien •de courage et même de loyales intentions s'étaient perdus sans fruit durant l'époque indécise et agitée de la Fronde. La littérature offrait un tableau fidèle de cette société pleine de vie, mais tourmentée et remuante. Livrée à tous les caprices d'une fantaisie déréglée, nous avons vu de quelles hauteurs elle était soudain retombée aprèsle Discours sur la méthode eiPolyeucte, Que d'efforts pourtant et quelle fiévreuse activité ! N'aura-t-elle abouti qu'à des promesses éphémères? Non : l'heure est venue ; un commun besoin de discipline s'empare des esprits lassés par tant de déceptions; les aspirations confuses se fixent sur un idéal précis, j'allais dire vivant, celui d'une autorité souveraine, émanée de Dieu, bienfaisante comme la sienne, personnifiée dans un jeune prince qui plaisait alors aux plus sages et qui enchantait les imaginations. La fermeté de ses desseins rend du moins à la France une confiance que des épreuves trop souvent renouvelées avaient ébranlée. Elle recommence à se connaître, entre pour la première lois dans la pleine possession d'elle-même, voit netteiiient où elle marche, ce qu'elle désire et ce qu'elle peut; dans ces jours heureux d'apaisement et d'exal-

tatioD, chacun semble poussé par une inspiration crête à travailler selon ses forces, pour que Tàge noo*veau, attendu dans les sueurs et dans les larmes pmr plusieurs générations d'hommes, ne trompe pas les vœux de tous et l'ambition universelle.

Les vaincus de la veille n*affectent pas de se tenir e& dehors de ce concert ; résignés, sans trop de peine, à une condition dont leur bon sens reconnaît qu'ils doivent se prendre à leur témérité plutôt qu'à leur mau* vaise étoile, éloignés del'action qui a été l'écueil de leur vanité, rendus à eux-mêmes par une solitude qui ne les dérobe pas à l'attention publique, ils ont le loisir de composer des livres qui valent mieux que leur conduite passée et qui leur assurent une belle place dans l'histoire.

Ces retours sur le passé n'ont rien d'amer pour le cardinal de Retz ; il laisse aller sa plume au fil de ses souvenirs, d'abord uniquement, s'il faut l'en croire, par condescendance pour l'amitié, puis sans prendre la peine de cacher le plaisir qu'il éprouve à faire ainsi revivre les autres, à se voir revivre lui-même dans ces tableaux variés, si attachants et si vrais ; témoin désintéressé de ses propres actions, il se condamne d'aussi bonne grâce qu'il rend à l'occasion justice à ses plus grands ennemis, disant tout, le bien et le mal, ce qu'il importait de dire et ce qu'il était indifférent de cacher, avec un mélange indéfinissable de cynisme et de candeur ; aussi éloigné de l'humilité que de l'orgueil, il n'a voulu écrire ni une apologie ni une confession, dans ces récits véritablement naïfs, image sincère d^uo

homme propre à toul, qui n'a rien su faire, jouant péle-méle, a^ec une égale bonne foi, les rôles de galant et de politique, de tribun et d*apôtre ; ébauchant totis les personnages, sans jamais trouver sous aucune forme, ni dans sa vie ni dans son livre, une conclission pour ce roman singulier, tout réel et cependant tout chimérique, dont le héros, si Retz avait pu lui en donner un, serait le modèle achevé d'un chef de parti. La Rochefoucault n'a jamais eu ce détachement ; plus personnel, quoiqu'il ait cessé de parler de lui pour peindre l'homme en général, on continue à sentir sous ses paroles un levain d'aigreur. Avant même qu'il eût dégagé sa responsabilité des coupables folies de son parti, c'était un railleur sans merci; à mesure qu'il observe les hommes de plus loin et de plus haut, il est plus frappé de leur petitesse. On l'accuse d'en triompher et d'humilier la nature humaine pour moins sentir les blessures de son amour-propre. Je n'aime pas, Messieurs, une doctrine morale qui ne fait rien pour relever les courages et court le risque de laisser la vie sans règle aussi bien que sans espérance. Mais je vois moins d'amour-propre que de tristesse dans les réflexions d'un désabusé qui a surtout appris en se connaissant lui-même à rejeter, toutes les illusions. Assurément, l'auteur des Maonmes s'était fait sa part dans les vérités un peu dures que son livre n'épargne à personne . Peut-être s'est-il trahi sans le vouloir par la façon obstinée dont il remet sans cesse en cause une vertu qui était devenue la sienne, la modération. Humeur calmée, disaitril, par la bonne fortune, tiédeur venue

avec les années, paresse et langueur de Tàme : n'étaient-ce pas autant d*aveux ? Le mal avait eu prise même sur Tesprit, et La Rochefoucault s'effrayait des longs ouvrages ; mais il craignait encore plus le vulgaire et le médiocre : aussi a-t-il donné un tour exquis à ces vingt pages qui renferment toute l'expérience de sa jeunesse et toutes les méditations de son âge mûr.

Madame de Se vigne, dont Tamitié fut un lien entre deux rivaux, naguère implacables, et qui resta si fidèle à l'un et à l'autre, n'eut à répudier, pour devenir l'un des ornements de la société qui se formait autour du roi, ni le souvenir des ruelles ni des affections qui dataient des guerres civiles. Poussée à la cour par un grain d'ambition, moins pour elle que pour ses enfaïits, elle y porta son naturel que les précieuses n'avaient pu gâter, l'admirable franchise de ses jugements et de son langage ; elle y devait trouver, dans le spectacle étalé à ses yeux et dans les anecdotes qu'on murmurait à ses oreilles, l'agréable diversité qu'elle aurait eu sans doute plus de peine à rencontrer si elle n'avait parlé que de sa fille et de ses livres. Et pourtant, Messieurs, j'ai peur que vous ne m'accusiez d'oublier la variété de ses lectures, tour à tour si frivoles et si sérieuses, ou d'estimer trop peu les. ressources d'une imagination capable de fournir sans cesse des formes nouvelles à ces redites du sentiment dont le cœur d'un amant peut se lasser, dont ne se lasse pas le cœur d'une mère.

L'irrésistible entraînement dont nous voyons que les héros mêmes de la Fronde n'affectaient pas de se

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défendre, arrache La Fontaine à son indolence. Il était juste, Messieurs, de faire au bonhomme sa place à part dans l'histoire de Louis XIV. Mais ne Ta-t-on pas isolé de ses contemporains plus que ne le voulait la vérité? Il a passé doucement ses jours, j'en conviens, dans jme espèce de disgrâce aussi commode pour son humeur que favorable à sa poésie. Mais, par l'excessive facilité de son caractère, il devait subir plus que tout autre l'influence du temps et celle des hommes. A quarante ans , bien qu'il eût fait très-peu de chose, il avait déjà failli trois fois se tromper de route : la faveur de Fouquet l'avait surpris méditant une ode ; il vécut à Vaux comme dans un rêve , cherchant tantôt à imaginer une épopée à sa taille pour immortaliser plus sûrement avec son nom le nom de son bienfaiteur, tantôt à rajeunir, pour amuser un cercle frivole, nos vieux fabliaux. C'était trop ou c'était trop peu. Sa véritable mesure lui échappait. Dans le commerce de Boileau et de Molière, il ouvrit les yeux et se piqua d'émulation autant qu'il le pouvait faire; l'âge et la réflexion et la tendance commune des esprits l'accoutumèrent, sans qu'il y prit garde, à choisir des sujets plus sérieux que ceux de Boccace ; il devint moraliste aussi, mais à sa manière, et en laissant à ses préceptes , qui n'ont rien d'austère, le tour libre et enjoué des contes. Ainsi se grossh'ent assez vite deux recueils de fables qui mirent au-dessus de Phèdre et à côté de Molière ce distrait qui risquait de s'en aller comme il était venu, aussi peu soigneux de son génie et de sa gloire que de tout le reste.

Les trois amis de La Fontaine, ses trois émules, Molière, Boileau et Racine, ont franchement voulu être et il^ ont été les poètes de Louis XIY. Leur est-il arrivé de pousser trop loin le désir de plaire à leur maître ? J'y consens, Messieurs, pourvu qu'on ne les accuse pas de Tavoir fait uniquement pour obéir à de lâches craintes ou à des calculs serviles. Le roi faisait assez de grandes choses pour justifier une admi* ration qui alla jusqu'à Tenthousiasme , et un dévouement qui prenait le caractère d'une conviction réfléchie. Il aimait d'ailleurs que Boileau dit la vérité, même à Versailles; il protégeait Molière contre les marquis et faisait jouer Tartuffe malgré ceux qui criaient au sacrilège, parce qu'un coup vigoureux arrachait pour toujours le masque à Thypocrisie. Sous ses auspices, l'inspiration jaillit à flots pour ces grands hommes. Les satires de Boileau, puis ses épltres, attestent d'année en année les progrès, pour ainsi dire réglés d'avance, du plus loyal et du plus sensé des poètes. Racine, pour mettre ses œuvres en harmonie avec le rapide éclat du règne, s'élève tout à coup des médiocres essais de sa jeunesse aux Plat-deurs que Molière applaudit, à Britannicus, qui alarme le vieux Corneille, tandis qiï Andromaque avait inauguré siu" la scène française, trente ans après le Cid et presque avec le même succès, une seconde tragédie originale. Molière se multiplie et se surpasse ; en Tannée même où Louis XI Y commence à régner, il donne le premier exemple d'une comédie nouvelle, indiquée à peine par Plante et Térence, que Corneille n'aurait

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pu emprunter aux Espagnols, que Regnard et Beaumarchais ne retrouveront pas. Les Ftmmes savantes ferment, après dix ans, la carrière ouverte par Y Ecole des femmes^ et où le Tartuffe et le Misanthrope se •détachent en pleine lumière. Il fallait, Messieurs, pour créer la comédie de caractère, un génie hardi et profond comme celui de Molière, soutenu par le tour d'esprit sérieux d'une société toute préoccupée des vérités morales, et qui mettait le plus noble des plai- ■sirs et la science par excellence dans la connaissance <lu cœur humain.

Il y avait dans les mœurs de cette société élégante «des taches comme on rencontre des grossièretés dans les comédies de Molière et de gros mots jusque dans les lettres de madame de Sévigné. Le scandale des royales amours avait dépassé trop vite ce que la morale indulgente du monde pardonne au double enivrement de la puissance et de la jeunesse, et les anecdotes nous montrent, à la ville comme à la cour, bien des restes ou bien des germes de corruption. On a pris de nos jours un triste plaisir à étaler toutes ces misères et à en salir Thistoire. J'estime qu'il en faut tenir compte et surtout. Messieurs, les donner franchement pour ce qu'elles sont. Mais est-il sage, est-il équitable de définir l'esprit d'une époque d'après le lamentable récit de ses défaillances ? La critique Httéraire le cherche et le trouve ailleurs ; elle juge un jîècle comme elle juge un homme , moins par les contradictions où l'entraîne l'éternelle infirmité de notre nature que d'après l'idéal où ceux qui étaient

capables de grandes choses ont voulu prendre un ali— ment pour leur pensée et la mesure de leurs desseins. A ce titre, elle est restée grande en dépit de ses souillures, la société que la correspondance de madame de Sévigné nous peint au vif, celle qui allait rougir de ses erreurs au pied de la chaire de Bourdaloue, cher-chait la règle de sa conduite dans les Essais de Nicole, et, sous le charme des vers tendres et mélodieux de Racine, regrettait vaguement ce qu'il y avait de plus mâle et de plus fier dans les tragédies de Cor* neille.

L'imagination, émue après tant d'années par le récit d'une mort touchante que la seule parole de Bossuet pouvait rendre plus touchante encore, est ramenée involontairement au souvenir d'une princesse aimable, qui joignait à toutes les grâces de sa personne un goût délicat pour les choses de l'esprit et dont le nom reste attaché à tout ce que les poètes et les orateurs produisaient alors de plus charmant et de plus sublime. C'est le plus beau moment de notre histoire littéraire que celui où Madame encourageait Molière de son sourire, récitait à Boileau les vers du Lutrin, dictait à madame de La Fayette le roman de sa propre vie , invitait Corneille et Racine à la peindre sous les traits de Bérénice, et préparait sans le savoir à Bossuet, dont elle recherchait l'entretien, le sujet du plus pathétique de ses discours. Désormais la France, fière d'elle-même à juste titre, se venge des longs dédains de l'Italie, et, sans trop prendre garde à ce qui se fait autour d'elle, revendique dans les

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lettres la première place à côté de Tantiquité. Un an après l'oraison funèbre de Henriette d'Angleterre, Bossuet proclame le besoin de fixer une langue arrivée à sa perfection ' ; Boileau sent qu'il conviendrait de définir, à la manière d'Aristote et d'Horace, un art nouveau, qui a ses chefs-d'œuvre et ses règles.

Hâtons-nous de l'observer : on n'est pas juste, Messieurs, pour cet art nouveau, qui est l'art français par excellence, quand on méconnaît dans ses œuvres une admirable diversité. Pour la faire ressortir, il n'est pas nécessaire de tirer du demi-jour des mécontents comme Bussy, des indociles comme Furetière, ou cet aimable Saint-Évremond, un peu dépaysé entre la Fronde et la Régence , ou ce Mézeray qui a gardé dans ses mœurs et dans son style un reste d'antique rudesse. Bornons-nous aux plus célèbres, à ceux que tout le monde nomme et que tout le monde admire : où a-t-elle laissé des traces, cette contrainte, qui pesait déjà, nous dit-on, sur les esprits et comprimait la vigueur de leur essor ? Il est bien tôt pour regretter la simplicité et les grâces ingénues du vieux langage au moment où écrivent madame de Sévigné , le cardinal de Retz et La Fontaine. La tyrannie du pédantisme didactique et les scrupules d'une délicatesse excessive n'ont guère arrêté ni Molière dans ses vives saillies, ni Malebranche, emporté malgré lui par les élans de son ardente imagination, ni Bossuet, qui s'abandonne aux mouvements impétueux de son élo-

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