L. VI, art
B088UBT. 131
Tant les rois et devant le peuple, rappelant aux uns les j
droits du trône, aux autres les obligations de la royauté . "^
Épreuve solennelle, Messieurs, qui allait décider à la fois de la valeur de Thomme et du mérite de la doctrine. La doctrine de Bossuet y fut plus compromise que son caractère. Le même esprit de système qui donnait aux rois une idée excessive de leurs droits, a pu leur donner aussi une idée fausse de leurs devoirs. Et c'est assurément la plus grande erreur de Bossuet d'avoir mis au premier rang de cesdevoirs, parmi les plus simples et les plus glorieux à remplir, la persécution religieuse . En traitant ai erreur impie ' la ferme croyance de ceux qui veulent que la religion soit libre et le secret des consciences inviolable, il avait autorisé d'avance la plus grande' injustice du règne et assumé sans hésiter pour une part la responsabilité des violences dont sa raison prévenue lui démontrait la nécessité, quand ses yeux et son cœur n'auraient pu en supporter le spectacle.
Qu'il est difficile aussi de rappeler à l'humilité, de contenir dans l'observance régulière des devoirs communs à tous les hommes ces dieux de chair et de boue dont on a enflé l'orgueil, en répétant sans cesse au peuple qu'il leur doit son adoration ! Au début d'un règne dont il saluait d'avance les prospérités, Bossuet allait au-devant du péril en suppliant le jeune roi de ne point mettre obstacle par ses péchés aux grandes choses que couvait pour lui la destinée ^ Et déjà on
t. ToUtique.h. Vil, 8. 10.