Lettre à Formoni («eplcmbre
Telle était Tinsatiable ambition de Voltaire i chaque genre avait son tour, et comme Tépique devenait son fait ^ , dût-il faire violence à Minerve , il fallait qu'il essayât d'y conquérir, sous le feu de la tranchée ^ le^ honneurs du premier rang. Après avoir mêlé tous les tons de la poésie, une voix secrète, qui, cette fois, le conseillait mieux que le^ complaisances de l'amlUé, rinvitait à donner encore sous une autre forme la mer sure d'une supériorité dont il avait conscience et qu^ l'envie contestait. Pour achever de la confondre, il lui restait une épreuve à tenter, c'était d'écrire en prose, c'est-à-dire de parler enfin, tout simplement, la langue dont il était maître plus que personne, et de chercher la perfection du côté où, sans effort, il était sâr de l'atteindre.
Le secret de Voltaire lui est échappé dans une letti% ; il voulait a réussir en prose ' 9 . Or à quel prix pouvait-il se flatter de composer un de ces récits dont tout le monde parle et que Ton s'arrache? Écoutez à ce sujet la confession d'une petite^fiUe de Mme de 8évigné, qui avait gardé quelque chose des goûts et de l'esprit de son aïeule : a Pour vous dire humblement la vérité, je n'ai jamais aimé l'histoire toute sèche; mais quand elle est ornée de jolis traits, de faits un peu fabuleux, dans le goût, par exemple, de Quinte- Curce, oh ! alors, je la lis avec grand plaisir* >. Beau-