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delà du vraisemblable ' ; » et pourtant (grand avantage de la vérité sur la plupart des fictions) on pouvait y croire ; il le fallait même, puisque les faits étaient de la veille, qu'ils s'étaient passés au grand jour, que les moindres détails de la narration étaient appuyés sur des témoignages authentiques. Ainsi, plus de conflit: le désir même de plaire, qui a ses dangers pour un historien sérieux comme pour un conteur ou un nouvelliste, n'exposait plus la sincérité de Voltaire à aucune tentation malsaine; il était d'avance assuré de satisfaire la curiosité de ses lecteurs, en s'abandonnant sans aucun calcul au besoin naturel de connaître et de dire la vérité.
Tel est Tesprit qui l'avait guidé dans ses recherches et qui régla ensuite la composition de son livre. Le plan n'a rien de scolastique : Voltaire ne fait que suivre l'ordre des faits, s'arrôtant pour une description de lieux, pour la peinture d'un caractère, pour des considérations générales, là où ces digressions apparentes ajoutaient quelque chose à l'intérêt de son récit et pouvaient servir à en expliquer les péripéties. C'est dans cette mesure qu'il a parlé des ancêtres de Charles Xll, du climat de son pays, du tempérament de son peuple, de U situation générale de l'Europe au moment où il tire l'épée, de la constitution de cette Pologne qui allait tomber si vite entre ses mains et si vite lui échapper. Les questions se pressent à mesure que son héros l'entraîne en dehors des régions connues : Qu'est-ce