XI.VI EUGENE GANDAR
le milieu du xvii* siècle jusqu'au dernier tiers du xviii*, chaque période importante se rattachant à l'un de ces grands noms et se rangeant alentour. Je ne sais pas d'exposé plus plein, plus substantiel; Tauteur ii*esquisse rien au hasard; il serre de près chaque point; il tient compte de tout; il pense que le temps des à peu près est fini. Ses jugements sont d'une précision, d'une pondération parfaite, d'un tour ferme et souvent heureux. Je n'y trouverais à redire, à la lecture, qu'un peu trop de contention et de densité; dans son désir d'être précis et complet, il ne veut rien omettre ni négliger : dans le développement oral des leçons, cet inconvénient devait en partie disparaître. Sa correspondance nous tient au courant du nouveau travail auquel il dut se livrer à ce renouvellement de carrière; il ne croyait jamais en avoir fait assez. Sa première leçon d'ouverture, du 8 janvier 1862, avait été sur Pascal, dont il s'occupa jusqu'à la lin de l'année. 11 écrivait le 21 mars à M. Emile Michel :
De plus en plus, mon cher Emile, je suis occupé, soucieux, fatigué de rcfTorl de la veille, inquiet des obligations du lendcmaio. C'est ma vie de Caen, hélas! que j'ai retrouvée ou à pou prè.^. Le progrès n'est pas Irès-sensiLIe. Peut-ôtre oscrai-je vous dire que j'ai gagné (juchiue chose en fermeté et en raison ; mais ma tâche est devenue plus lourde, et, tout compensé, ce sont bien les chaînes d'autrefois que j'ai reprises après les avoir secouéc^^. Je suis i)Ourtant sorti 'ik mon honneur de la première partie de mon cours, qui exigeait plus de lectures et de recherches que de réllcxion. La grippe et la peur ne m'ont donc pas empêché rie dire assez exactement ce que j'avais à dire sur les devanciers et les contemporains de Pascal. Après l'Acidémie et les Précieuses, j*ai cherché dans l'atelier des peintres, surtout dans la vie et les œuvres de Le Sueur, une transition pour revenir de Scarron à Pascal. J'ai déjà raconté la jeunesse de Pascal, fait l'histoire de sa famille , et , en dernier lieu , cherché h éclaircir l'histoire de sa vie pendant l'intervalle de ses deux conversions. Me voici arrivé aux Provinciales, Jugez quelles difficultés on rencontre
EUGENE GANDAR. XLVii
en un tel sujet lorsqu'on ne peut le traiter ni du point de vue Irèsl»récis de la tradition, ni avec un entier dégagement, et qu'on éprouve, sur tant de questions délicates où la conscience est engagée, une égale Horreur pour l'hypocrisie et pour la légèreté. J'ai cependant la satisfaction de voir que les passions irréfléchies ne cherchent pas leur niiment à mes leçons , qu'un assez grand nombre d'auditeurs fidèles et ^rieux s^accoutument à l'indépendance et h la modération de mon langage, et qu'en somme on est disposé à me suivre dans les voies moyennes où me mène ma sincérité. Je trouve dans cette pensée le prix de mes efforts, et le jour n'est pas très-éloigné peut-être où je souffrirai moins du sentiment de mon insuflisance et ressaisirai toute ma lil)erté d'esprit.
Le discours d'ouverture dont Fénelon était le sujet, et qui eut lieu le 42 décembre 1863, nous montre Gandar ayant rétrogradé sur ses habitudes d'improvisation à Caen; il s'était décidé encore une fois à lire pour cette leçon d'apparat. Il écrivait le lendemain, 13 décembre, à son ami :
Ah ! la semaine a été chaude. On ne parlait plus guère, au coin de notre cheminée, que de cette terrible leçon dont je n'avais pu m'occuper à Remilly, vous le savez. J'allais, j'allais, passant au crible mes idées, refaisant mon plan, et résigné du reste à me livrer, pour la forme, à tous les hasards de l'improvisation. Mer- <^redi soir une étrange peur m'a pris, j'avais dépassé la limite où il faut rester quand on ne veut pas balbutier en récitant une leçon mal apprise. Les expressions, que je ne cherchais point, obsédaient ma pensée ; mes notes grossissaient d'une heure à l'autre ; j'appriMiai!> par coeur sans le vouloir. Alors le plus sûr était d'écrire : en deux jours j'ai réusai à le faire, et mes amis ont été hier quelque peu «irpris de me voir dérouler en chaire le cahier traditionnel. En vérité, ma pusillanimité me causait bien un peu de honte ; mais elle ne m'a pas porté malheur ; car j'ai gagné ma troisième bataille de- ^nt un auditoire à faire envie aux plus gâtés, et le plus nombreux <lic j'aie jamais eu.
U seconde bataille avait été Bossuet, et la première Pascal. Nous avons les bulletins de toutes ces leçons
XLVill EUGENE GANDAR.
d'ouverture, qui sont les grandes journées du professeur^. Ainsi encore pour Tannée suivante, 1 4 décembre 1864 :
Chaude semaine, mes bons amis, pour nos deux ménages. (Jf. Emile Michel organisait^ de son côlé, un concert.) Tandis que vous parliez de Haydn, de Mozart, de Beethoven, vous devinez sans peine que Montesquieu tenait une grande place dans nos entretiens de coin du feu. J'avais pris à temps le sage parti de faire deu.v parla dans mon sujet, et j'ai pu ainsi finir, sans trop de lassitude, un discours qui a reçu hier en Sorbonne un accueil trîîs-synipathique. Me* amis m'assurent que c'est le meilleur qu'ils m'aient entendu faire, et je le crois, mon cher Emile, tant j'ai besoin de les croire!
Il était dès lors en proie à de grandes lassitudes, à des anxiétés qu'il qualifiait de nerveuses, mais qui tenaieiît, au fond, à un mal organique. Son dernier succès fut sur Diderot, à la veille du jour où il allait être nommé professeur en titre :
(18 décembre t8G7)... Mon cours, du reste, et comme h point nommé, fiiit merveille ; nous avons, Diderot et moi, beaucoup d'amis en Sorbonne, plus d'appelés que d'élus, et j'ai dû samedi, pour arriver jusqu'A la chaire, marcher sur de braves gens qui n'avaient pas trouvé d'autres sièges que les gradins de l'escalier. Descartes a aussi ses fidèles, quoique Descartes soit fort austère, vous le savez, et que je ne lui fasse pas l'injure de sacrifier aux Grdcert.
i. M. Letronne, érudit et archéologue, faisait un boa cours au Colléfrc de France. Sa parole était nette , brève , précise , un peu «autillaute ; il n'était pas éloquent; dans les sujets qu'il traitait, il n'avait pas besoin de l'être. Un jour qu'il avait convié un de ses amis, professeur distingué de littérature, à venir l'entendre, il lui dit, la leçon faite, en descendant de sa chaire et en se frottant l«s mains : • Et voilà, mon cher ami, comment je m'en tire sans me fouler la rate et en allant mon petit bonhomme de chemin. » Cette méthode peut être bonne, appliquée à l'archéologie ; mais celui-là ne sera jamais éloquent dans une chaire littéraire, qui n'aura pas connu ce que vient de nous offrir Gandar, Vagonie des premières leçons, la fièvre et l'émotion de toutes. C'est la loi de toute lutte et la règle de quiconque brûle d'atteindre le but : sudavit et alsit. Gandar n'abordait jamais sa chaire sans une excitation fébrile et n'eu sortait chaque fois qoe baigné de sueur, accablé et brisé ; on n'a des accents qu'à ce prix.
EUGENE OANDAR. XUX
Descartes faisait probablement l'objet de la petite leçon de chaque semaine, car il y a en Sorbonne grande et petite leçon : cette dernière est réservée à l'étude des textes qui figurent dans le programme de la licence. C'est grâce à ces petites leçons que Gandar dut de pouvoir écrire un livre sur Bossuet, au milieu des fatigues que lui imposait son cours : Bossuet avait fourni, durant toute une année, le thème principal de son enseignement, et, de plus, dans sa petite leçon, Gandar avait pu procéder à l'analyse détaillée de quelques-uns des sermons du grand orateur. Un tel sujet était fait pour l'attirer et le fixer par toutes sortes d'affinités grandioses et morales.
Il n'y a qu'une opinion sur le génie oratoire de Bossuet : il y en a, il peut y en avoir deux sur son esprit, sur sa personne et son caractère. On a trouvé dans les papiers de Golbert la note suivante, qu'un correspondant bien informé adressait au ministre, au sujet de l'abbé Bossuet, alors âgé de trente-cinq ans (1662) :
Attaché aux Jésuitei et & ceux qui peuvent faire sa fortune plutôt par intérêt que par inclination, car naturellement il est assez libru, Un, raiUeur, et se mettant fort au-dessus de beaucoup de choses. — Ainsi , lorsqu'il verra un parti qui conduit à la fortune, il y donnera, quel qu'il soit, et il pourra servir utilement '.
Que! quil soit n'est pas juste, et rien , dans la vie de Bossuet, n'autoriserait cette idée d'une ambition à tout prix; c'est un mot mis à la légère. D'ailleurs, l'information qu'on vient de lire et que le correspondant anonyme semble avoir donnée dans un esprit non pas d'hostilité, mais de parfaite indififérence, n'a rien qui
I. Madame de Montespan et Louie XIV, Étude historique, par M. P. Clé- , p. &5.
l EUGENE GANDAR.
doive surprendre. Bossuet, d*abord attaché aux Jésuites ou à leurs adhérents, puis Hé avec les messieurs de Pori- Royal, puis se tenant à distance et observant la neutralité, était assurément un politique; il ne se sentait pas de goût, en général, pour être du parti des disgraciés» des persécutés et des vaincus; il avait fort égard à la doctrine et aux opinions en faveur à la cour; il avait un faible pour tout ce qui régnait à Versailles; son esprit même, son talent avait besoin, pour se déployer tout entier et atteindre à toute sa magnificence, de l'appui ou du voisinage de Tautorité et de l'accompagnement de la fortune. Ce n'est pas sans raison qu'un des hommes les plus spirituels de ce temps-ci, et des plus indépendants par le jugement, M. de Rémusat, qui n'a pas craint d'appeler Bossuet « le sublime orateur des d idées communes, » a écrit autrefois de lui ce mot, comme il l'aurait dit de M. Cuvier : « Bossuet après tout était un conseiller d'Ëtat. »
Mais cette question, quand on aborde uniquement Bossuet par le côté de sa parole et par les productions de son éloquence, n*est que secondaire; fidée ne vient même pas de se la poser. Étant donné un talent de cet ordre et de cet emploi, il est impassible qu'il ne se subordonne pas tout le reste. Les conséquences suivent de soi : comment tout l'homme n'inclinerait-il pas insensiblement, même au prix de quelques concessions, du côté où le talent qu'il porte trouve son espace, sa nourriture, son air et son soleil? Naturellement et sans calcul, la manière de penser et même de croire se met d'accord avec ce don, cette puissance de dire, quand elle existe à ce degré souverain. Bossuet est invinciblement un orateur, un prédicateur de la première volée, et tout ce qui lui est nécessaire en fait d'idées, de doctrines, de
EUGENE GANDAR. U
points d'appui, de considérations et d'images, pour le plus ^and déTeloppenient de sa faculté oratoire, on peut être sûr qu'il l'aura. Dans le plein exercice de son admirable éloquence, il retrouvait toute sa sérénité, sa tranquillité de conviction, son unité morale, comme toute sa majesté de pensée et sa hauteur.
Longtemps les premiers sermons de Bossuet furent négligés et restèrent comme inconnus : il ne parait pas lui-même y avoir attaché la moindre importance. Ses splendeurs dans l'oraison funèbre et dans son rôle d'évftque gallican éclipsaient tout. Cependant, au dernier siècle, un bénédictin, dom Déforis (1772), s'était avisé de fouiller dans les manuscrits de Bossuet et d'en tirer neuf volumes de sermons ou de canevas deser* mons. L'abbé Maury, avec son coup d'oeil d'orateur, les avait hautement signalés à l'admiration publique. Mais le texte, assez difficile à débrouiller dans ses surcharges, n'avait pas toujours été bien donné. Un Jeune ecclésiastique mort trop tôt, l'abbé Vaillant, un disciple de H. Cousin pour la révision de nos textes français classiques, avait dénoncé des inexactitudes, indiqué des corrections et ouvert la voie. Cn éditeur de nos jours, M. Lâchât, avait prétendu mieux faire que dom Déforis et n'avait pourtant bien fait qu'à demi. Gandar, qui avait étudié de près la question, qui avait eu recours aux laanuscrits et les avait longuement tenus entre les mmns, qui, de plus et avant tout, avait une dé\t)tion toute particulière i cette grande prose du maître de la chaire sacrée i toutes les époques de sa carrière, s'attacha, dans un premier ouvrage^ après l'abbé Vaillant et
1. BoMmeî orateur, Étudei critUiue* twr Us Sermona de la jBOMttê de AoMutf (1 966). — Il eAt été plus eiact d'infitaler le liTre : Boêtuet prédicateur; ear tout l'orateur ett loin d'être compris dans cette Étude. C'est uoe remarque
LU EUGENE GANDAR.
après M. Floquet, à ressaisir ce premier Bossuet, cet abbé Bossuet déjà célèbre, mais avant la gloire, à le suivre pas à pas, à fixer la date et à déterminer Toccasion de ses plus anciens sermons ou panégyriques, à traiter la question de priorité pour certaines pensées entre Pascal et lui; et enfin, dans un second volume', se faisant éditeur dans toute la rigueur du mot, il donna le texte restitué m extenso de quelques-uns de ces premiers sermons prêches tant à Metz et à Dijon que dans les églises de Paris et à la chapelle du Louvre. Lors même que Gandar n'eût rien laissé que ces deux volumes, il serait sûr d'avoir sa place dans l'histoire littéraire : il a gravé son nom au bas de la statue de Bossuet.
Ce fut son dernier effort. Il n'avait pas mis moins de six ans de sa vie à ce travail d'exacte et minutieuse critique. Il le rappelait assez ingénument lorsque, présentant le premier de ces deux volumes au concours de l'Académie et ayant cru devoir faire visite à quelquesuns de ses juges, il écrivait :
(31 décembre 1866) J'ai proQlé de rintervalle de mes leçons
pour aller frapper aux portes ; mais Bossuet m'a , jusqu'à présent , porté bonheur. On est tout surpris, en général, de voir un homme de
que sut très-bien faire un orateur distingué, H. Dufaure, lorsque le livre fut présenté au jugement de l'Académie française ; il n'y Irouyait pas tout ce que le titre promettait. Je me rappelle encore son opinion si nettement exprimée et un peu sévère. C'est qu*aussi M. Dufaure jugeait avec le simple bon sens cet études principalement philologiques et grammaticales , études utiles , mais dont on a fait grand bruit dans ces derniers temps, et dont on a exagéré, je crois , U portée, pour ce qui est, du moins, de notre littérature. On est entré à plein coU lier dans l'ère des scholtastes, et Ton s'y est un peu appesanti. La gloire da talent a fléchi et s'est déplacée. Je glisse en toute humilité celte réserve au milieu de tant d'éluges mérités.
i . Choix de Sermont de la jeunetst de Boisuet , édition critique donnée d'après les manuscrits de la Bibliothèque impériale, avec les variantes du texte , (les fac'Mimile de l'écriture, des notices, des notes, et classée pour la première fuis dans l'ordre des dates (t867).
EUGENE GANDAR. LUI
mon âge publier un livre qui lui a pris Bix années de sa vie. J^ai recueilli à ee sujet les marques d*étonnement les plus naïves et de trèsprécieux témoignages d'estime. Gela m'a fourni Toccasion de revoir les illustres qui connaissaient déjà ma figure , et aussi quelques-uns de ceux que je n'avais pas encore osé aborder. Plusieurs m'ont lu déjà, chose rare !...
Je ne crains point, par toutes ces citations, d'appuyer sur ce cachet de patience, sur cette peine et ce labeur que cet estimable esprit s'imposait en toute chose : c'a été son honneur, son originalité. — II atteignait enfin au but de sa vie entière : unanimement désigné par la Faculté pour le titre de la chaire qu'il remplissait si bien depuis six ans, il allait être présenté, à l'unanimité aussi, par le Conseil académique. J'ai sous les yeux une dernière lettre de lui à M. Emile Michel, dans laquelle , déjà bien malade, il exprimait son vœu, son espoir mêlé d'une plainte étouffée :
(l"* janvier 1868)... J'ai beau faire depuis deux mois : le malaise <SoDt vous avez vu le commencement n'a fait qu'empirer. J'ai eu vraiment des semaines pénibles, où il m'a fallu quelque courage pour aller faire mes deux leçons à la Sorbonne, et dans l'intervalle rien, °^>^ rien du tout... Bref, un état supportable à peine pour un oisif qui laisserait glisser les heures sans les compter...
^ Sorbonne fait pourtant tout ce qu'elle peut pour me payer des peines qu'elle m'a données. J'ai cette année un auditoire très-nombreux, très -partagé d'opinions, très-recueilli, et je puis vraiment croiri! que nous cherchons tous ensemble la vérité...
Le professeur qui cherche la vérité ! c'est son dernier ™ot, le mot de toute sa vie.
Après avoir tant fait pour arriver au terme, qui ne devait être pour lui qu'un point de départ nouveau, ^P^ès tant et de si longues années d'apprentissage, au moment oii il entrait dans la pleine maîtrise, il tombe.
LIV EUGENE GANDAR.
Nommé titulaire de sa chaire le 8 février 1868, il mourait le 22.
II a laissé un vif et poignant souvenir de son enseignement au cœur de ceux qui l'ont entendu :
On regrettera longtemps encore , me dit Tun des plus ûdèles, le charme communicatif de cette parole sérieuse , animée et prudente, qui 8'éle?ait parfois et qui , ressentant Têcho des nobles émotions qu'elle éveillait dans Tàme de ses auditeurs, touchait à la véritable éloquence... Pourquoi faut-il que tous ces trésors d*érudition, de conscience, d^êlévation morale, le meilleur de lui-même, soient perdus pour le public? car ses leçons écrites sont bien rares, et Ton n*y retrouTe que bien affaiblis ces accents spontanés, ces moments de libre abandon de son enseignement public, si dignement, mais si chèrement achetés.
Son souvenir, du moins, ne périra pas. Sa famille, sa pieuse veuve, en recueillant ses écrits, ses lettres surtout qui nous livrent tout l'homme, lui aura élevé le seul monument qui dure. L'Université, cette autre famille, conservera sa mémoire : oui, tant qu'il y aura une Université en France, on y citera avec honneur le nom de Gandar. Tout aussitôt après ceux qui en furent les renommées brillantes et les gloires, on dira qu'il en a été l'un des talents les plus vrais, un des caractères les plus purs, une des vertus enfin et un exemple.