ÂrehUesde Thospice Saint-Jacques d'Andely, section E
tiers légitimes sont un Jean LeteUier et une Françoise du même nom, son neyeu et sa nièce, dit Félibien, et dont la mère est désignée sous le nom de Marie Honorât'. Est-ce une Marie Poussin? ou bien n^ayonsnous ici déjà que les petits-enfants d'ime sœur, mariée à un LeteUier, ou qui aurait eu un Letellier pour gendre?
Aussi longtemps que la question ne sera pas éclaircie, il sera difficile de dire, non-seulement si Poussin est allé aux Andelys et s*il a pu y peindre la Bacchanale retrouvée dans la maison du Doyen, mais s*il y pouvait être encore rappelé par le sentiment de l'affection filiale ou de Taffection fraternelle. Et pour ma part, jusqu'à ce que M. Legay ou M. de Ruville, qui publiera sans doute prochainement plusieurs pièces inédites qu'il a entre les mains, puisse donner quelque preuve à l'appui d'une opinion contraire, j'incline à croire que Poussin, ramené malgré lui à quelques heures des Andelys, n'avait plus de grandes raisons pour y revenir. Le pays qu'il regrette à Paris, c'est Rome; la famille qu'il veut rejoindre, c'est la famille plus romaine que française qui lui a donné son excellente femme et ses deux fils d'adoption.
1. u II Big. Giovanni Letellier, flgltolo del sig. Nicolô Letellier et délia signora Maria Honorati. » Tel est le texte de la copie, peut-è(r» Ineomplète, probablement fautive, que M. de Chennevières possède.
Dès le 25 juillet 1 642, Poussin laisse entrevoir qu'il ya repasser les Alpes ; le 8 août, il fixe aux premiers jours de septembre Fépoque de son départ; le 18 et le 21 septembre, il compte les heures et fait ses adieux ; il était en effet sur le point de se mettre en route et Félibien nous apprend qu'il rentra à Rome le S novembre".
n prit congé de M. de Chantelou dans une lettre où perce, avec l'émotion d'un cœur attendri, un reste de dépit contre la France : <k Adieu, mon cher protecteur; adieu, l'unique amateur de la vertu ; adieu, cher seigneur, vous qui méritez vraiment d'élre honoré et admiré. x> Lui seul, apparemment, le mérite. D'ailleurs, Poussin, dont ce n'était pas le métier a de savoir bien écrire, » mais qui avait une autre manière pour se faire entendre, avait dit toute sa pensée dans un tableau allégorique, peint pour le cardinal de Richelieu, et qui représente le Temps, sous la figure d'un vieillard ailé, dérobant la Vérité aux atteintes de l'Envie et.de la Discorde. La Discorde tient dans mains une torche allumée et un poignard ; l'Envie est cette femme hideuse
]. Bellori dit simplement : « Si. parti da Parigi e glunse in Roma nel fine deir anno 1642, » Félibien, cette fois, ne se borne pas à traduire Bellori ; et il est i»1ur que probable qu'il avait de bonnes raisons pour dire, d'une façon précise : • 11 partit vers la fln de septembre de la même année. •
dont la Fable nous montre le teint livide, les yeux farouches et la chevelure enroulée de serpents. La Vérité est belle et nue ; elle a les bras ouverts, et tourne vers le ciel un regard assuré, un front serein. Cette peinture est la plus heureusement inspirée de toutes celles que Poussin fit et laissa en France. On peut, sans être accusé de subtilité, y reconnaître, à côté d'une allusion transparente à la destinée du cardinal, un retour, prémédité ou involontaire, du grand artiste sur lui-môme. Le vieil Eschyle consacrait ses ouvrages au Temps. Poussin en appelle au Temps des injustices de ses ennemis.
Toutefois, au moment de quitter la France, Poussin ne parlait pas de la quitter pour toujours. 11 allait, disait-il, chercher sa femme, qu'il ramènerait à Paris. Le surintendants n'avait consenti au voyage qu'à la condition expresse d'un retour prochain, et Poussin promettait de revenir au printemps. Il n'est pas permis de mettre en doute la sincérité de ses promesses. Deux choses me paraissent également certaines à ce moment : c'est que le plus cher désir de Poussin était de se dérober pour toujours aux ennuis dont il secouait le fardeau, etdetentrer à Rome pour n'en plus sortir; mais que, son honneur et son devoir lui commandant de revenir, il partait résigné d'avance à ce nouveau sacrifice.
Des événements qu'il n'avait pu prévoir et qu'il n'aurait certainement jamais souhaités, lui rendirent la liberté. A peine était-il arrivé à Rome, que le cardinal de RicheUeu mourut (4 décembre 1&42). Quelques
mois plus tard, vers l'époque même où Poussin aurait dû se remettre en route, Louis XIII, qui n'avait pas quarante-deux ans, mourait à son tour (14 mai 4643), et cette fin prématurée mettait tout en question. M. de Noyers s'était retiré de la cour : y serait-il rappelé ? garderait-il la surintendance? continuerait- on les travaux de la galerie du Louvre? Poussin s'effraye à la seule pensée qu'il eût pu être à Paris, si loin de chez lui, le lendemain de ces catastrophes, au milieu de tant d'incertitudes et d'afflictions, (c Je remercie Dieu, écrit-il dès le 9 juin à M. de Chantelou, de m'avoir préservé de cette peine, puisque mêmement je l'eusse prise en vain. La mort du Roi et la retraite de Monseigneur ont été deux choses qui m'eussent fait mourir de déplaisir, lorsque je me trouvais en même temps engagé dans un long voyage. » Cependant, un ami fidèle, a le cher Remy, » s'est hâté de lui écrire qu'il y avait apparence que les travaux du Louvre ne seraient pas suspendus, et il se hâte d'ajouter : « Si cela est ainsi, vous savez ce que je vous ai promis à notre départ, et comme je serai toujours prêt à exécuter les ordres de Monseigneur et les vôtres. » On voit qu'il persiste dans sa résolution.
Son véritable désir n'est pas exprimé moins claire* ment. M. de Chantelou, ayant su que Poussin lui-même parlait de son retour, avait pris cette parole au sérieux, €t insisté probablement pour qu*elle fût tenue. Poussin se hâte, comme il l'avait fait trois années plus tôt, d'accumuler les prétextes et toutes les raisons qui le retiendraient à Rome : u Si M. Remy vous a dit quelque
chose touchant mon retour, il ne s'est pas trompé ; car j'irais au bout du monde pour servir Monseigneur et pour Yous obéir; mais je ne pourrais pas sitAt me résoudre à partir, ma femme étant assez mal disposée, et mon beau-frère Jean ayant été sur le point de perdre la Yue, accident dont il n'est pas encore bien guéri. Si je yis jusqu'au printemps qui vient, je me disposerai plus volontiers au voyage, m II remercie M. de Noyers des offres qu'il lui fait, du logement qu'il lui conserve. Mais il donne clairement à entendre qu'il pourrait envoyer de Rome les cartons nécessaires pour l'achèvement de la galerie du Louvre, et va jusqu'à dire qu'il trouverait à faire autre chose plus de plaisir, plus d'honneur, plus de profit. Le bout de chaîne qu'il traîne au cou lui pèse encore.
11 reprend toute sa franchise dans une lettre du S octobre : a Mon cher maître, à vous dire la vérité. Monseigneur étant hors de la cour, je ne saurais, pour quoi que ce fût, penser à retourner en France ; et, quoique ce pays-ci soit assez menacé de quelque des- /ourdie (bouleversement), je ne saurais penser à en sortir... » Que Monseigneur fût hors de la cour, qu'il y fût rentré, peu importait, on le sait d'avance. Le 5 novembre. Poussin vient d'apprendre que M. de Noyers a été rappelé par la Régente, et à cette nouvelle, s'il faut l'en croire, sa joie a débordé comme un torrent; néanmoins, il prend volontiers son parti de tous les retards : a J'attendrai avec bonne patience que toutes choses s'accommodent ; car, quant à moi, je suis fort bien ici... » Il est fort bien à Rome ; il était
fort mal à Paris : yoilà toujours le fond de sa pensée. Cependant les cinq années pour lesquelles il s'était engagé n'étaient pas arrivées à leur terme, et le roi pouvait rappeler son peintre ordinaire. Un jour M. l'ambassadeur de France le mande ; dès qu'il le ' voit, il lui reproche de n'être pas venu le saluer ; il lui dit qu'il a besoin de la protection du roi, qu'il faut qu'il retourne en France, et qu'à cette fin il l'aidera de son crédit. Poussin ajoute qu'il remercia « bien humblement. y> Peut-être l'avait-il fait, mais seulement des lèvres, et l'ambassadeur lui-même s'en aperçut ; car il écrivit à Paris que Poussin ne voulait plus retourner en France. A cette nouvelle, Poussin s'emporte ; il reconnaît là a un nouveau coup de l'envie et de la rage de nos Français. )» Et, comme la querelle s'envenime, il va jusqu'à dire qu'on le calomnie. Il comptait revenir en France « cet automne même ; » il y sera pour la Toussaint. Ne le croyez pas, même lorsqu'il proteste de son dessein « de jouir encore des douceurs de sa patrie, là où finalement chacun désire mourir. » Poussin le prend de bien haut lorsqu'il parle d'injustice et d'ingratitude. La petite maison qu'on lui avait donnée dans le jardin des Tuileries était inhabitée depuis plus de deux ans ; quelqu'un la demandait à la Régente : « Vous savez . . . qu'ils ont porté raffaire si avant qu'ils ont obtenu de la reine la permission de s'y établir et de m'en mettre dehors ; TOUS savez enfin qu'ils ont composé de fausses lettres portant que j'avais dit que je ne retournerais jamais en France, afin que ce mensonge décidât la reine à
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leur accorder plus facilement leur demande. Je suis au désespoir de i^oir qu'une injustice semblable ne trouve point d'obstacle... Est-il possible qu'il n'y ait personne qui défende mon droit et qui se veuille dresser contre l'insolence d'un vil laquais? Les Français ont-ils si peu d'affection pour des concitoyens dont le mérite honore la patrie? Veut-on souffrir qu'un homme comme Samson mette dehors de sa maison un homme dont le nom est connu de toute l'Europe? L'iolérêt public ne permet pas qu'il en soit aiusi... » M. de Chantelou fut-il dupe de ces grands mots? La promesse de revenir en France n'était, comme tout le reste, qu*un moyen de défense. Poussin eût été fort en peine, si on l'avait pris au mot et invité expressément a revenir jouir des douceurs de sa patrie ; si l'on avait offert de lui remettre sa maison, à la condition qu'il l'habiterait. Prenons pour ce qu'ils valent les transports de cette emphatique indignation, et disons humainement les choses. Il avait déjà touché cent écus de la vente des meubles {\ 5 avril 1644). Il voulait quelque argent aussi delà maison (16 juin 1645). N'oublions pas qu'elle lui avait été donnée sa vie durant et qu'il avait fait en France des travaux qui ne lui furent payés que dix ans plus tard.
Gagna-t-il la cause qu'il avait si vivement plaidéeî Eut-il le prix de la maison comme il avait eu le prix des meubles? Je ne saurais le dire. Ce qui est certain, c'est que Poussin n'a jamais eu le désir de revenir en France ; c'est que, tout en ménageant ses intérêts, il fut heureux de profiter de toutes les circonstances qui
lui permettaient de ne pas tenir une promesse à laquelle il n'aurait osé manquer, si on la lui avait rappelée d'une manière formelle, mais qu'il aurait tenue, comme il l'avait faite, avec répugnance.
Les événements se précipitèrent: M. de Noyers mourut ; la Régente et le cardinal Mazarin n'eurent guère le loisir de songer à la galerie du Louvre, ni au peintre qui en avait été chargé. Libre enfin de vivre où il le voulait, Poussin vécut et mourut hors de France. Depuis l'époque où il vint en Italie pour la première fois jusqu'à son dernier jour (1024-1665), sur un espace de quarante et une années, il en a passé plus de trente-neuf à Rome. Mort dans sa petite maison du Pincio, il a été inhumé à Saint-Laurent, sa paroisse. Tous les efforts tentés dans la suite pour reconnaître ses restes sont demeurés inutiles. L'exil de Poussin fut un exil volontaire ; la destinée sembla vouloir qu'il fût éternel, et que la cendre môme de ce grand homme ne put jamais être rendue à la France.
On en appelle aux ouvrages de Poussin tout aussi bien qu'au souvenir de sa vie. Où les a-t-il conçus? Quels sujets y a-t-il traités? Quel en est le style? De ces trois questions, la dernière est la question capitale. Mais il est convenable de l'ajourner. Je ne saurais la traiter que lorsque le moment sera venu de faire entendre contradictoirement les deux parties. Continuons
à choisir, parmi les titres que fait valoir rÉcole romaine, ceux qui reposent sur des faits incontestables.
n ne' serait que trop facile de compter, parmi les œuvres de Poussin qui n'ont pas péri, celles qui ont été faites par lui en France. Le Musée du Louvre en possède trois ', qui sont les plus importantes. Joignezy la Bacchanale des Andelys, si elle n'est pas d'une autre main ; les dessins tirés du poème de Marini, que Félibien vit à Rome, dans la collection des Massîmi; les frontispices de la Bible, du Virgile et de ï Horace; les belles compositions sur la vie d'Hercule, que M. Gatteaux possède et qu'il a publiées. Le reste a disparu, et le reste était peu de chose, si on le compare à tout. ce que Poussin a fait à Rome, de 1624 à 1639, et surtout de 1643 à 1664. Citons seulement, pour la première période, la Mori de GermanicuSy les Sacrements du commandeur del Pozzo, et les Bacchanales de Richelieu. Que de chefs-d'œuvre dans la seconde, depuis les Sacrements de M. de Chantelou jusqu'à la Rébecca de M. Pointel, depuis le beau portrait de 1650 jusqu'au Déluge !
Cette œuvre, si nombreuse et si variée, se divise naturellement en quatre parties, selon que Poussin emprunte ses sujets à la fable ou à l'histoire profane, aux livres sacrés, à la nature. Sa mythologie poétique et pittoresque est celle du Tasse et de Marini, celle de
1. N<>* 438. Jésuft-Chrisl itutUuant le aicrement de rEucharisUe; 434, Saint François-Xavier rappelant à la ?ie la fille d'un habitant de Cangorima; 446, Le Temps soustrait la Vérité aui atteintes de l'Knvie et de la Discorde.
Raphaël et de TAlbane ; il Va étudiée comme eux, dans Ovide» et plus tard, surtout dans les mosaïques et les bas-reliefs romains ou grecs retrouvés à Rome et aux portes de Rome.
L*histoire parait exercer sur son génie méditatif un
prestige particulier. Mais il n'interroge que la Bible et
i*histoire ancienne. Ses* héros sont un Moïse et un
Salomon, un Eudamidas et un Diogène, un Camille et
lui Germanicus, des Juifs, des Grecs, des Romains ;
■oe ne sont jamais des Français. On chercherait vaine-
xneiit un souvenir national dans ses tableaux. Durant
son séjour en France, il n'a pas fait un tableau de cir-
x^onstance, ni le portrait d'un seul personnage con-
"temporain.
Chose plus étrange ! Dans sa manière de traiter les sujets sacrés, jamais il ne s'éloigne de la tradition italienne. Même lorsqu'il travaiQe pour la France^ et qu'on lui a laissé le choix du sujets jamais il n'a représenté un saint Denis, une sainte Clo tilde, un saint Louis, ni les patrons de la France, ni la Sainte des Ândelys. Jamais on ne saisirait, dans les accessoires du costume ou les détails de l'architecture, la réminiscence la plus fugitive, la plus lointaine, de l'art qui fleurissait dans notre pays avant l'époque de la Renaissance ; c'était un art gothique, un art barbare ', dont Poussin a répudié le souvenir comme il a perdu celui de nos chroniques et de nos légendes.
1. «A la manière ordinaire* golliiqae et tiarbare. • (Lettre du 46 Juin 164t.)
Romain dans la peinture mythologique, historique et relig;ieuse, ne sera-t-il pas demeuré français dans le paysage ? C'est une question que je me suis posée, en parcourant la vallée de la Seine, dans tous les lieux que Poussin a traversés : Fontainebleau, Meudon, Saint-Germain, et surtout dans ceux où il a vécu: Paris, Villers, les deux Andelys. Il semble, au premier abord, qu'on soit fondé à le croire, lorsque ron compare les paysages de Poussin avec ceux de Claude: il n'inonde pas, comme celui-ci, des flots d'une lumière chaude et limpide, les cimes dorées, les palais de marbre et la mer étincelante. Est-ce à dire qu'il se souvient h Rome du pays natal, comme il devinait aux Andelys les grandes lignes de la campagne romaine? Les paysages de Poussin appartiennent généralement aux dernières années de sa vie. Malade, et si près de sa fin, qu'il y touche du bout du doigt^ le vieillard s'inspire de la gravité de ses pensées et de la mélancolie de ses souvenirs. Au moment où vont s'échapper, avec la force de vouloir et d'agir, les dernières affections et les dernières espérances dont l'âge mûr fut occupé, les impressions de la jeunesse, qu'elles semblaient avoir effacées pour toujours, ressaisissent vivement l'imagination, comme si l'homme, au moment de mourir, essayait de recommencer à vivre. Est-il invraisemblable qu'à ce moment Poussin, peu à peu désenchanté de toutes choses, ait souffert secrètement de son exil, et tourné involontairement sa pensée vers les Andelys ?
Il y pensait en effet, mais en écrivant son testa-
LES ANDELYS ET NICOLAS POUSSIN. 38a
ment et non en faisant ses tableaux. Jusqu'au bout, il a emprunté à la campagne romaine les points de vue, les lignes de ThorizoD lointain, la végétation des premiers plans, les édifices qui ajoutent à Tiotérét du site, les personnages qui l'animent. La lumière même, quoique le peintre en tempère volontiers Téclat, ne ^oit pas faire songer à un autre ciel que celui de Rome. Poussin a sous les yeux le même ciel, il repré- .^ente les mêmes campagnes que Claude ; seulement, -on pourrait dire qu'il est resté plus fidèle à son origine, ^ans le choix des effets qu'il reproduit. Claude préfère les lieux ouverts et riants, les mois les plus heureux -de l'année, les heures du jour les plus sereines ou les plus splendides. L'Italie n'a jamais produit d'amant j)lus passionné du soleil que ce Lorrain, né au pied des Tosges. Le Normaud n'a pas été charmé ainsi; il sent encore la nature comme il apprit à la sentir dans les bois de Villers et sur les rives de la Seine. Mais, quoi- <ju'il aime à envisager et à reproduire la campagne romaine sous des aspects plus austères, les images •qu^il en a tracées ne sont pas moins exactes. Rien ne rappelle les paysages de Poussin aux Andelys; tout les rappelle au bord du Tibre.
Ainsi, la France, où il est né, mais où il n'a pas voulu vivre, et où il n'est pas revenu mourir, est menacée de perdre encore tous ses droits sur ses ouvrages. Comment les revendiquerait*elle, si elle ne les a pas vu faille et que nulle part on ne l'y retrouve? Rome, qui s'y reconnaît partout elle-même, s'en est montrée jalouse et Mère. N'en soyons pas offensés, et
prenons-le pour un nouvel hommage qu*elle a YOiilu rendre à la mémoire de Poussin. Mais surtout neTaccusons pas de fonder sur de pures chimères la prétention où elle s'obstine.