‹ Lettres familières (volume 2)Chapitre 33 sur 39 · A MADAME THÉRÈSE HUMBERT · texte numérisé non relu

A MADAME THÉRÈSE HUMBERT

ment qu'aucun notaire n'avait enregistré, dont aucun tribunal n'envoya le légataire en possession provisoire.

Opérez sur des gros sous et vous verrez l'accueil réservé à ce moyen de défense par les mêmes enjuponnés qui font, ici, la mine de le prendre au sérieux.

Cette comédie aux actes somnifères, où vous donnez, la réplique à la vieille Thémis afin de sauver les gens en place, les gros bonnets et lies façades lépreuses de la vieille baraque sociale, résume assez exactement les gestes et les pensées du monde contemporain. Larronnesse de millions, il n*est personne qui vous .jette à la face votre ignominie. Organisateur d'une escroquerie énorme, il ne se trouve pas un magistrat pour dire quel gredin fut votre beau-père. Ceux que vous avez frustrés eux-mêmes désarment, vaincus par votre impudence et votre loquacité. Vous avez Thonneur d'être imbécile par la tête ; vous jabottez comme Tépicière du coin. N'importe.

Vous demeurez pour tous la « Grande Thérèse » irrévocablement. Car les faits péremptoires n'instruisent pas la démocratie, et quand le bonhomme Peuple adopte un article de foi, il n'en démord pas plus qu' « un chien du cuir graissé ». Voyez le baron Millerand. Son ministère^ sa ferblanterie, ses bassesses de Compiègne, ses fusillades, ses égorgements de prolétaires, ses incar-

cérations a'empôchent aucunement les électeurs du XII* de le tenir pour honnête homme et de voter opiniâtrement pour lui. Tant les pitres ont d'influence et de pouvoir sur Tantique Démos ! Cela n*a pas changé depuis Aristophane et son marchand de boudins.

A MONSIEUR PUGLIESI-CONTI

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