LETTRES FI ANC AISES INEDITES
qu'en sa première, par laquelle il a assez descouuert sa barbarie. Le médecin Duret * l'a fort insligué à publier cette farce, ce qu*il n'eust faict sans la suasion ^ du dict personage. C'est le moindre de mes soulcis. Et à la mienne voulonté que jamais ne m'en advint de pires î
Monsieur, je vous baise les mains très humblement, priant Dieu vous donner sa grâce.
De Guillot 3 ce dernier Aoust 1583.
Vostre très humble seruiteury
* Louis Duret, fut premier médecin de Charles IX et de Henri III, professeur de médecine au collège Royal. 11 mourut le 22 janviers 1586, âgé de 59 ans. Voir sur ce commentateur d'Hippocrate, le Mémoire historique et littéraire sur le Collège royal de France, par l'abbé Goujet (t. III, 1758, p. 32-36). Ce biographe rappelle que Joseph Scalîger a parlé de Duret dans une de ses lettres latines (Liv. I, Ep. 2, p. 64), mais en l'injuriant, parce que Duret avait blâmé ses notes sur Celse et Hippocrate. Il aurait pu citer encore cette épigramme du Prima Scaligeraim (p. 83) : « Duretus jejunus in doce7ido, nnm grœcam linguam exacte non navit, »
- Les rédacteurs du Dictionnaire de Trévoux, qui disent de Vdià- ÎQQixî suasoire, autrefois synonyme de persuasif: « C'est dommage d'avoir laissé perdre un mot si doux à l'oreille, » ne donnent pas suasion. Nous trouvons, en revanche, ce dernier mot dans le Dictionnaire de M. Littré, qui en signale la présence dans ÏEthique de N. Oresme, dans les Essais de Montaigne et jusque dans la Mélite du grand Corneille.
^ Ce petit château , qui appartenait en 1589 à Jean de Secondât, seigneur de Roques , est situé à six kilomètres au nord d'Agen. Légué , il y a quelques années , par M'ïo de Secondât-Roquefort , baronne de Lonjon , à son neveu M. Gaston de Montesquieu , descendant direct de l'auteur de VEsprit des Lois, il est sorti récemment, par une vente, des mains de la famille.