‹ Lettres françaises inédites de Joseph ScaligerChapitre 16 sur 37 · A MONSIEUR PITHOU · texte numérisé non relu

A MONSIEUR PITHOU

I Silitttvt de IniiMr te hwmvgMilci U Gsirt de Partent, à luli.* a

Monsieur,

Si ce bruit de guerre n'eust prévenu mon dessein, à rheure que vous recevrès la présente, moi mesmes eusse faict ce qu'il fault qu'elle face, puis qu'ainsi est, que je suis contrainct de vous salluer par papier, ne me pouvant représenter moi mesmes, comme j'avois délibéré, et le reservant à meilleure commodité, que celle que le malheur du temps nous appreste, si Dieu n'y met la main. J'avois quelque chose à vous communiquer pour le contrat passé entre mon Irère et moi ,^ et estoit de besoing, que nous en eussions parlé un peu ensemble. Toutesfois les difficultés qu'y sont, desquelles estoit question, n'importent pas de beaucoup, et aime mieux les reserver à nostre première veue, que de vous eni mportuner d'avantage. Tant y a que si je n'eusse faict un second volage,' c' estoit faict de nostre contract, qui eust esté peust estre mieus pour moi. Car on s'estoit si bien persuadé, qu'il

• Ibid., fol. 190.

* Le contrat relatif au boriage de yivès, dont il a été question dans la lettre lhi.

' Le second voyage de Scaliger en Agenais s'effectua, comme nous l'avons vu, dans Tété de 1584. Le premier voyage s'était effectué Tannée précédente (juillet-septembre).

hB JOSEPH SGAUGEB. 493

y avoit collusion* entre mon frère et moi, que les juges estans abreuvés de ceste opinion^ ne se pouvoient tenir d'en dire à la volée quelque chose. Mais j'ai si bien solicité, que j'ai chassé tout le monde. Mesme que le plus fort créditeur,' qui avoit faict séquestrer Vives, est content, et le tout m'est demeuré selon la teneur de mon contract. Maintenant j'ai si bien donné à cognoistre que je suis dominns, et pro domino me gessi, que j'ai déboursé près de 300 v * pc^ur réparations, frais de justice, et paie toutes les réparations des chemins,^ qui ont esté faictes despuis la commission du Roi, qui feust signifier au pais d'Agenois il y a maintenant un an. Car il y a un très long chemin, lequel j'ai tout paie d'autant que mes près et vignes sont de ce costé.^ Tellement qu'un qui aura deus mille livres de rente n'aura paie presque rien d'autant que son bien n'est sur le chemin puhhc, comme j'ai paie, qui n'ai rien presque. Et tout ceci m'est tombé sur les bras lorsque j'ai commencé à estre maistre d'un bien lequel

' « Intelligence secrète dans les affaires, » selon la définition du Dictionnaire de Trévoux, « pour tromper un tiers. » (de cum, avec, ludere^îouQv),

• Abreuvés pour imhus. Nous avons déjà rencontré cette expression.

• Le créditeur était le créancier à\x xvi€ siècle. M. Littré a cité sous ce mot une phrase de Montaigne.

• Signe abréviatif pour écus.

• Ces détails donnés parle seigneur de Vives sont d'autant plus curieux, que Scaliger, propriétaire, nous était moins connu.

• Les prés et vignes dont il est ici question étaient situés dans la paroisse de Monbran, comprise aujourd'hui dans la commune d'Agen. Il en est fait mention dansTEto^de la fortune immobilière de Jules César Scaliger, d'après le rôle des tailles du cadastre de 1536 publié par M. Ad. Magen (Documents sur Jules-César Scaliger et sa famille, p. 68).

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jamais ne vauldra ce quej*y ai emploie. Et expressément je vous cscri ceci d'autant, que mon frère dit partout que je lui ai faict tort. Vous qui de vostrc grâce avés dressé nostre contrac, serés toujours tesmoing du contraire. Je lui ai escrit dernièrement et Tai prié qu'il m'alleguast les causes dont il se sent intéressé, affin que je lui monstre que c'est lui qui a le tort, ou aultrement je confesserai que c'est moi. Cependent il me menace d'un coup, lequel je recevrai tousjours pectore aperto, c'est qu'à ces Pasquesil me doit sommer de prendre mon argent. Pensés si je ne suis pas tout prest à tendre mon manteau * pour le recevoir. Si cela est ainsi, comme beaucoup m'advertissent, j'attend de pied quoi ^ la sommation qu'il me fera^, car desja ma belle sœur' m'en a menacé en barbe.* 11 faudra bien que vous me faciez ce bien, s'il vous plaist, quand je vous en escrirai, de me conseiller comment je me doi gouverner en cela. Les réparations que

* L'expression métaphorique tendre le manteau employée pour recevoir de Vargent, n'est citée ni dans le Dictionnaire de Trévoux, ni dans le Dictionnaire de M. Littré.

* C'est-à-dire de pied tranquille, de pied ferme. On écrivait autrefois quoi pour coi, comme quaier pour cahier. On lit dans le plus beau poème du moyen-âge, dans la Chanson de Roland, quei pour calme, et, deux siècles plus tard, 'quai dans le roman de Bertfie et dans VHistoire de Saint-Louis, par Joinville. Montaigne a dit : Si les ennemis vous courent sus, attendez les de pied coy.

^ Catherine de Biran de Gohas. Koirdarw les documents sur J, -César Scaliger et sa famille de M. Ad. Magen (p. 69-74) le contrat.de mariage déjà cité, de Silve de Lescale avec Mademoiselle de Biran, contrat de mariage signé au château de Cuq, en Bruilhois, le 30 mars 1575.

* En barbe pour à ma barbe. L'expression efi barbe est dans Calvin, dans Rabelais^ dans La Noue, etc.

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i*ai faictes pour les chemins ne se peuvent compter, je le sai bien. Mais je nesai que dire touchant celles de la maison, pour lesquelles il y a pour un item 120 et tantost dis, tantost plus, tantost moins. Cela n'est pas exprimé au contract, et veu que vous avés donné terme de dix ans à rachat, il n'y a rien toutesfois de spécifié pour les réparations. Quand nous en serons là, je vous en essrirai. Je ne sai si ceste guerre empeschera ce coup de poignard, dont mon frère me menace, lequel j'ai grand peur qu'il ne m'ad vienne. Au reste, j'avois grande envie de vous monstrer mon ElenchusAnni Liliani, car jamais chose ne me succéda mieus* à mon gré, je n'atten si non l'Apologie que Pater Clavius Jésuite faict à moi, et à François Monsieur de Caudale. Car il lui a esté enjoinct du Consistoire de respondre à tous deus, nonobstant que ce bon homme Tait refusé. Mais ça esté en vain. Je ne demande que trois jours pour respondre tant pour le dit Seigneur de Caudale que pour moi, et joindrai cela avec mon Elenchus. Vous verres puis après le tout. Mais selon ce que j'ai peu cog'noistre par ceus qui ont escrit et escrivent souvent de Romme à Monsieur d'Abain, il n'est nulle nouvelle de ceste Apologie. Quoique ce soit, mon livre est tout prest, et sera imprimé, et vous sera communiqué auparavant. Monsieur Maulé^ a un procès de Monsieur d'Abain, pour en estre rapporteur, et il vous doit estre communiqué en vostre parquet, comme il nous a été enjoinct par la Cour. Je vous supplie. Monsieur, de le voir et l'tixpédier le plustost qu'il vous sera possible, et faire cela tant pour l'amour du

' Succéder pour réussir. Tout lui succédait, a ditBossuet. Tout leur rit, tout leur succède, a dit La Bruyère.

2 Edouard Mole, alors conseiller au Parlement de Paris, devint président à mortier en 1602 et mourut en 1619. Ce fut le père de l'illustre premier président Mathieu Mole.

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dit Seigneur, qui le mérite, et vous en suppHe, que pour Tamour de moi, qui vous en serai obligé tout le temps de ma vie. Si vous pouviez trouver un homme propre pour les enfans du dict seigneur, docte en la langue grecque et latine, et philosophe, vous le tireriés d'une grand'peine. Il vous plaira d'espier ou les moiens d'en chercher, ou l'occasion qui se pourra offrir, Cependent,

Monsieur, je vous baise bien humblement les mains priant Dieu vous donner sa grâce.

B'Abain , ce 23 avril 1585.

Vostre très affectionné à vous faire se^imce, Joseph de La Scalâ.

DB JOSBPII SCALItiBR. 497

A CLAUDE DU PUY

Monsieur,

J'ai receu premièrement vos lettres, en après les Critica Lipsii,'^ de quoi je vous remercie très humblement, et vouldrois avoir le moien de m'en pouvoir revencher par quelque bon service. Je suis ici confiné en un coing du monde où je n'ai nulles nouvelles de livres : Comme je m*asseure que beaucoup ont esté imprimés, dont je n'en sai .rien. Monsieur d*Abain a receu ces jours passés de Rome la Harangue que Monsieur Muret a faicte sur la délibération de créer un Pape au lieu du defunct,' laquelle harangue m*a semblé une des meilleures que le dit Muret ait faict.* Mais il n'y a nulles

« Ibid., fol. 65.

* Je ne trouve aucun ouvrage' publié sous ce titre par Juste Lipse soit en 1585, soit dans les années précédentes. Scaliger voudrait-il parler des notes critiques de Juste Lipse sur Valère-Maxime, lesquelles parurent en 1585 {Valerii Maximi Dictorum factorum que memorabilium libri ix. Accedunt animadversiones et brevœ notœ Justi Lipsi ad eundem (Anvers, in-8'») ?

* Grégoire XIII était mort le 10 avril 1585 et avait eu pour successeur, le 24 du même mois, Sixte V.

* Le président de Thou {Histoirey livre lxxxii) a fait une mention particulière de cette belle harangue que Ton retrouve dans toutes les éditions des œuvres du grand humaniste : « Au bout

I9B tlTTBES FRANÇAISES INÉDITES

nouvelles de Anno Liliano, ni de Clavius, ac suspicoi' rem omnino tepuisse. Tant y a que je supprimerai Fédilion de mon livre, en atlendant ce qu'on fera,* mais surtout m'en rapportant à vostre jugement, sans lequel je ne ferai rien, Jay rcceu ex flinibus Allobrogum^ Fr. Othomanni de re nummaria envoie par Fauteur mesmes.' Il a assemblé tout ce qui estoit espars es auteurs modernes, qui ont traicté ceste matière. Nous en parlerons ensemble quelque jour, si Dieu nous faict la grâce d'avoir quelque resplt de ceste guerre, pour le moins si nous n*en avons aultre asseurance de paix. Cependent

Monsieur, je vous baise 1res humblement les mains, priant Dieu vous donner sa grâce.

D'Abain, ce4 juing 1585.

Yostre très obéissant à vous servir, Joseph de La Scala

des neuf jours qui suivirent la mort de Grégoire XIII, dit-il, Marc- Antoine, Muret fît à l'assemblée des cardinaux une harangue fort éloquente, par laquelle il leg exhorta à donner à l'Eglise un chef qui eut en même temps et la piété de Pie V et la prudence du dernier Pontife. » L'habile orateur mourut un mois et demi après, le 4 juin 1585, c'est-à-dire le jour même oi!i Scaliger lui rendait un si juste hommage.

' Nous avons vu que Scaliger devait attendre jusqu'en 1595.

* C'est-à-dire de Genève.

• Scaliger veut sans doute parler du traité de François Hotman : Disputatio de aureo Justinianeo (Genève, 1585, in-8'»).

DB JOSEPH 8CAUGEB. 499

LXIU

A CLAUDE DU PUY

Monsieur,

Ce n'est que dès maintenant que j'ai entendu vostre maladie, liais je loue Dieu que j*ai entendu plus tost la guerison que le mal. Je n'ai encore receu Tepistre ad Galatas.^ car la charrette du messager n'est encore arrivée. Cependant je vous remercie très humblement de la bonne souvenance qu'il vous plaist avoir de moi, laquelle je recognoistrai toujours etiam publico iestimonio. Monsieur de La Vau m'a escrit qu'il vous donne tout loisir de ces papiers dont m'avès escrit. Si c'est quelque chose du mien, cela ne mérite poinct qu'y emploies vos heures. Je ne sai si vous entendes de quelques paroenesis^ grecques que j'ay rangées par genre de vei*s. Je croi que j'en ai retenu une copie, mais elle est à Touffou où je ne vai pasencores. Mais j'ai moien de les faire chercher dans ma librairie, et pour l'amour de vous je les répéterai et corrigerai. J'ai seulement choisi les pâroenesis e>/!xéXpotç, sans en adjouster rien du mien affin que la

» Ibid., fol. 63.

' Il s'agissait sans doute de quelque commentaire de TEpître de Saint-Paul aux Galates.

' ParénèsBy exhortation à la vertu . Michel Néandre donna le titre de Parénèses aux homélies qu'il composa sous le nom d« Saint-Nil.

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jeunesse les apprenne mieux d'autant que ce sont des vers. Il y a assés bone pièce que j'ai entendu le décès de Muret, duquel aussi j'ai veu une harangue qu'il foist le lendemain de Pasques * sur la délibération de créer le nouveau Pape, laquelle harangue me semble très excellente, et peut estre la meilleure , et la moins contrainte qui ce {sic) soit veu depuis cinquante ans en çà. Elle m'a fort pieu. C'est domage de la mort de un tel homme,^ Car il n'y a aujourd'hui italien qui approche de sa valeur.' Quoique ce soit, il est mort riche,* là où il n'eust esté qu'un pauvre régent s'il fust demeuré en France. Or,

Monsieur, je prie Dieu qu'il lui plaise vous donner parfaite guerison et vous maintenir en sa garde.

D'Abain, ce 23 juillet 1585.

\ostre très humble serviteur,

Joseph de La Scala.

'La fête de Pâques fut célébrée, en 4585, le 21 avril.

* L*oraison funèbre est cpurte, mais elle est bonne, bonne surtout si Fon considère Thabituelle sévérité de Scaliger. Rapprochons cela du passage suivant du Secunda Scaligerana : « H faut lire tout ce qu'a fait Muret ; il a parlé mieux latin qu'aucun autre qui soit ; les Italiens l'ont admiré. G'estoit un très grand homme que Muret. Après Gicéron, il n'y a personne qui parle mieux latin que Muret. »

^ Les Italiens eux-mêmes, par l'organe de Victor Rossi, cité par Teissier (t. m, p. 328) ont reconnu qu'il fut le prince des orateurs de son temps. Il est sûr, ajoute l'auteur des Eloges des Hommes savans (p. 330), que ce Muret, tout Limousin qu'il était, s'est fait admirer à toute l'Italie. »

* Voir sur ce point le Scaligerana Secund^ (p. 464 et 465). On lit dans le Naudœana, p. 41) qu'à Rome Muret amassa beaucoup de bien par la libéralité de Grégoire XIII.

Dl JOSBPH SCALKBB. 204

A CLAUDE DU PUY

Monsieur,

Il y a assés longtemps que je n'ai eu de vos nouvelles, et que je ne vous ai escrit des miennes pour autant que je n'ai rien digne de vous. Toutesfois il me souvient tousjours de vous, et de mon devoir, et n'ignore poinct que c'est à moi de rechercher tousjours les occasions pour me ramentevoir * en vostre bone grâce, quelque fortune que je doive courir, come à la vérité le temps s'est offert, auquel s'il ne nous estoit commandé de bouger, toutesfois il nous fauldroit tenir bagage troussé pour prévenir tout comandement. Mais ce sera quand il plaira à Dieu, et non à la discrétion des hommes. Au reste je ne désiste pour cela de me resjouir, et quelques fois visiter nos livres. Mais c'est avec telle modération, que nous ne préférons nos estudes à nostre santé, come peust estre nous avons aultres fois faict, et en faisons come du dessert, au lieu qu'aultresfoisc'a esté nostre prin-

^ Ibid., fol. 66.

* Ramentevoir, remettre en mémoire, rappeler au souvenir, est encore dana le Dictionnaire de VAcadénie française (édition de 1878)

C'est un mot du xii« siècle qu'au xviii* Voltaire a couvent employé.

202 LITTBB8 FBANÇAISBS INEDITES

cîpal banquet.' Aussi suis-je ici corne relégué et confiné en lieu, où je ne hante presque personne, la peste nous aiant assiégés de toutz costés. Car je ne sai ville ici aus environs, qui soit exempte de ce fléau. A Bourdeaux il y est mort de bon compte seize mil personnes.^ Le président La Lane et aultres de la court y ont laissé et la peau, et le gaing, et la conscience.' A Agen on commence de faire de mesmes.* Ici

* Scaliger n*avait que 45 ans quand il disait si agréablement que le travail n'était pour lui qu'une chose accessoire.

- Le chiffre était un peu exagéré. On lit dans la Chronique Bourdeloise de Gabriel de Lurbe (à l'année 1585) : « Puis le mois de juin la contagion est si grande à Bourdeaux jusques au mois de décembre, que 14,000 et quelques personnes de compte fait, en meurent. » Le chroniqueur Jean Damai (supplément, 1666, p. 95) n'indique aucun chiffre et se contente de dire que « la contagion fut extrêmement grande à Bourdeaux. » Dom Devienne ne mentionne même pas la peste de 1585 {Histoire de la ville de Bordeaux^ in-4o, 1771).

^ Il est question de ce président La Lane « seigneur d'Useste et Villandraut » dans la Chronique bordeloise de Jean de Gaufreteau, publiée par M. Jules Delpit pour la société , des Bibliophiles de Guyenne (t. I, 1876, p. 180). Le président de Lalanne est plusieurs fois mentionné dans ï Histoire du Parlement de Bordeaux par M. Boscheron Des Portes (1878, t. I ) et dans les Archives historiques du département de la Gironde. On trouvera sur lui une excellente note dans le Journal de maître Jean de Solle, publiée par l'abbé de GarsaladeDu Pont (Auch, 1877, p. 19).

* On a moins de renseignements sur la peste de 1585 que sur celle de 16^8 dont M. Ad. Magen a exposé les principaux incidents dans La ville d'Agen pendant V épidémie de ^628 à 4634 d'après les registres consulaires (Agen, P. Noubel, 1867, in-8o). Nous trouvons cependant la mention suivante dans un registre manuscrit des Archives municipales d'Agen, intitulé : Testamens pour les S*» Consuls {BB, 3S), « Il a pieu a Dieu entre autres fleaus viziter ceste année les habitans de la presant ville et jûrisdiction, de la malladye

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