LETTRE VI
Prince,
Vous venez d'assister à une partie de ce drame qui a déjà duré plusieurs siècles. Vous avez vu traiter celte pauvre France comme une ville prise d'assaut.
Vous avez vu ses ports comblés, ses flottes détruites par les boulets et Tincendie, ses colonies envahies, son commerce extérieur anéanti.
Vous avez vu des coalitions succédant à des coalitions, à des guerres injustes des guerres encore plus injustes, et les trésors de la France s'épuiser non-seulement pour ne rien conserver de la part légitime qui lui revenait dans les grandes découvertes continentales du xv* et du xvr siècle, mais encore pour disputer les lambeaux d'un territoire national garanti par les traités.
Tout cela est inouï et appelle sinon des ycclgeances, au moins d'éc\al?MilesT(i^%x^\wN&-»*
Mais attendez encore avant de rou^77 temple à demi fermé du dieu des combats.
Rien n'est fini avec l'Angleterre... Des li^ ^^ plus terribles et plus sanglantes que jamais ^^^^/^ s'ouvrir. L'âme en est saisie d'indignation^ ^. d'horreur. Notre patriotisme et notre fierté vw» m cruellement souffrir... Le jour de l'expiation si fera-t-il donc encore longtemps attendre?...
Nous sommes en 1792.
Le cri de liberté devient universel.
L'aristocratie anglaise et sa vieille constitution se voient menacées de ruine... Pltt conçoit l'espoir de les sauver, en lançant l'Angle-^ terre contre la France — toujours et toujours contre la France ! , . .
<c Refroidir les Anglais pour la révolution <( française, dit un historien, en la présentant u comme irréligieuse, insociable , avide de tout il détruire, prête à tous les crimes, — et, en « même temps , exciter leur orgueil et leur eu- K pidité , en leur montrant l'occasion unique «( d'acquérir l'empire des mers par la ruine u d'une rivale éternelle , » tel est le plan de Pitt. Il divise d'abord l'opposition parlementaire; et le plus ardent ennemi de la révolution, Burke, en se séparant de Fox, son ami de vingt ans, donne au ministère un appui qui annule entièrement les whigs et rend les torys
tout-puissants. — Il favorise ensuite, ce topy échevelé, par son or et ses intrigues, les excès des jacobins et l'anarchie de la France,.. — Il ranime les vieilles inimitiés de la nation, il prépare des armements et commence des actes réels d'hostilité. Il interdit aux vaisseaux français d'acheter des blés en Angleterre ; une frégate française est prise par des vaisseaux anglais dans la mer de l'Inde. — Le stathoudier de Hollande entre par ses conseils dans la coalition.
Ce n'est encore là que le prélude de ce tory, qui avait refusé obstinément toute espèce de démarche pour sauver le roi martyr... — Royalistes imbéciles, aimez donc les Anglais ! . ..
Pîtt cherche ensuite à ameuter toute l'Europe contre la France. Il ranime par des subsides la Prusse et l'Autriche; il promet des secours au roi de Sardaigne; il tire de son immobilité l'Espagne, remplace le sage d'Aranda par l'indigne favori Manuel Godoï. — Il fait entrer dans la coalition le Portugal, devenu colonie anglaise depuis le traité de Methuen , — le roi de Naples et la cour de Rome. — Il parvient à secouer de sa torpeur la diète germanique et prend à sa solde les princes de Bade, de Hesse et de Bavière. — Il laisse la Russie envahir la Pologne, et, d'accord avec la Prusse, en arracfefct
encore deux lambeaux, l'un de 1200 mille, l'autre de 3 millions d'habitants.
Il ne reste dans la neutralité que la Suède, le Danemark, la Suisse, Venise et la Turquie...
Tous les intérêts sont méconnus, toute la politique ancienne oubliée, toutes les alliances de position renversées : la Hollande et l'Espagne unissent leurs vaisseaux à ceux de leur ennemie contre leur unique amie. La Prusse et l'Autriche font alliance intime. L'Italie se livre à l'Angleterre, l'Allemagne à l'Autriche. L'Angleterre laisse la Russie démembrer la Pologne.
Et l'Angleterre seule associe l'Europe à ses colères. Ce n'est pas le roi de France qu'elle veut sauver; elle ne le veut pas!!!
Ce n'est pas l'anarchie qu'elle veut éviter; elle soudoie les jacobins ! ! !
Ce n'est pas notre sang et nos trésors qu'elle veut épargner; elle appelle toute l'Europe à former la coalition la plus vaste et la plus effroyable des temps anciens et nouveaux...
C'est l'Angleterre avec ses intérêts égoïstes, sa politique sans honneur et sans foi, ses jalousies, son fiel et ses fureurs. C'est elle avec son or qui soudoie, avec ses passions qui attisent et qui brillent, avec son idée fixe et froide comme un poignard , de nous abaisser, de nous humilier, de nous subalterniser.
C'est toujours TAngleterre contre la France ; et la France, par l'Angleterre, contre l'Europe entière !
Le principe des coalitions est jeté.
Je n'ai plus à rappeler ses œuvres ténébreuses et les faits inouïs qui les ont couronnées. Vous en retrouverez les dates immortelles dans les années 1797, 1802, 1804, 1806, 1807, 1809 et 1814.
C'est en vain que, dans des combats de géants qui feront à jamais l'admiration de l'univers, la France, — cette France orgueilleuse et guerrière qui, malgré toutes les coalitions et toutes les infamies d'une diplomatie mercantile et jalouse, ne craindra jamais de rivale, — c'est en vain qu'elle écrase l'Autriche en Italie, qu'elle l'humilie en Allemagne, qu'elle insulte trois fois la capitale de ses États; c'est en vain qu'elle châtie la Prusse et qu'elle plante ses tentes au pied des murs de Berlin; c'est en vain qu'elle donne à la première puissance de l'Europe, la Russie, une de ces terribles leçons qui forment à elles seules le sujet d'une Iliade ; rien ne troublera ses farouches et haineux instincts.
La France traite à Tolentino, à Carapo-Formio, à Lunéville : qu'importe à l'Angleterre?
La France fait la paix d'Amiens, fait la ^awsLd». Presbourg ; qu'est-ce cjae Çifb\ai^«vVV\ Kw^^NKs^y^^X
La France traite encore à fiartenstein , à Tilsitt, à Vienne : de quel poids peuvent être tous ces traités dans l'esprit de son implacable en* nemie?
La coalition est permanente; malgré les trêves, malgré les entrevues, malgré les préliminaires de toute espèce, malgré les traités solennels, malgré la paix la plus hautement déclarée, l'Angleterre féodale et protestante est toujours debout. 11 faut qu'elle écrase le catholicisme et la liberté dont la France sera toujours le sublime refuge...
Qu'ajoute-t-ellc encore à tous ces inoyens d'action? Non contente du concours actif des grandes puissances , elle soupçonne l'inactivité des neutres et se livre, à leur égard, notamment à Copenhague, à des actes d'un vandalisme, d'une férocité et d'une barbarie qui égalent les atrocités de lord Clive dans les Indes. Laissezmoi vous rappeler à cie sujet le passage d'un contemporain qui a admirablement posé les termes du débat entre l'Angleterre et les neutres , et flétri , dans cette occasion comme dans d'autres, la politique atroce de ces brigands des mers :
u ... La deuxième coalition était dissoute :
l'Angleterre restait seule en armes, et elle avait alors à lutter non plus contre la France seule,
mais contre la inoitié de l'Europe, pour une question dont dépendait toute son existence.
Depuis que les progrès de la civilisation ont amené des adoucissements dans les lois de la guerre, les États chrétiens ont admis, comme bases du droit maritime, que les puissances neutres peuvent faire commerce avec les puissances belligérantes, excepté en munitions de guerre; que les objets appartenant aux sujets des puissances belligérantes sont libres à bord des vaisseaux neutres ; que les bâtiments marchands des puissances neutres peuvent être visités par les vaisseaux de guerre des puissances belligérantes, pourvu qu'ils- ne soient pas eux-mêmes escortés par un vaisseau de guerre de leur naUon ; enfin, qu'un port déclaré en état de blocus par une puissance belligérante doit être Moqué réellement, pour que les neutres s'abstiennent de communiquer avec lui. L'Angleterre seule a refusé d'admettre ces principes, sans lesquels il n'y a plus de liberté des mers ; elle prohibe nonseulement les munitions de guerre, mais le bois, le chanvre, le fer, les vivres ; elle confisque tout objet appartenant aux sujets de la puissance ennemie ; elle visite les vaisseaux marchands, non-seulement quand ils sont isolés, mais quand ils sont escortés; elle prétend qu'un port e&t bloqué dès qu'elle a dèdarèi^iâàfe ^w ^-ss^^^^si.
bloous, même quand elle n'aurait pas une chaloupe devant ce port. En d'autres termes, elle veut l'empire des mers : « Il ne faut pas, » disait lord Cbatham, u qu'il soit tiré sur l'Océan un seul «( coup de canon sans notre bon plaisir ; » et son fils ajoutait : « Si nous étions justes un seul jour, u nous n'aurions pas un an à vivre! !... >»
<( La France , depuis qu'elle possède une marine, s'est déclarée la protectrice de la liberté des mers; la liberté des mers a été le but ou patent, ou caché, de toutes ses guerres contre l'Angleterre; l'empire des mers a été le but constant de toutes les coalitions que l'Angleterre a suscitées contre elle. Tout le xvin" siècle fut rempli de ce grave procès, où l'humanité entière est intéressée; et la guerre de 1778 fut, en réalité, un appel de la France à tous les peuples contre la tyrannie de l'Angleterre, appel qui engendra la neutralité armée de 1780, où, pour la première fois, les principes conservateurs de la liberté maritime furent nettement posés.
« L'Angleterre fut vaincue, mais elle n'abandonna pas ses prétentions ; et quand elle vit la France en révolution, elle se jeta dans la coalition des rois pour les faire triompher. En effet, dans ce grand conflit, les neutres se laissèrent visiter, insulter, confisquer, sans oser se plaindre^ puisque eux-mêmes s'étaient follement dé-
clarés cootre leur antique alliée el protectrice. Alors la France, qui était au ban des nations et faisait des efforts surhumains pour se sauver, mit de côté ses principes maritimes : elle déclara aux neutres qu'elle « les traiterait de la » même façon qu'ils souffriraient que les Anglais » en usassent a leur égardj; » elle visita, insulta, confisqua leurs bâtiments : la mer fut abandonnée à la force brutale et sauvage. Cet état de choses dura jusqu'au 18 brumaire. Bonaparte, qui voyait les préventions de l'Europe contre la France en partie effacées, leva l'embargo sur tous les bâtiments neutres retenus dans nos ports, et déclara que la République revenait aux principes de 1780. Alors les neutres sortirent de leur engourdissement; les États-Unis signèrent (1800, 1*"^ octobre) avec la France un traité qui est considéré comme l'un des plus remarquables monuments de la diplomatie de notre siècle, et qui fut accueilli par toutes les nations comme un code complet de droit maritime.
« La Suède et le Danemark proclamèrent de nouveau le vieux principe : Le pavilloti couvre la marchandise. Ils trouvèrent appui dans Paul 1"', qui, à son tour, entraîna la Prusse, et l'on parla de renouveler le traité de 1780. A cette époque, une flottille danoise, qu'escortait une frégate, fut enlevée car \es Kw^^\'^-'^^^^"
nemark demanda réparation Le cabinet britannique s'emporta contre « cette insolence » et déclara que « tous les neutres devaient se soumettre à la visite du dernier des corsaires anglais.)» — u Renoncer au droit de visite, î» disait Pitt, «c'est renoncer à Terapire, c'est souffrir que la France ressuscite sa marine et son commerce. Jamais l'Angleterre ne se départira de ces droits indisputables,dont l'exercice est absolument indispensable pour lemaintien des inté* rets les plus chers de son empire. Les lois invoquées par les neutres, sont attentatoires aux bases de notre grandeur et de notre sécurité maritime ; elles sont un principe jacobiniquë des droits de l'homme , qui nous conduirait à renoncer h tous les avantages pour lesquels nous avons depuis si longtemps, et avec tant de profit, déplpyé toute l'énergie britannique. »> Et pour épouvanter les neutres, l'Angleterre ordonna de courir sus à tous leurs bâtiments, en captura plus de 400, et s'empara des colonies danfoises et suédoises. Enfin elle déploya des forces triples de celles qu'elle eût jamais mises en mer ; 25 vaisseaux allèrent menacer Copenhague dans le Sund ; une flotte bombarda le Ferrol et Cadix; une autre bloqua Gènes; une troisième insulta les côtes de la Hollande; une guatrième alla porter une armée en Egypte;
une cinquième força Malte à capituler après deux ans de siège (1800, 5 septembre). L'Angleterre possédait alors 195 vaisseaux de ligne, 250 frégates, 500 bâtiments inférieurs; elle entourait toutes les côtes d'une chaîne presque continue de croisières ; elle paralysait dans leurs ports les petites escadres de la France et de ses alliés.
Cependant les quatre puissances du Nord avaient mis l'embargo sur les vaisseaux et les propriétés des Anglais. Paul l^** avait embrassé la cause des neutres avec sa fougue ordinaire, et, par ses conseils, un traité, modelé sur celui de 4780, fut signé (46 décembre) entre les quatre États pour faire respecter la liberté des mers. C'était une déclaration de guerre à la Grande-Bretagne. Aussitôt un corps danois occupa Hambourg, entrepôt principal du commerce anglais, et ferma l'Elbe; les Prussiens envahirent le Hanovre et fermèrent le Wéser et l'Ems; le roi de Suède rassembla vingt mille hommes; enfin Paul proposa à ses alliés de s'unir intimement avec la France. Déjà il avait chassé Louis XVIIl de Mittau, envoyé une ambassade solennelle à Bonaparte, entamé des relations d'amitié avec ce grand homme : u Je veux m'unir h vous, lui écriviiit-il, pour mettre un terme aux injustices dft V ^t^^'^Vk^^^ -j ^"^
viole tous les droits des aations et n'est jama j^ guidée que par son égoïsme et son intérêt. » E'r il lui demanda trente raille hommes qu'il voulait joindre à quarante mille Russes pour marcher dans rinde par le Caucase et la Perse. Les destinées de l'Europe allaient être changées; une confédération, la plus juste et la plus populaire que les rois eussent jamais f^iite, allait résoudre ce grand problème d'humanité et de civilisation : la liberté des mers. Bonaparte tressaillait de joie. Pitt calcula avec la profondeur du génie la grandeur du danger. Tout le continent était désarmé ou ennemi; il fallait céder à Tascendant de la France, sliumilier momentanément devant la révolution, faire la paix. La guerre ne devait plus maintenant avoir qu'un but : dissoudre la coalition du Nord, pour isoler la France et obtenir d'elle des conditions modérées. Dès lors le rôle du ministre était fini ou du moins ajourné. Pitt et ses amis donnèrent leur démission (1801, 16 mars). Mais les hortimes changèrent, non les principes : le pouvoir resta aux torys; seulement les nouveaux ministres étaient des torys moins prononcés, qui pouvaient faire la paix sans déshonneur ; et ils s'y préparèrent par une lutte vigoureuse contre la coalition du Nord.
La quadruple alliance préparait ses arme-
ments ; mais elle n'avait pas encore une escadre en mer. Le cabinet britannique résolut de la prévenir. Il fomenta les baines de la noblesse russe contre le czar, qui avait violé ses privilèges ; il corrompit la cour de Suède ; il envoya dans la Baltique une flotte de 52 voiles , commandée par Parker et Nelson. Nulle part la cause des neutres n'était plus populaire qu'en Danemark. Quoiqu'un arrangement particulier fait récemment avec l'Angleterre eûl permis à ce pays de se tenir hors ligne, quoiqu'il fût le premier exposé à la colère britannique, il avait salué le traité du 16 décembre par d'unanimes acclamations. «( La mer libre ou la mort! n était le cri des ouvriers et matelots volontaires qui accouraient en foule dans les chantiers et sur les vaisseaux. C'était donc à Copenhague qu'était le cœur de la quadruple alliance; c'était là que l'Angleterre avait décidé de la détruire. La flotte de Nelson franchit le Sund par la trahison des Sfiédois, qui ne défendirent point le passage'. Elle apparut devant Copenhague , qui était protégée par 10 vaisseaux, 11 batteries flottantes et 2 citadelles. Toute la ville courut aux armes avec le plus grand enthousiasme, et une bataille terrible s'engagea (2 avril). Malgré les forces triples des Anglais et l'audace de Nelson, qui répéta saioa.nœuvre d'Aboukir, lesDanovsÇaçxvVX^^^^'^^
-sérieuse résistance. L'amiral Parker, dont le œstre avait été écrasé, proposa un armistice, et le prince régent de Danemark s'empressa d'y adhérer : il venait de recevoir secrètement la dou* velle d'un événement étrange qui complétait la victoire des Anglais : Paul 1^' avait été assassiné par ses courtisans (180i, 25 mars) !
Cette mort cliangea la face de l'Europe.
Alexandre, fils de Paul, fut proclamé empereur 11 se hâta de confirmer les privilèges de sa noblesse , annonça qu'il gouvernerait par les principes de Catherine la Grande, communiqua ses vues pacifiques à l'Angleterre et entama des négociations qui aboutirent à une transaction déplorable par laquelle la Russie abandonna les droits des neutres (47 juin).
Alors le Danemark , la Suède et la Prusse rétablirent leurs relations avec l'Angleterre sans régler les points contestés. La France se trouva encore seule à lutter pour la liberté des mers, et la question des droits maritimes fut indéfiniment ajournée.
Les traités de paix n'étant plus pour l'Angleterre que des trêves hypocrites , Napoléon avait reconnu l'impossibilité de la vaincre sur le continent. Comme on l'avait conçu en 1759, il ibrma la résolution d'atteindre cette puissance
en allant la chercher dans son île et en se prenant avec elle corps à corps. — Vous connaissez, sans que je le rappelle , tout ce qui se rapporte au fameux camp de Boulogne et à Talarme qu'en prit l'Angleterre , alarme qui ne s'éteignit qu'à la paix d'Amiens.
Le grand capitaine, accablé par des nécessités nouvelles , attiré par son ennemie sur tous les points de l'Europe, livre cent combats, remporte cenjL victoires qui ne l'affermissent pas davantage. L'Angleterre ne lui laisse ni repos, ni trêve. Il n'est pas permis h Napoléon de recommencer sa tentative de 1801 : car nos plus belles escadres avaient été détruites à Aboukir, et Trafalgar avait achevé de ruiner notre marinCi. — Napoléon croit encore pouvoir l'atteindre dans le blocus continental, et il se trompe. . . Il n'a même plus le temps de redonner cours à son idée de Boulogne et de tent-cr une seconde descente. Ses moments sont dévorés par sa gigantesque et folle expédition de Russie, à laquelle ne succèdent que des revers qui amènent l'abdication de Fontainebleau, l'exil de l'ile d'Elbe, le honteux traité de Paris , les cent jours et Waterloo î
L'Angleterre triomphe. Oh î cette fois ses vœux impies sont bien accomplis!... L'Europe armée foule notre sol et commande en maître dans Paris. — D'un trait de pWm^ .^ \^^^«^'iiR.>è'^^
55 places garnies de 12 mille canons, 31 vaisseaux, 12 frégates, etc.; elle reprend ses limites de 1 792. L'Angleterre garde Maurice , Tabago , Sainte-Lucie , le Cap , Malte , les iies Ioniennes , tout ce qu'elle veut enfin !
Pendant trois années, les peuples que nous avons vaincus sur tant de champs de bataille nous tiennent sous leur joug. — 1,500 millions de rançon sont payés à l'Angleterre et aux nations qu'elle a entraînées après elle. Jamais honte pareille ne vint couvrir le front de notre malheureuse patrie...
Laissez-moi m'arréter ici quelques instants.
La douleur suffoque mon àme. Je 'sens à l'oppression que j'éprouve qu'il n'y a encore que la moitié des décrets de Dieu d'accomplie. Le ciel semble pur à cette Angleterre qui prend nos vaisseaux , nos colonies , pille nos trésors et déchire notre territoire... Elle sourit d'une joie cruelle à nos malheurs comme à nos humiliations...
Le Dieu de toute justice, le Dieu de la France ne tournera-t-il pas un jour ses foudres contre elle?... — Attendons...