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LETTRE DE GUYS

La Candiote, la Grecque, VArnaoute, la Pyrrhique, la Valaque; danses Ioniennes, champêtres, nuptiales, bacchiques, etc.

Je n'ai rien vu de plus agréable, ni de plus intéressant que les danses Grecques. Chaque pays a les siennes, et là Grèce, de ce côté-là, a toujours été

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bien partagée. Il y a des danses nationales, qui ne peuvent être que fort anciennes, et qui sont héréditaires; il ne faut pas de maîtres pour les apprendre, l'imitation suffit. Il n'y a point de paysanne en Provence, qui ne sache le rigaudon, ni de Bayonnoise qui ne danse la Panperruque[i). On oublie les danses composées qui demandent de l'étude et de la précision : les danses du pays, plus simples, plus gaies, plus faciles, ne se perdent point, parce qu'on les répète souvent, et que chaque fête les ramène. La Jeunesse s'applaudît de les exécuter, les vieillards s'amusent du spectacle ; et jusques dans l'âge le plus tendre, les enfans, trop foibles pour imiter les danseurs, piétinent en les regardant.

Quand je voyois à la campagne une troupe de Grecs, se tenant tous par la main, jeunes et vieux

(:] La Panperruque est une danse propre aux Bayon noises, qui

te une baguette toujours levée et ouvre la danse qui ae le ttim en tems, l'homme et la femme qui figurent un saut en se regardant. Quand la danse est finie, le I conduit, lèvent !e ruban dont ils tiennent chacun un i danseurs, se prenant alors par le brai, passent parclient sur quatre ou huit de front, toujours an son du

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chanter en dansant, de manière que les plus âgés répondent aux enfans qui les provoquent par leurs chansons, je me rappelols ces chœurs de Lacédëmone, où, suivant la traduction d'Amiot, dont vous aimez tant la naïveté , les vieillards chantoient { i ) :

Nous avons été jadis Jeunes, vaillans, et hardis.

A quoi les jeunes répondoient :

Nous le sommes maintenant, A l'épreuve à tout venant.

Et les enfans, pour n'être pas en reste, ajoû-

toient :

Et nous un jour le serons Qui tous vous surpasserons.

Lorsque j'entends une jeune Grecque se plaindre de ce qu'elle ne peut pas aller danser avec ses compagnes, je crois entendre la jeune Hëro, que le Poëte Musée fait parler ainsi de sa condition à Léandre : « Hélas! je n'aî point la compagnie des » jeunes filles de mon âge, et je ne puis me trou- » ver comme elles à ces danses que la Jeunesse » aime tant (a) ».

(iJPlut.inLj-cur. Poll.t. IV.

HJMus. L. et Héro,t. iSl.

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L'amour de la danse fut toujours, dans la Grèce, une passion commune aux jeunes gens des deux sexes, qui s'y livroient, comme ceux d'aujourd'hui, jusqu'au point de s'oublier eux-mêmes. On en trouve dans Hérodote un trait qui peut servir de leçon (i).

Clysthène, Prince de Sicyone, avoit déclaré qu'il marierait sa fille au plus vaillant des Grecs, et, pour cet effet, il fit inviter tous ceux qui pouvoient y prétendre. Il vouloit les garder chez lui quelque tems, les examiner, et choisir ensuite parmi eux un gendre à son goût. Deux Athéniens lui plaîsoient plus que les autres, et principalement Hypoclîde, fils de Tysandre, qu'il estimoit pour sonconrage. Le jour où îl devoit nommer son gendre étant venu, il donna un grand festin aux amans de sa fille. Après le repas, on se mit à chanter, on but encore, on s'échauffa : Hypoclîde ordonna aux instrumens de lui jouer une danse sérieuse , dont l'exécution parut le rendre fort content de lui-même. Clystène voyoit tout, et ne disoit rien. Hypoclîde, s'étant un peu reposé, fit apporter une seconde table, oh il dansa d'abord à la Spartiate, et puis des danses Athéniennes. Enfin, (i) Herod. 1. VI.

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s'ëtant mis sur la table la tête en bas, il dansa en ne s'appuyant que des mains. Clysthène, qui avoit déjà pris de l'aversion pour le danseur, ne put se contenir alors, et lui dit : Fils de Tysandre, tu as dansé ton mariage, et il choisît Mégaclès, fils d'Alcméon. Un jeune Grec, échauffé par la danse et par le vin, seroit encore aujourd'hui capable d'un pareil excès, et pourrait bien danser son mariage. Cet exercice est sans contredît de tous les pays et de tous les teins ; mais il est certain que les Grecs ont plus dansé que les autres peuples. La danse, parmi eux, faisoit une partie de la Gymnastique. Elle étoit elle-même en plusieurs cas ordonnée par les Médecins ; elle entroit dans les exercices militaires ; elle étoit affectée à toutes les conditions. Elle venoit toujours à la suite des festins; elle animoit toutes les fêtes (i); les Poètes mêmes récitoient et chantoient leurs vers en dansant. Platon, Aristote, Athénée, Xénophon, Plutarque, Lucien, tout ce que nous avons d'Auteurs Grecs, font quelque éloge de la danse. Anacréon, le père du plaisir, est dans sa vieillesse toujours prêt à danser (2). Aspasie, qui n'avoit qu'à paroître pour

(i)Hier. tlerenr. de Saltat.

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animer tout de ses regards, fait danser jusqu'au vieux Socrate (i). Aristide, malgré Platon, danse à une fête chez Denys le Tyran {2). Scipion l'Africain, à leur exemple, se fait montrer chez lui une danse pleine de force et de mouvement; enfin, l'Historien d'Épa m inondas (3), en représentant toutes ses grandes qualités, n'oublie pas son talent pour la musique et pour la danse.

Si les hommes se piquoient d'exceller dans cet art, il devenoit pour les femmes un mérite essentiel. Quand Hélène fut enlevée par Thésée et Pirithoûs, elle dansoitàune fête de Diane {4). a La » belle Polymèle, » dit Homère, faisoittout l'or- » nement d'une danse. L'enjoué Mercure, l'ayant

(i) ■■ Vous riez, -

> disoit Soc

rate a ses ami:

1, « parce que je prétends

ns. Vous me ti

ouvez donc ridicule de

» vouloir faire un

> dégager le corps? Ai-je tort

de vouloir din

linuer un peu, en dan-

de ce corps ? Von» ne s»>

• moi ? — Ce] a est

vrai, dit

Charmides, et

j'en fus si étonné, que je

• craignis d'abord

pour voue

1 un accès de

folie ; mais quand j'eus

■ entendu ce que v

je dire sur la

■ plut pressé, étant

lu logis, que d'

Xénoph. in SimpOI,

[31 Vit de Platoi

1, par Dac

ier. Diss. de :

l'Abbé Couture, dans les

Mém. de FAcad. c

les Inscript.

[3) Corn. Nepos

mEpamin

|4) Plut. Vie de

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