‹ Lettres historiques et édifiantesChapitre 11 sur 30 · A UNE DEMOISELLE ÉLEVÉE A SAINT-CYR · texte numérisé non relu

A UNE DEMOISELLE ÉLEVÉE A SAINT-CYR

^ui se faisoit religieue dans un coaveiit des Sables-d'Olonne.

A Saiiit*Cyr, 18 nutembre 169i,

Je suis ravie de votre satisfaction et de celle qu'on a de vous dans la maison où la Providence vous a conduite ; mandez-nous-en la règle, afin que nous vous envoyions une compagne, puisqu'on veut en* core la recevoir. La maladie est si violente a Siunt- Cyr', que nous avons perdu douze demoiselles en deux mois : Boufflers, Cuigi, Saint-Louis, Marlard sont mortes ; Du Bus et Timécourt sont très-mal. Je ne vous parle que de celles de votre classe. Tout le monde se réjouit de votre bonheur, et s'y intéresse pour l'amitié qu'on a pour vous. Continuez, ma chère enfant, à prier Dieu pour moi, et croyez que je m'estime trop heureuse de pouvoir vous rendre un aussi grand service que celui de contribuer à vous donner à lui. Écrivez à M"* de Fontaines et à moi tout ce qui vous arrivera, et croyezmoi toute à vous.

■Aivaisai oMiALi »bs classbs.

Déoembre 1691.

Je VOUS prie, madame, d'excuser le projet que nous ayons fait ensemble, et de ne plus penser pour cette

1 lettres édifiantes, t. III, L 74.

' La peUte vérole.

* Lettres édifiantes , 1. 111, 1. 79. — Lettres et Avis, tA\, p. 14.

année à faire des religieuses ; déclarez aux demoiselles qu'elles peuvent choisir avec leurs confesseurs l'ordre auquel elles croient que Dieu les appelle, mais qu'il faut qu'elles soient indifférentes pour le lieu où on voudra les mettre. Il y a certaines convenances particulières comme la proximité, ou l'éducation qu'elles auroient reçue dans quelques maisons, ou l'envie d'être près de leurs parents qu'elles pourroient représenter sans trop d'attachement^ elles consulteront leur vocation à un seul confesseur tel qu'il leur plaira-, celles qui auront de la confiance en vous pourront s'y adresser, et celles qui en ont en moi en useront de même avec une entière liberté, sans qu'il soit nécessaire qu'elles en parlent à plusieurs personnes. Quand les confesseurs les auront décidées et jugées en état d'entrer au noviciat, eux ou les demoiselles nous avertiront, et ce sera à vous et à moi à faire le reste pour leur établissement. - Puisqu'il plaît à Dieu de tourner la plus grandepartie des demoiselles à la piété, et qu'elles se sont la plupart retranché les ajustements qui leur étoient permis', je vous prie, madame, que le plus petit nombre cède au plus grand, qui, grâce à Dieu, est le meilleur, et qu'elles s'habillent et se coiffent toutes avec une égale modestie, qu'elles ne se frisent plus du tout, et qu'elles ne se poudrent jamais les vendredis et les jx)urs de confession et communion.

^ M"'^' de Maintenon avait, dans les premières années de Saint- Cyr, laissé les demoiselles mettre dans leur habillement certains ornements; après la réforme, elle conseilla aux plus raisonnables d« retrancher ces ajustements, et finit par les interdire aux autres.

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