‹ Lettres historiques et édifiantesChapitre 16 sur 30 · A MADEMOISELLE DE PONTBRIANT · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE DE PONTBRIANT

Demoiselle de Saint-Louis qui se fit Carmélite au couvent de Blois.

Le 18 aoûtlô92.

Je ne puis vous dire, ma chère enfant, la moindre partie de la joie que je sens de votre bonheur, et je suis ravie toutes les fois que je pense que ma chère Pontbriant sera une bonne Carmélite. Sainte Thérèse est un peu obligée de prier pour vous , car je ne crois point qu'elle ait aucune fille qui lui soit plus affectionnée. Je prie Dieu de tout mon cœur que vous soyez fidèle aux grâces qu'il vous fait, et qu'en réjouissant votre communauté par votre brusquerie et vos vivacités, vous soyez unie à lui de plus en plus, et qu'enfin vous viviez et mouriez en excellente Carmélite. Je ne désespère point de vous voir encore, et si ma santé revient un peu vous nous verrez arriver, M"** la duchesse de Lude ^ et moi, à

^ Lettres édifiantes, t. III, 1. 124.

' C'était une pareote de la demoiselle ; elle devint, par la faveur

votre grille, ravies de vous entretenir et de remercier vos dames de la charité et des bontés qu'elles ont pour vous. Dieu les en récompensera. Tout le monde est édifié de ce que la plupart des couvents veulent bien contribuer a rétablissement de mes filles ^ vous en êtes une des plus chères ; je vous ai toujours ai« niée, mais j'ai cru devoir paroltre vous oublier, et ne pas exciter votre goût pour le monde. Ne cessez jamais de bénir et louer la miséricorde de Dieu pour vous. On m'assure que vous priez pour moi 5 n'oubliez jamais le Roi et Saint-Cyr : ce sont des obligations pour vous. Adieu, ma chère enfant, j'espère qu'il vous sera permis de me donner de vos nouvelles.

28 août 1693.

Je suis ravie, madame, de la joie que vous avez de ce qui va se faire à Saint-Cyr''; je n'en suis pas surprise, connoissant comme je sais l'amour que vous avez pour la régularité. Vous n'aurez pas de peine à être exacte, silencieuse et mortifiée ^ mais il faudra devenir humble, simple, petite, aimer les pratiques rehgieuses, renoncer à sa volonté , ne vouloir point avoir de l'esprit, ne pas mépriser ceux qui en ont peu, ne pas admirer ceux qui en ont davantage, ne

de M'"^ de Maintenon, dame d^honDeur de la duchesse de Bourgogne.

1 Lettres édifiantes, t. lU, 1. 147 bis.

' A l'occasion du nouveau noviciat.

A MADAME DE RADOUAY (1692). 235

juger que comme Dieu juge, qui auroit condamné celui dont nous faisons laféte aujourd'hui \ s'iln'étoit devenu soumis comme un enfant, et le plus humble des docteurs. lia donné ses confessions au public et ses rétractations. Nous ferons, s'il plaît à Dieu, de même, et je verrai peut-être avant que de mourir toutes les Dames de Saint-Louis convenir publiquement avec moi que nous n'avons rien fait de bon tant que nous avons voulu retenir quelque chose du monde, et ne nous pas livrer entièrement aux maximes et aux pratiques des saintes maisons religieuses. Je ne sais point encore comment on fera le noviciat. Ne désirez aucune distinction, craignezles, parce que c'est votre perte. Cherchez Dieu, et le reste vous sera donnée mais cherchez-le dans la petitesse où il a voulu naître, et défiez-vous de ce qui est grand sous quelque prétexte que ce soit. Avancezvous dans le chemin que Dieu vous marque, et commencez entre lui et vous votre noviciat, en attendant que vous le fassiez dans les formes. Adieu, ma chère fille.

448«. —A MADAME DE RADOUAY.

06 1 CI* septembre 1692.

Plus vous vivrez et vous avancerez dans le chemin que vous avez pris, plus vous verrez la nécessité qu'il y a d'être conduite, conseillée, consolée, sou-

^ Saint Augustin.

* Lettres pieuses, p. 1590.

tenue, excitée. Nous avons trop de besoins pour nous passer de secours, et rien ne seroit plus contraire à cette enfance qu'on nous prêche tous les jours que de vouloir se suffire à soi-même. Si vous aviez écrit à M. Tiberge' les mêmes choses que vous m écrivez, vous auriez eu une réponse de lui qui auroit été une instruction pour tous les temps où vous vous trouverez dans les mêmes dispositions où vous êtes; elles n'ont rien de mauvais, madame, que rinquiétude que vous avez, un découragement involontaire qui ne vous empêche pas d'agir, et qui seulement vous abat et vous attriste : c'est un état de grand mérite. M. l'abbé de Fénelon nous a dit que les pas que Ton fait dans ces états sont des pas de géant. Nous ne saurions trop nous désabuser de la pensée que nous avons que nous déplaisons à Dieu quand nous ne sommes pas contents de nous ; nous voulons l'être pour notre repos et non pas pour lui plaire, car il est sûr que nous lui plaisons quand nous souffrons de bon cœur tout ce qu'il lui plaît de nous envoyer. Gomment pourriez-vous douter qu'un découragement qui ne nous fait rien négliger ne soit une épreuve de sa part et qu'il ne veuille, comme vous le mandez, faire mourir cet amour-propre ? En cet état vous renouvelez vos protestations et vos sacrifices, et quoi que vous fassiez avec langueur, croyez, madame, que vous le faites très-utilement. Ne sont-ce pas là d'admirables mortifications choisies par Notre-Seigneur lui-même? et ne voyez-vous pas que le désir que vous avez pour les autres est un effet de votre propre volonté? Vous êtes affUgée,

A MADAME DE RADOUAT (1692). 237

dites-vous, de ne pouvoir rien faire de vous-même pour rendre votre vie plus dure : c'est le plus grand bonheur qui vous puisse arriver de ne rien faire par vous. Ne seroit-ce pas un bon commencement de cet abandon auquel nous aspirons tous les jours que de nous laisser conduire comme des aveugles, sans savoir où l'on veut nous mener ni par quel chemin, prêtes à tout ce que l'on voudroit, et dans les dispositions de faire tout ou de ne rien faire que ce qui nous est marqué ? Je crois que cette soumission nous seroit meilleure que des mortifications. On vous en demandera peut-être quelque jour d'afiTreuses, acceptez-les par avance, mais ne veuillez pas tout faire à la fois ; il faut aller par degrés, et le seul que je vous souhaiterois présentement seroit celui d'une parfaite obéissance : elle est nécessaire à tous, mais elle vous l'est particulièrement -, elle fera votre repos et votre sûreté, et ce vous sera une pratique continuelle d'humilité et de renoncement à vos propres lumières 5 cela, joint à l'attention continuelle que je vous vois pour retenir votre humeur et votre esprit, sera , ce me semble, une mortification sufiSsante pour le temps présent. Vous ne savez point comment les saints se sont conduits à celles qui font le sujet de vos inquiétudes. Le chemin de Vobéissance vous facilitera encore plus celui de cette perfection qui vous fait tant d'envie , et à laquelle il faut aller pourtant avec plus de tranquillité.

H est vrai que je voudrois fort vous renvoyer à M. Tiberge 5 que, si vous voulez suivre mon conseil, vous consentiriez que Je lui donnasse votre lettre, ou

VOUS lui enverriez vous-mènte *, ce que vous dites de lui ne doit pas vous en empêcher ^ ce seroit une simpli* cité qui lui plairoit, parce qu'elle seroit agréable à Dieu \ si vous n'y avez pas de répugnance, pourquoi ne pas le faire ? si vous y en avez, pourquoi ne la pas vaincre ? Et ne sont-ce pas là des mortifications plus utiles que le jeûne ? Vous voyez^ ma très-chère, que si je vous renvoie à lui , ce n'est pas par paresse de vous répondre; je le ferai toujours quand je croirai vous être bonne à quelque chose.

Je prie Dieu de vous donner la paix, la joie et la simplicité ; il vous a déjà donné une bonne volonté, il achèvera son ouvrage ; mais soyez persuadée, sur l'expérience de ceux qui en savent plus que vous et qui désirent ardemment vos véritables avantages, que Tobéissance seule vous fera marcher avec sûreté et repos, et que ce que vous ferez par vous-même vous laissera toujours du trouble et de l'incertitude.

A Saint-Cyr, ce 9 septembre 1692.

Votre bon esprit vous a fait voir que lé Voyage de de M"' d'Hanovre * en Allemagne ne devoit pas

* Lettres édifiantes, t. lll, I. 186. — Lettres agréables, p. 1 103. -— Lettres à M^ de Br^on, p. 464.

* A la suite de Tairaire dont il a été question, p. 191, la duchesse de Hanovre avait résolu de se retirer en Allemagne. Elle était brouillée avec sa sœur, la princesse de Condé, à cause du mariage du duo du Maine, ayant eu Veapérance de donner Tune

être agréable au Roi, et qu'il ne seroit pas juste que ses bienfaits allassent chez ses ennemis. Je ne saurois croire qu'il fût bien difficile de remettre les deux princesses sœurs en commerce; mais il me semble qu'il n'est pas à propos d'en parler présentement. M. le Prince est à Chantilly *, nous nous en allons à Fontainebleau ; elles ne s'y verroient pas présentement, et c'est une affaire à travailler à notre retour. Il n'est pas besoin que je vous dise ce que je pense là-dessus, non plus qu'en toutes autres choses; vous me connaissez mieux que je ne me connois moi-même.

Je suis très - contente de M^^ la duchesse du Maine; elle a de l'esprit, et, si elle exécute ce qu'elle propose , elle vaudra mieux dans sa petite personne que toutes les autres ensemble^; vous savez que ce n'est pas leurs soins, leurs déférences et leurs ménagements que je demande, c'est le bien uniquement que je cherche ; je voudrois qu'elle fût agréable à Dieu, au Roi, à son mari et aux honnêtes gens ; tout cela ne se fait pas sans le vouloir et sans se contraindre. Adieu , madame ; faites prier Dieu pour moi, je vous en prie, et pour l'établissement solide de cette maison.

de ses filles à ce prince (voir Saint-Simon, 1. 1, p. 65). Le rot lui retira la pension qu'il lui donnait.

^ M*^ de MaiotenoQ ne garda pas longtemps cette bonne opinion sur la duchesse du Maine. Voir la lettre du 27 août 1093.

Septembre 1692.

Ma chère fille, je suis remplie d'espérance pour vous et pour toutes nos sœurs-, Dieu nous conduit, et tirera sa gloire de tout. J'attends avec impatience des nouvelles de Rome ^, et , quelques peines que je prévoie pendant le noviciat, je ne puis m'empêcher de le désirer, puisque c'est le moyen qui doit nous conduire à la fin que nous avons dû nous proposer. Au reste, on me demande trois Dames de Saint-Louis pour aller faire un établissement auprès de Poitiers, dans une très-belle maison; sachez, je vous prie, à la première récréation, quelles sont celles qui voudroient y aller •, elles pourront revenir quand elles auront fait des professes ^. Dites aussi à M"* de Fontaines qu'on me fait espérer quelques places dans un couvent où les reUgieuses ne portent pour dot que cent écus, payés une fois.

Il me semble que voilà d'assez bonnes nouvelles ; en voici une qui les vaut bien : M. le njaréchal de Lorges a battu les ennemis en Allemagne * 5 on a pris celui qui commandoit *, il y a eu beaucoup de gens de tués et encore plus de prisonniers, et tout cela ne nous a coûté que huit hommes. Le Roi est en parfaite *santé, votre très-humble servante aussi. MiUe ami-

* Lettres édifiantes, t. III , p. 140.— Lettres agréables,

* Pour la transformation de la maison de Saint-Louis en monastère.

3 Ce projet ne fut pas exécuté.

* C'est le combat de Heideshelm, qui n*eut aucun résultat.

A MADAME DE RADOCAY (1692). 24t

liés à nos chères Dames, s'il vous plait, et surtout à celle qui est à leur tête.

154 ». -. A MADAME DE RADOUAY.

A Fontainebleau, ce 8 octobre 1692.

Si vous aviez voulu me chercher aujourd'hui, je vous aurois vue avec plaisir, quoique je fusse enfermée pour ma retraite ^ mais , préférablement à tout, je crois me devoir aux Dames de Saint-Louis. Si j'avois pu prévoir les bonnes nouvelles que vous aviez à me dire, je n'aurois pu m'empêcher de vous voir. Dieu soit loué, madame, de ce que vous avancez dans la simplicité, de ce que votre courage l'emporte sur vos répugnances ; vous ne ferez pas beaucoup de ces choses-là sans vous en sentir une joie et une paix au fond du cœur que tout votre esprit ne vous auroit jamais donnée. Que vous êtes heureuse d'attaquer sitôt cette idole que vous vouliez élever ! vous l'abattrez plus facilement que ceux qui ont employé une longue vie à se tromper. Vous avez envoyé votre livre à M. Tiberge, j'en suis ravie 5 il n'en rira point, mais il s'en réjouira. Ne vous mettez point dans la tête qu'il faut dire de grandes choses : qu'est-ce que vous direz, et qu'importe quoi , pourvu que vous plaisiez à Dieu, qui ne veut que l'amour et la bonne volonté. Je suis ravie de ce que vous me mandez que vous êtes dans un état où vous n'auriez pu vous supporter autrefois ] je me suis souvenue

* Lettres édifiantes, t. 11. — Lettres pieuses, p. 1693. 1. 21

là-dessus d'une phrase de M. Fabbé de Fénelon, qui dit qu'il faut mettre la tète où Ton avoit les pieds : voilà donc à peu près où vous en êtes ; celui qui VOUS conduit achèvera son ouvrage, et vous irez vite si vous vous laissez conduire* Moins vous raisonnerezy plus vous avancerez -, obéissez, devenez enfant, ne vous inquiétez point , faites votre règle et votre charge de bonne foi, mettez toute votre confiance en Dieu, ne faites rien pour vous, et tout vous tournera à profit : ce ne seroit pas à moi à vous parler ce langage, mais vous le voulez. Je vous embrasse, ma très-chère fille , et ne puis vous dire combien Je suis sensible à votre bonheur.

A Fontainebleaa, ce 10 octobre 1692.

Je ne me souviens pas d'avoir rien pensé sur la différente perfection qu'il faut mettre entre les vœux simples et les vœux solennels; je crois que ces derniers engagent davantage , ou pour mieux dire , selon la loi, ils engagent tout à fait, et que c'est être morte au monde-, mais devant Dieu, les autres n'engagent pas moins, à ce que Von prétend. Il faut donc, pour demeurer dans l'état où vous êtes, et pour passer à celui qui vous a été proposé, être véritablement à Dieu sans aucune réserve. Si vous sentez encore des réserves, vous ne serez point une bonne religieuse.

* Lettres édifiantes y t. HI, 1. 146.— Lettres pieuses ^ p. 1656. « Elle balançait sur le nouveau noviciat qu'il fallait faire.

A MADAME m BERVAL (1692). S43

Examinez-vous bien devant Dieu là-dessus : êtesvous prête à tout ? voulez-vous être véritablement pauvre , non-seuletnent pour n*avoir rien à vous, mais jusqu'à manquer du nécessaire? jusqu'à souffrir dans votre personne ? jusqu'à être déguenillée et d'une manière humiliante? Voulez- vous être obéissante jusque dans le fond du cœur, soumettant votre volonté , votre opinion , vous persuadant que vos supérieurs ont raison ? Êtes-vous prête à passer des charges les plus considérables aux dernières de la maison ? d'y être en seconde, en troisième, en quatrième? de vous y soumettre aux premières maltresses, et de vous y soumettre sincèrement, et non pas en vous réservant la liberté et le plaisir de juger d'elles intérieurement et de les regarder du haut en bas? Êtes-vous chaste jusqu'à vouloir vivre mortifiée, éloignée de tout plaisir, ne prenant que celui d'une récréation simple et innocente, renonçant à cette sensibilité pour l'esprit, à cette envie d'en avoir, d'en montrer, d'en trouver dans les autres, à la vanité d'éloquence, à cette curiosité d'entendre ceux qui parlent bien, parce qu'ils divertissent votre esprit, et touchent un goût qu'il faut amortir bien loin de l'exciter, ni même de le nourrir ? Serez-vous docile à vous laisser conduire comme un enfant dans les affaires de votre conscience? Serez-vous simple et pure dans vos intentions à ne rechercher que Dieu, et par les voies les plus communes et les plus humbles? Goûterez-vous cette piété qui sera, s'il plaît à Dieu, chez vous éloignée de toutes singularités, élévations, raffinements, et qui ne tendra qu'à

l'abaissement et au renoncement? Ëtes-vous prête d'entrer dans les plus petites pratiques des plus simples religieuses? mais je dis à y entrer de bonne foi, et non pas en bel esprit qui se relève d'autant plus qu'on veut l'abaisser au dehors. Si dans ce que je viens de vous dire, vous ne sentez point de révoltes que vous ne soyez résolue de vaincre, entrez au noviciat, mais n'y entrez pas lâchement en disant : Dieu me donnera les grâces qui me sont nécessaires ] il vaudroit mieux attendre, dans l'état où vous êtes, que vous fussiez touchée, et que vous eussiez cette bonne volonté qui fait passer par dessus tout, et se jeter les yeux bandés entre les mains de ceux qui nous conduisent. Yoilà, ma chère fille, ce que je pense sur la perfection qu'on vous demandera, et que j'ai toujours demandée à Dieu pour vous ; je le prie de vous bien inspirer, et de ne pas permettre que vous agissiez par la prudence humaine qui vous trompera toujours.

 Fontainebleau, ce 10 octobre 1692.

Demandez bien à Dieu, ma chère fille, la souplesse entre les mains de vos supérieurs ] je vous crois assez forte pour ne vous pas ménager et pour faire des épreuves sur vous ; préparez-vous-y de bon cœur, et sanctifiez tout ce que vous pourriez vouloir par

* Lettres pieuses,^, 1669.

raison, par complaisance, par élévation de cœur et même par amitié \ rien ne sera récompensé que ce qui se fera pour Dieu, et nul autre que lui ne mérite d'être compté. Demandez avec instance l'amour de votre institut, mais non pas seulement dans ce qu'il y a de grand -, aimez les peines, les fatigues, les dégoûts de votre quatrième vœu-, pesez-en toutes les paroles devant Dieu, et venez au sortir de votre retraite, toute ardente pour la pratique, et toute soumise pour les moyens, venez être une excellente subalterne qui serve de modèle aux autres, et qui nous mette en état d'établir les classes : nous entrerons par là dans la fin pour laquelle tout ceci est fait. Demandez, et demandez sans cesse les grâces dont vous avez besoin pour remplir les desseins de Dieu qui vous seront manifestés par vos supérieurs -, priez pour moi, ma chère tille, qui suis toujours confuse du personnage que je fais avec vous.

SUPBRIEUaB.

12 octobre 1692.

Je vous assure , madame , que je me porte fort bien, et je vous prie de m'en croire-, la flatterie qui m'environne fait que mes maux sont grands quand ils sont petits , peut-être qu'on voudra les diminuer quand ils seront grands en effet ; car la vérité n'ap-

* Lettres édifiantes, t. HI, p. 128. -- Lettres agréables, p. 1001.

346 LETTRES HISTÛRIQLXS KT KUIFIANTES.

proche pi'esque jamais des personnes en considé* ration.

Je suis bien contente du compte que vous me rendez de votre santé ; je vous aimerai trop , ma chère fille , si vous devenez simple et cordiale. Â propos de cordialité, lisez et relisez les lettres de saint François de Sales; j'avois toujours passé celles qu'il écrit aux religieuses; mais, depuis que je suis supérieure, je me suis mise à les lire; elles vous peuvent être fort utiles. Instruisez-vous sans cesse , et ne dites point que vous n'en aurez plus de besoin, au moins comme gouvernant les autres ; car vous gouvernerez toujours, et je ne vois point de charges à Saint-Cyr qui ne demandent de savoir gouverner. Vous avez donc la goutte? C'est être bien avancée dans la vieillesse, et un peu trop pour une novice *. Au reste,nos nouvelles de Rome arriveront bientôt : M. le cardinal de Janson me mande qu'on lui fait espérer au premier jour nos expéditions^.

On a raison à Saint-Cyr de croire que les lettres que j'en reçois ne m'importunent pas. Non, mes chères filles, vous ne m'importunez pas ; vous pouvez bien me fâcher, m'afiliger, m'impatienter , parce que je suis faible, sensible et impatiente, mais vous ne pouvez ni m'être à charge ni me rebuter. On dit que les nourrices aiment plus tendrement les enfants qui leur ont donné le plus de peine ; j'ai ce sentiment pour vous toutes, et je n'ai jamais eu

' Elle allait entrer dans le nouveau noviciat. * L'expédition des bulles du pape qui devaient changer la maison eu inouaàtèie.

A MADAME Dfe BRINON (1692). 247

tant de peine à supporter votre absence que j'en ai présentement.

Laissez 'VOUS gouverner encore par M"* de Bulei7*, je vous en prie-, ne craignez point les relâchements que vous prenez par obéissance, ils ne vous feront point de mal ^ aidez bien la foiblesse de vos deux anciennes malades : elles ne peuvent entrer au noviciat qu'elles ne soient en bonne santé. Je suis ravie de ce que vous me mandez , et que vous vous croyiez obligée jusqu'au dernier jour de gouverner vos filles 5 toutes les marques de droiture que je vois en vous me font un sensible plaisir. Il viendra un jour, que j'espère, que vous m'en ferez sur tout, et que je n'aurai plus qu'à penser à moi, que j'abandonne souvent pour vous, quoique mes besoins soient plus grands que les vôtres. Gomment se porte M™* de Monfort ?

A Fontainebleau, 14 octobre 1692.

Puisque vous voulez bien que je me serve d'une autre main que la mienne, je vous écrirai un peu plus souvent. Si vous voyiez de près toutes les écri* tures inévitables que j'ai à faire, je suis assurée que vous m'excuseriez '. Saint-Cyr prend tout mon

^ Infirmière.

^Lettres édifiantes, t. HI, I. 147. — Lettres à M"^ de Brinon, p. 464.

' Il est en effet difficile d'imaginer comment M'"^ de Maintenon trouvait le temps d'écrire toutes ses lettres. Plus de la moitié a

temps, et les affaires n'y ont jamais été plus vives qu'elles sont présentement ; ce n'est point par oubli que vous ne recevez point de mes lettres, et je vous assure que l'inquiétude que vous me témoignâtes dans votre cabinet ne vous a rendu qu'un bon ofiSce auprès de celui qui en est la cause. Toutes nos victoires me font d'autant plus de plaisir qu'elles ne changent point le cœur du Roi sur ses bonnes intentions pour la paix ; il connoit la misère de ses peuples ; rien ne lui est caché là-dessus *, on cherche tous les moyens de la soulager, et il n'y a qu'à désirer que Dieu éclaire nos ennemis sur la folle assurance qu'ils ont d'abattre la France •, on les battra partout, Dieu est pour nous, c'est la cause de Dieu que le Roi défend ^ Vous seriez bien contente si vous voyiez la modération du Roi, et combien il est persuadé que les avantages qu'il remporte viennent de Dieu.

Je prie M"*" Trioche ^ de redoubler ses instances pour la paix, car je vous avoue que je n'aime nos avantages que dans cette vue -là. Je vous plains d'avoir perdu un aussi agréable commerce que celui de M"® la duchesse de Brunswick , mais il faut vous

été perdue ou détruite ; et nous sommes loin d'insérer tout ce que les Dames de Saint-Louis avaient conservé.

^ La guerre de la ligue d'Augsbourg ayant eu pour causes principales la révocation de Tédit de Nantes et la révolution d'Angleterre de 1688, était autant religieuse que politique : c'était la lutte du principe catholique, de la monarchie absolue et de droit divin représentés par Louis XIV, contre le principe protestant, la monarchie constitutionnelle et de droit populaire représentés par Guillaume d'Orange.

> C'était une dame très-pieuse retirée à Maubulsson.

A MADAME DE VANGY (1692).' 249

consoler par les espérances de rétablissement de mesdames ses filles ^ Je siiis toujours très-contente de M°® la duchesse du Maine, et toute prête à vous mener monsieur son mari quand je serai à Versailles. Adieu, ma très-chère, je ne puis changer pour vous : vous m'offensez d'en douter, et mes amis doivent m'excuser quand je ne leur donne pas un temps qui n'est plus à moi. Je parlai Fautre jour un quart d'heure à mon frère-, il y a plus de trois ans que cela ne m'étoit arrivé. Je vous conjure de faire prier vos bonnes mères pour ce que je vais faire à Saint -Cyr^; vous en connoissez la conséquence mieux que personne. Oserois-je assurer ici votre princesse de mes très-humbles respects ?

A Fontainebleau, 18 octobre 1602.

Je suis ravie de ce que votre santé devient meilleure : rien n'y contribuera tant que le repos de votre esprit. Il faut que l'activité qui vous est naturelle soit arrêtée par la soumission -, cette conduite est, je crois, la plus sûre pour tout le monde, mais elle vous est particulièrement nécessaire. Ce n'est point à moi à vous permettre des mortifications, et

^ Elle était allée en Allemagne, et y maria en effet ses deux filles. Tune au dac de Modène, l'autre au fils aîné de l'empereur Léopold, qui devint Tempereur Joseph I*^''.

^ Le changement de la maison en monastère.

' Lettres édifiantes, t. HI, 1. i 49. — Lettres pieuses, p. 1 502.

ce n'est point à vous à juger si elles vous sont utiles. N'avez-vous point dit à votre confesseur que vous vouliez obéir en tout sans nulle réserve? Qu'avezvous à faire après cela? quà vous tenir en paix, attendant tout de lui, et le faisant comme un enfant. Qui vous a dit que vous avez besoin d'être poussée et mortifiée ? Est-ce à vous de juger de vous? Et ne voyez-vous pas que c'est le moyen de faire toujours sa volonté et d'être dans une agitation continuelle ? car qui vous assurera que vous en faites assez et que vous vous imposez la juste mesure de pénitence que vous devez ? Pourquoi faut-il que vous sachiez si vous faites quelques pas? Laissez -vous mener comme les aveugles, vous en avez plus besoin qu'eux ; leur chute ne seroit dangereuse que pour leur corps, les vôtres regardent votre âme : chargez-en quelqu'un, et ne pensez qu'à obéir et à éviter le péché. Vous devriez vous interdire tout raisonnement sur vous-même comme une tentation -, comptez que vous ne serez bonne à rien que vous n'ayez renoncé à votre esprit. A quoi vous servent donc toutes ces instructions qui vous charment , si vous ne vous les appliquez-pas? Combien les écrits de M. Tabbé de Fénelon, que vous aimez tant, vous prêchent-ils l'enfance, la petitesse, la pure foi! Qu'est-ce que cela, si ce n'est de marcher sans savoir où l'on vous mène? Si vous manquiez de confiance en M"® de Loubert, je vous pardonnerois de n'avoir pu vous adresser à elle pour les mortifications que vous me demandez , j 'entrerois de bon cœur dans la tolérance de vos supérieurs, qui vous permettent de

A MADAME DE VANGY (1692). 251

choisir entre elle et moi ^ mais que vous me disiez que vous n'êtes point assez parfaite dans vos devoirs pour vouloir les choses de surérogation , est un raisonnement et un jugement si opposés a la simplicité , que je ne puis vous le pardonner. Encore une fois, vous copiez et vous apprenez par cœur les traités et les conférences qu'on vous fait : je vous ai vue enthousiasmée de la dernière que M. le curé fit sur cette matière ; comment entendez-vous donc celte définition qu'il vous fit de la simplicité) qui est de n'avoir qu'une intention et de ne regarder que Dieu dans tout ce qu'on fait? Si^ en demandant une permission à votre supérieure, vous ne regardiez que Dieu dans l'accomplissement de votre vœu d'obéissance, laisse* riez-vous à votre esprit la liberté de se promener sur ce qu'elle pensera? Non -seulement vous raisonnez, mais votre conduite est réglée sur ce raisonnement , et vous vous adressez à un autre. En vérité, mes enfants , je ne comprends rien à votre piété ] tout est inutile dans vos mains, et il semble que toutes les instructions qu'on vous fait ne sont que pour vous divertir, pour exciter votre mémoire et votre discernement, qui ne manque pas aussi d'en dire son avis avec plus de décision que ne pourroient faire les plus habiles gens. C'est peut-être cette liberté d'en parler et cette curiosité d'en entendre que Dieu punit par le peu de profit que vous en tirez. Mais il ne faut pas que j'entame ce chapitre, ma lettre n'est déjà que trop longue ^ auriez-vous cru vous en attirer une pareille par celle que vous

m'avez écrite? Je ne m'en repens pourtant points et, tant qu'on voudra que je vous parle, je le ferai dans une entière liberté. Adieu, ma chère 5 mille amitiés à M"*' de Villeneuve-, je me porte bien : assurez-en la communauté, s'il vous plait.

i57>. — A MADAME DE SAINT-AUBIN.

Ce 20 octobre 1692.

Quand vous auriez eu le temps de m'écrire et que VOUS ne l'auriez pas fait , je le trouverois parfaitement bon, car je ne veux jamais vous contraindre pour ce qui me regarde *, je sais vos embarras et avec quel courage vous travaillez : le maître que vous servez le mérite bien ; cependant n'en faites pas trop , je vous en conjure -, vous êtes , grâce à Dieu , de celles qu'il faut retenir. Je suis ravie de vous savoir en paix : c'est le moyen d'avancer; vous l'avez trouvée, dites-vous, en vous soumettant; elle augmentera à proportion que l'humilité l'établira en vous. Je ne prends pas pour un compliment ce que vous me dites de la peine que vous avez de celle que votre maison me donne ; vous n'en avez que trop , et ce ménagement que votre amitié vous donne pour moi est très-sensible chez vous : c'est ce qui fait qu'on me cache tout, et qu'on est bien plus occupé de me rapaiser quand on me croit fâchée qu'on ne l'est de se corriger. Trouvez bon que je

* Lettres édifiantes, U ÎIÏ. — Lettres pieuses, p. 1645*

VOUS dise que je dois tout savoir, et que vous êtes bien jeunes pour juger si les choses en valent la peine, si je pourrois y remédier ou si elles sont de conséquence pour l'avenir. J'ai plus d'expérience que. vous et d'aussi bonnes intentions ; cependant je ne vois que des fautes dans tout ce que j'ai fait jusqu'à cette heure chez vous, et je serois incapable d'y remédier par moi-même ; mais j'espère que Dieu m'assistera et me donnera de bons conseils. Je vous conjure de me mander libretnent ce que vous savez sur la désunion que vous craignez * ; il n'y a rien de plus important , et voici le temps où il est le plus nécessaire que je sois bien instruite. Il est question d'établir votre maison, et je ne crains point de vous dire (car vous êtes assez forte pour le porter) que tout ce que nous avons fait jusqu'à cette heure n'est rien. Il faut reprendre votre établissement par le fondement et l'établir sur l'humilité et la simplicité ; il faut renoncer à cet air de grandeur, de hauteur, de fierté , de suflîsance ^ il faut renoncer à ce goût de l'esprit , à cette délicatesse , à cette liberté de parler, à ces murmures et ces manières de railleries toutes mondaines , et enfin à la plupart des choses que nous faisions, et auxquelles j'ai plus de part que personne^. Vous avez raison de dire que j'ai besoin de patience , et vous ne savez que trop que je n'en

* « C'étoient les dames quiétisles , qui montroient ep toute occasion un grand mépris pour les autres. > (Note des Lettres édifiantes,)

* Voir dans les Lettres sur V éducation, p. 76, la belle lettre écrite sur le même sujet à M""^ de Fontaines.

254 L^TfWS Hi^TpaïQDBS ET ipiFIANTES.

ai point : demandez-la a Dieu pour moi , je ypus ei) conjure^ il est bon et juste que je soufre ^ et quel mérite aurois-je à Saint-Cyr, si je n'y trouyois que des consolations? Oqi, ma chère fille, il faut prendre tout ce qui vient de la part de Dieu j vous me faites plaisir de me le dire , et je ne mettrai point cela au rang des fautes. Je ne ferai rien paroitre de ce que vous faites entrevoir ^^r la désui^iop. Expliquez-vous en tpute liberf^é ; j'pspère que je ne gâterai rien^ il ne faudra pas se presser d'en parler. Vous avez raison de dire qu'il faut du temps pour détruire Torgueil \ il suffit que nouç y traviaillionç simultanément, et nous deyons avoir une grande patience.

Parlez peu aux demoiselles, ne les reg^dez guère , ne les louez^ point , accoutumez-les au travail et au silence. Je répété toujours cet article; il est vrai que je crois qu'il n'y a rien de plus pressé présentement a Saint-Cyr que ^ pratique du silence.

1391.^ A MADEMOISELLE D'ÀUBIGNË.

Octobre 1692.

M"* la supérieure n'a donc rien de caché pour vous, ma chère nièce, puisqu'elle vous a confié ce qu'il y a de plus secret et de plus important dans la maison ^. Je ne suis pas étonnée que vous Tayez été

1 Lettres agréables, p. 1004. — Lettres édifiantes, t. UI, 1. 129.

* La transformation de I9 maison de Saint-Louis en monastère.

À âlADAllB DB BUTeRT (1693). 2ô5

de voir les Dtttfied ré^luë^ de recommencer un noviciat ; mais Vèiis êtes si profonde sur ce qui regarde là piété, que Vous comprendrez bien que cette humilité avancera beaucoup leur perfection. Adieu, iùfk cbërè nièce, le né me suis jamais tant ennuyée que je le suis de n'être pàs à Saint-Cyr : vous ayez Votre part i rimpatiencé que j'ai de m'y revoir.

i60«. — A MADAME DE BUTERY.

Octobre 1692.

Je voudrois bien que Nanon'^ apprît à M°** de Loubert à être aussi à son aise dans son bain que j'y suis , car le plus qu'elle y pourra demeurer sera le meilleur, et elle peut y faire tout ce qu elle feroit ailleurs. Je suis ravie qu'elle comprenne qu'elle a mal édifié M. Fâgon et qu'elle soit bussi docile qu'on rtie le mandé. Il y a toujours à reprendre en ilôtis : les uns sont trop durs, les autres trop mous ; l'une ne veut pas se baigner quand le médecin l'ordonne, l'autre voudroît qu'il lui ordonnât 5 l'une abandonne trop sa santé , l'autre en est trop peu occupée^ peu prennent le milieu, qui est la perfection -, le meilleur moyen pour là trouver est dé tout abandonner à Dieii pour lé succès, et de tout faire par obéissance^ ainsi, soit qu'on guérisse ou qu'on

* Lettrés pieuses, p. 1468.

' Nanon Bâlbten , femme de chambre de M*"^ de MainteDon, aidait stiOTètit à Tinfirmiére ( M™« de Buiery) quand rînûrmeri» avait trop de malades.

ne guérisse pas, on a le mérite du sacrifice et de Fobéissance. C'est une vertu que je prêche toujours : vous croyez peut-être que c'est parce que je fais le personnage de supérieure ; mais je n'aurois plus rien à dire ni à désirer, et ne verrois à mon retour que des saintes. On me mande que la retraite a tout perfectionné; vous ne doutez pas que je n'en sois bien aise , et que Tenvie de vous revoir n'en soit redoublée.

Octobre 1692.

Nos enfants sont trop heureux dé mourir de bonne heure ^; mais il ne faut rien oublier pour qu'ils meurent dans la grâce de Dieu : voilà une des grandes obligations de la maîtresse générale.

Je voudrois bien parler à ma sœur de La Combe' avant qu'elle fit sa donation : j'aimerois bien vous voir rendre de l'argent sans aucune peine.

Vous ne devez jamais cesser de prier pour le Roi: il y a plusieurs religieuses qui passent leur vie à demander sa sainteté : que ne doivent pas faire celles qu'il aime si particulièrement !

Adieu, ma chère fille-, reposez-vous, je vous en

* Lettres agréables, p. 1017.

* Il y avait une grande morlalité de petite vérole à Saint-Cyr. ' La Combe de Faure. « G^étoit une novice à qui ses parenb

avoient envoyé de quoi payer sa dot dans un autre couvent, où «elle avoit dessein d'aller avant que de s'être déterminée pour nous, a Elle fit profession le d décembre 1694.

prie, et soyez un exemple non de rigueur, mais de vertu, qui évite toutes les extrémités.

Novice à Pabbaye de Beaumoni-lès-Toars.

De Fontainebleau, octobre 1692.

C'est une très-bonne nouvelle pour moi d'apprendre que vous avez pris Vhabit-, et comme on ne vous l'a pas fait attendre longtemps, je juge que Ton est content de vous, et que la bonté de M""® votre abbesse pour moi n'aura rien avancé dans cette occasion pour me faire plaisir. Rendez-vous de jour en jour plus digne de votre bonheur -, n'oubliez jamais l'éducation que vous avez reçue à Saint-Cyr ^ priez tous les jours pour le Roi, qui vous l'a procurée. Attachez-vous aux plus régulières de la maison où vous êtes, car il y en a partout qui le sont plus ou moins, et rien n'est si fort en bien et en mal que l'exemple. Toutes vos compagnes se donnent à Dieu ; M""* de Fontaines vous en fera le détail , et je suis persuadée que vous y prendrez toujours quelque intérêt-, croyez, ma chère enfant, que les vôtres ne me seront jamais indifférents , et que je vous en donnerai toutes les marques qui me seront possibles. Je vous prie de faire mes très-humbles compliments à M"* de Mortemart ^ je la supplie d'avoir de la bonté pour vous.

* lettres édifiantes, t. 111, I. 145.

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