‹ Lettres historiques et édifiantesChapitre 17 sur 30 · A LA MÈRE PRIOLO · texte numérisé non relu

A LA MÈRE PRIOLO

supérieure de U Visitation de Chaillot.

Ce 25 octobre 1692.

Mft très-révérènde mère, c'est assez que vous connoissiez Fintérèt dé Id gloire dé Dieu , dans Taffaire qui vous a été proposée*, les raisons personnelles que vous me mandez sont convenables à votre vertu, mais j'ose vous dire que vous n'êtes pas croyable sur ce chapitre, et qu'elles ne font qu'augmenter le désir que j'ai de vous voir à Saint-Cyr. Le Roi le désire, et M«' l'archevêque vous l'ordonne; après cela, je ne mérite pas d*être considérée , et mon personnage sera de vous recevoir de tout mon cœur et d'adoucir le plus qu'il me sera possible les peines que nous vous donnerons.

La reine d'Angleterre ' fut effrayée de ma proposition , mais elle se rendit , et oublia son intérêt dès qu'elle eut compris les grands biens que vous pouvez faire en formant à la religion celles qui doivent soutenir un si grand et si saint établissement.

* Lettres édifiantes, t. III, 1. 151. — Mémoires dei Dûmes de Saint-Cyr, ch. xxii.

* Françoise-Angélique Priolo, supérieure de la Visitation de Sainte- Marie de Chailiot , fut sollicitée par Louis XIV et ]»>"« de Maintenon de venir à Saint-Cyr pour former les Dames de Saint- Louis à la vie religieuse, exercer la supériorité pendant qu'elles renouvelleraient leur noviciat, enûn opérer la transformation de la maison de Saint-Louis en couvent régulier. Elle refusa d'abord, et fut enfin nommée supérieure par commission de Tévéque dé Chartres, le l«' décembre 1692; elle exerça cette charge jusqu'au 7 janvier 1694, et s'en retourna dans ion eeuvent.

' Elle demeurait souvent à GhalUot.

AUX RËLiGlBUSES DE LA VISITATION (1692). 250

N*y mettez plus d^obstacles, et ne troublez point la joie que vou^ allez nous donner, en nous montrant une si grande répugnance. J*aurois bien envie de vous en aller conjurer moi-même, mais ma Visité fé- ^oit peut-être trop d'éclat 5 et si cette nouvelle est sué à Chaillot , je craindrois d'y être mal reçue. Si vous eti jugez autrement, ma révérende mère, je serois ravie de vous aller assurer que je suis avec toute Testime que vous méritez, ma très-révérende mère, vottè très-humble, etc.

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