AU NOVICIAT
9 mai 1694«
Je ne suis point contente, mes chères enfants, de notre entretien d'aujourd'hui; vos questions et mes réponses étaient inutiles ; ce ne sera pas par la que vous apprendrez à bien conduire les classes, mais par une obéissance entière pour celles qui seront au-dessus de vous. Soyez humbles et simples, et vous serez excellentes maltresses j ne prétendez rien faire par force d'esprit et de raisonnement -, lisez l'Esprit de votre Institut qui vous dit qu'il faut montrer l'exemple d'une vie humble, laborieuse, frugale et silencieuse. Défiez -vous de la coutume que vous avez prise aux classes, de beaucoup discourir, de faire beaucoup de questions et de difficultés ; il faut détruire ce mal dans les demoiselles ; à plus forte raison dans les religieuses qui doivent mourir à toute curiosité et habileté. L'esprit de Dieu vous enseigne toutes choses; pratiquez tout ce que vous savez j
* Avis aux religieuses de Saint Louis, p. 177.
unissez-vous à notre Seigneur, dans le recueillement et le silence -, il vous apprendra mieux que nous à gouverner les demoiselles 5 elles le saven tbien, quand leurs maîtresses ne sont qu'un cœur et qu'une âme et qu'elles leur donnent des exemples de toutes sortes de vertus -, il n'y a ni esprit, ni éloquence qui persuade si sûrement -, vous êtes bien jeunes et vous l'avez pourtant déjà expérimenté. J'espère vous revoir bientôt, et que notre entrevue sera, s*il plaît à Dieu, plus utile.