‹ Lettres historiques et édifiantesChapitre 24 sur 30 · A M. L'ABBÉ DE BRISACIER · texte numérisé non relu

A M. L'ABBÉ DE BRISACIER

Septembre 1694.

La mère des demoiselles de... ^, monsieur, a eu la tète tranchée, et je me reprocherai toujours de n'avoir pas suivi cette affaire avec un soin qui auroit

* Lettres édifiantes, t. IV, 1. 43. — Lettres utiles et agréables y p. 1039. — Mémoires de Languet de Gergy.

* M.deBrifiacierétait directeur des deux demoiselles dont il va être question.

* D'Anglebelmer de Lagny. Le père de ces demoiselles était un officier français, qui avait épousé une demoiselle d^Arl^el, d'une famille souveraine de Hollande, et toute dévouée à la maison d'Orange. Il fut tué dans la guerre de la ligue d'Augsl>ourg, et ses deux filles ainées furent placées à Salnt-Cyr par la Tolonté du Roi, non pas probablement à cause de leur pauvreté» car leur mère avait de grands biens , mais pour qu'elles reçussent une éducation française. En 1694, Tune d'elles était au noviciat comme postulante pour être Dame de Saint-Louis, et Tautre, qui était demoiselle du ruban noir , demandait à y entrer. A cette époque, leur mère demeurait à Mons, qui avait été conquise par Louis XIV, et qui était la clef des Pays-Bas. Elle forma le complot de livrer cette ville aux troupes de Guillaume d'Orange, et peu s'en fallut qu'elle n'y réussît, ^ais le projet fut éventé, la dame arrêtée, mise en jugenient, convaincue de son crime et condamnée à mort. M"^« de Maintenon demanda au Roi sa grâce et l'obtint. Mais les ennemis de M°>® d'Anglebelmer, dit une note des manuscrits qui nous fournissent ces détails, pressèrent l'exé* cution de telle sorte que la grâce arriva trop tard : elle eut la tête tranchée. Cette triste aventure fit douter dans la communauté si Ton devait recevoir au noviciat les deux filles, à cause, disait-on, de la tache qui rejaillissait sur les enfants de la trahison et du supplice de leur mère ; et il paraît que Tévéque de Chartres et les directeurs spirituels de la maison étaient d'avis de les renvoyer. M«« de Maintenon, qui avait été désolée de cette catastrophe, fut consultée et priée de demander au Roi ce qu'il y avait à faire, et elle écrivit à ce sujet la lettre que nons insérons sous

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