QUESTION
Dans le même temps qu'elle veut absolument un secours extraordinaire , elle va trouver M. de Brizacier et fait entre ses mains un vœu de faire toujours ce que dans sa conscience elle croira le plus parfait. Ce vœu est pour un an ^ elle m'en a envoyé la formule. Je lui ai répondu qu'elle était en sûreté, faisant ce qu'elle fait avec M. de Brizacîer. Cependant, monsieur, je ne lui aurois pas donné cette permission 5 c'est une fille qui veut se distinguer, qui n'est nullement capable de démêler ce qui est plus parfait et qui mettra un de ces jours la perfection à nous contredire , si nous lui paroissons trop indulgentes 5 elle a de la vertu , mais l'esprit n'est pas droit.
RÉPONSE
Vous avez fait , madame , selon votre sagesse ordinaire, parce que vous ne vous regardez pas tout au-dessus de M*"^ de Yeilhan dans la conduite spirituelle de cette âme^ mais moi qui , tout indigne que je suis, me trouve chargé de Saint-Cyr comme le premier pasteur, je la dispense de ce vœu qui ne tend point à un plus grand bien , mais à de grands inconvénients : ce vœu est réservé aux sainte Thérèse. « Le démon, dit saint Jean Climaque, porte souvent des âmes foibles et superbes à entreprendre au-dessus de leurs forces , afin que , tombant dans la tiédeur et le découragement pour n'avoir pas exécuté leurs entreprises, elles négligent les choses proportionnées j. k%
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à leurs forces et à leur état. » Si elle n'est pas capable^ madame, d'entrer dans la dispense que je lui donne par son entêtement , ou s'il y a de Tinconvénient par rapport à M. de Brizacier que je crois néanmoins assez sage pour approuver sans peine ce que j'aurois décidé , il faut lui défendre , madame , de faire ce qu'elle jugera en sa conscience , être le plus parfait, et lui prescrire de ne rien faire jamais hors la règle que ce que vous ou la supérieure jugerez de plus parfait pour elle , car le plus parfait sera incontestablement ce que les supérieures lui prescriront et non ce qu'elle jugera , sinon elle mettra sa [Perfection a vous contredire, comme vous l'avez bien remarqué. Il seroit plus parfait de ne pas aller à M. de Brizacier et de se contenter des secours ordinaires de la maison; il seroit plus parfait, s'il faut consulter ce pieux abbé , de ne pas consulter en même temps M. N***. Vos filles ont fdit quatre vœux solennels ; il n'en faut jamais fifotiffrir d'autres *, pour moi, je n'en permettrai jamais aucun à celles de vos filles qui seroient tnéine dent coudées âu-déssus de ma sœur de Veilhati.
DEMANDE
C'est elle qui Veut indulgence sur indulgence, qui demande des prières à tout le monde, et qui désobéiroit de tout son cœur pouf se procurer quelques-uns de ces secours. Notre mère lui a défendu de demander les prières de personne, voulant arrêter cette disposition qu'elle a aux singularités et aux extrémités.
A HABAME Dy HmV (t69?). 495