Archiv;. réray-Bugeaud d'Isly
Il n'est pas moins certain qu'il est trop tard pour l'enseigner et pour l'apprendre au momeni du danj^er, et qu'alors, dans cette guerre de dispersion, toute la science qui réside dans le chef ne sert pas à grand'chose. L'action s'exerce par une foule de détachements qui ne sont que rarement en rapport avec le commandant en chef.
Le courage, l'intelligence individuelle jouent dans ce genre de guerre le plus grand rôle. Il faut donc que les individus soient éclairés à l'avance.
Il y a là une immense utilité et j'y trouve la compensation à côté du danger que vous signalez.
Je ne vois pas que cet écrit puisse nuire à ma réputation, bien au contraire. Il pourrait seulement combler la mesure de haine que me portent les anarchistes ; mais déjà n'estelle pas comble?
Ils ne me haïront pas davantage et les honnêtes gens m'estimeront un peu plus.
Cela dit, je rends pleine justice à vos excellentes intentions ; vous n'êtes dirigé dans votre opposition que par les sentiments d'amitié que vous me portez.
Trochu m'a montré votre lettre. Il va vous répondre.
Il y a eu dans la version que le Courrier a donnée démon discours à la magistrature lyonnaise de grandes inexactitudes qu'il vous signalera.
Vous verrez ma réponse aux trois cents négociants qui
sont venus me visiter. J'espère qu'elle ne vous déplaira
pas.
Mille amitiés.
Maréchal B. d'Isly.
Lijon, le ii février 1849.
Mon cher Genty,
Vous vous plaignez encore dans votre lettre du 11 de ce que je ne vous réponds pas. Vous n'aviez pas reçu alors une lettre à quatre des vôtres.
Sans être en course, je ne puis vous répondre chaque
jour. Je suis accablé, je travaille jour et uuil cl je ne puis suffire.
J'ai écrit à M. Th. que jadliérais de couliance ai; manifeste trop retardé.
Je ne veux plus récriminer sur le passé avec MM. T. et M.; ce serait le moyen de se brouiller, et il faut rester unis.
On m'annonce que le bureau de tabac de Lyon est donné. Je vous en prie, plaidez près de M. Adam la cause de ^jme Aubert, de Lyon, pour laquelle je lui ai écrit directement.
Amitiés. Maréchal B. d I.
Lyon y le 19 /t •
Mon cher Gentv,
Jai ' reçu hier vos lettres c;u U tl du 16, la preniicrt^ avait sans doute été oubliée dans quelque coin. Elle me parle des attaques du National. Il est trop tard pour attaquer moi-même le n" dont vous me parlez ; mais je suis bien décidé à poursuivre ce journal à la premièie occasion qu'il me fournira. Dans ce but, je vous prie de faire choix d'un bon avocat qui me demanderait an besoin les, lettres, plaintes et renseignements qui seraient nécessaires pour demander justice, soit au tribunal correctionnel, soit à la cour d'assises.
Croyez-vous, mon cher Genty, que l'on m'aurait attaqué plus fort qu'on ne le fait si, en même temps que je parlais à Bourges et à Lyon, j'avais publié le traité de la guerre des rues?j« regrette beaucoup que ce ne soit pas fait. A cet égard, je suis dans le vrai et vous n'y êtes pas. Si l'aréopage me condamne, je céderai peut-être; mais je ne serrai pas convaincu. Remarquez que j'ai déjà reçu le feu pour mon discours aux officiers de Lyon. J'ai donc l'inconvénient sans l'avantage.
Comment! la guerre civile des rues se fait périodiqiie-