‹ Lettres inédites (1808-1849);Chapitre 106 sur 125 · Archives Féray-Bugeaud d'isly · texte numérisé non relu

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3o4 CORRESPONDANCE INÉDITE

ment et constamment, elle se prépare au vu et su de tou le monde, et il ne serait pas permis aux chefs de Jl'armée de dire à leurs soldats : voilà comment vous pouvez la faire avec efficacité, en perdant moins de monde! Cette pruderie politique ressemblerait fort à de la faiblesse, à un faux jugement.

S'il suffisait que les généraux sussent cette guerre, on pourrait en parler confidentiellement, comme m'a dit Rullière ; mais je vous ai démontré que la science, pour être utile, devait être répandue jusque dans les derniers rangs. Et vous me dites qu'on s'attendici à des coups de Jarnac des montagnards et vous ne voulez pas' qu'on apprenne à la garde nationale et à l'armée l'art de rendre leurs efforts impuissants I c'est incroyable ! cela ne s'explique que par votre attachement pour moi.

Les révélations dans le procès de Marrast seront curieuses, dites-vous; il serait bien temps de démasquer ces vertus de la veille, qui ne nous ont fait une révolution que pour le plus grand bien du peuple. Et les comptes du gouvernement provisoire?

Une députation de la ville de Saint-Etienne, ayant en tête le maire et le commandant de la garde nationale, est venue m'inviter pour dimanche à une revue de réception de drapeaux et à un banquet. Inévitablement on me portera un toast. Est-ce que, selon vous et le ministère, je ne devrai pas répondre? On me couperait plutôt en morceaux. Soyer sûr que mes paroles ont porté de bons fruits. Avez-vous vu celles aux 300 commerçants de Lyon? {Constitutionnel du lo, je crois). Sont-elles attaquables par quelque côté?

Gioberti sera contraint de faire la guerre pour éviter le triomphe de la démagogie, si nous ne parvenons pas à arranger leurs affaires avec l'Autriche, et nous y sommes bien intéressés.

Je crois cela possible avec un langage ferme, pacifique en même temps, mais résolu pour la guerre dans certains

DU MARÉCHAL BLGEALD (1849; 353

cas, et la guerre par tous les moyens possibles. Montrez ce passade à M. Decazes.

Amitiés. B.

Lyon, 21 février 184y.

Mon cher Gents',

Je ' reçois votre lettre du 19. Elle n'exigeait pas de réponse

et si je vous écris quelques lignes, c'est pour vous communiquer une lettre de Rullière qui contient un engagement pour l'avenir.

Je viens d'écrire une longue lettreà M. Mole, dans laquelle je lui recommande devons faire appuyer si besoin est. Vous ferez bien de le voir.

Le comité de l'Union centrale électorale de la Seine m'a écrit une lettre charmante pour m'offrir la candidature. On n'exige de moi ni programme ni l'option. On me dit que mes principes politiques sont gravés sur la lame de mon çpée et dans tous mes actes publics. Failes connaître cela à Pinoteau.

Je regrette que Vigier parte pour lAnglelerre; car, s'il fait partie du grand comité, comme je lai demandé, il ne pourra s'en occuper. Dans tous les cas, il ferait bien de ne pas prolonger son séjour, afin de venir travailler pour la cause commune. Faites mes amitiés à Lheureux, quoiqu'il ne m'écrive pas.

Je ne sais si quelques personnes désirent que je ne sois point à Paris, mais ce qui est certain, c'est que je crois utile de restera l'armée jusqu'après l'élection delà Législative. Ma présence à l'Assemblée et au comité n'a pas grande importance, et il y en a beaucoup à ce que je voie l'armée et le pays.

Je continue à recevoir de partout des lettres d'adhésion, des adresses de gardes nationales, des ofTres de marcher avec moi.

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