I.f/on, 2i février
Mon cher Genty,
Je ' remarque que j'ai oublié hier de répondre à votre lettre du 21. Je vais faire d'une pierre deux coups, puisque je reçois celle du 22.
Du 21 :
Je n'ai pas lu le testament du duc, d'Orléans de 1840. Quand vous voudrez que je lise ces choses-là, il faut me les envoyer. Outre qu'on ne les trouve guère ici, je n'ai pas, je vous le jure, le temps de les chercher, et c'est à peine si je trouverai celui de les lire.
Oui, le duc d'Orléans et le petit duc de Montpensier étaient passablement socialistes : c'est ainsi qu'ils croyaient se populariser.
Vous me demandez encore si j'ai lu certains articles de journaux ; je ne reçois, tenez-le pour entendu, que la Presse et l Assemblée nationale, cette dernière assez irrégulièrement.
Je ne reçois plus le Constitutionnel, et je vous avais prié de me le faire envoyer. ^lon abonnement serait-il expiré?
J'ai lu V Assemblée nationale du 21, et j'ai trouvé votre article très bien.
Je n'ai pu me procurer encore Liadères-. J'écris un mot à
{. Archives Féray-Bugeaud d'Isly.
2. Liadères (Pierre-Chaumont), né à Pau en 1792, mort en 1858. Élève de l'École polytechnique en 1810, il est nommé lieutenant du génie en Hollande, puis à l'armée des Pyrénées. Aide de camp du roi en 1830. 11 fut chargé en 1843 déporter le bâton de maréchal à Bugeaud. Nommé conseiller d'État en sersice ordinaire en 1846 il prit sa retraite de chef de bataillon. II avait épousé M"' Sophie Munster, et c'est à l'Opéra, dans la loge de M"" Liadores, que se passa, à la veille du|coup d'État, une scène bien connue.
360 CORRESPONDANCE INÉDITK
M. Molé pour le prier, dans l'intérêt du comité, de lui donner, en vous, un des travailleurs les plus actifs et les plus intelligents.
Du *22 :
Insistez près de Rébillot pour Dumas, comme sur la chose à laquelle je tiens le plus. 11 faut qu'il me le case d'une manière où d'une autre. Ajoutez que j'aime et estime beaucoup M. le préfet de police.
Lacais.se de dattes deviendra ce qu'elle pourra.
Puisque Monnerie ne peut être mis à la retraite qu'après l'inspection générale prochaine, j'ai l'honneur de proposer à M. Adam, pour le remplacer, le nommé Roux, de Baugibaud, près Lanouaille, ancien sergent d'infanterie. C'est un homme jeune encore, fort capable de remplir ces fonctions, il est vigoureux et ami de l'ordre. Faites-le nommer de suite, je vous prie. Nous tâcherons de caser Monnerie quand il aura sa retraite.
Je sors de la cathédrale pour le service funèbre du 23 février. Tout paraît calme dans Lyon, mais demain il y a un grand banquet socialiste. Jesei'aià Saint-Etienne, mais toutes les mesures sont bien prises.
Vous me demandez laquelle de vos paroles m'autorise à vous dire que je ne puis garder le mutisme à Saint-Étienne. Vous oubliez que, par deux fois, vous m'avez dit que je ferais bien de m'abstenir à l'avenir. C'est à cela que je faisais allusion.
Oui, j'ai trouvé Cavaignac un peu trop prétentieux. Changarnier l'a traité de bien haut, sa réponse était piquante.
Adieu, mille amitiés. Maréchal B. d'Isly.
Lyon, le. 2 mars 1849.
Mon cher Genty,
Je^ suis bien reconnaissant des démarches que vous faites pour que Roux ait le bureau de tabac de Lanouaille et que