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DU MARÉCHAL BUGEAUD (I8i9 301
Dumas soit placée Paris par Rébillot. Dumas ira vous voir et vous remercier; vous jugerez que ce jeune homme est ligne de votre intérêt, Rébillot me remerciera plus tard de ie lui avoir donné. Montrez-lui ces lignes.
Vous savez qu'à Lanouaille il a fallu employer les grands moyens, on a envoyé 300 hommes du 33* pour punir les fauteurs d'une émeute très sérieuse. Tout cela est dû à trois démagogues qui lisaient tous les dimanches à la sortie de la messe le journal rouge avec commentaires. C'était un club en plein air. C'est ainsi qu'ils ont rendu furieux des paysans paisibles dont j'ai servi activement les intérêts pendant trente ans et qui m'étaient reconnaissants et dévoués.
Donnez tout de suite ces détails très concluants à M. Danjoz qui doit parler sur les chibs.
J'écris adjourdhui à M. Adam pour lui demander très chaleureusement un bureau de tabac à Lyon pour M*"* Aubert. Je vous prie de lui rappeler cette affaire dans quelques
Le silence du gouvernement, de MM. Mole, Thiers et autres sur les incompatibilités, m'inspire le même senlitiment qu'à vous. C'est déplorable d'abandonner ainsi la chose publique. Toutefois il y a un bon côté dans les exclusions ; les résultats pourront être fort difiérents du but des auteurs.
L'amendement de Luneau portera des fruits.
Je me suis procuré Liadères, faites-lui mes amitiés.
Je reçois votre billet du 28.
Comment ? rien n'est encore décidé pour le comité de Poitiers! C'est désolant! c'est absurde ! On m'écrit de partout qu'on attend cela avec impatience.
Vous avez lu dans la relation abrégée de mon voyage à
Saint-Etienne que je n'attends pas la rue de P pour
faire mon manifeste de fusion de toutes les nuances conservatrices. Au banquet, j'ai obtenu sur ce point de vives et générales sympathies; il en a été de même au:c cercles
du commerce et de la garde nationale. Ces deux allocutions n'ont pas été reproduites, parce qu'elles roulaient, avec quelques variantes, sur les idées émises au banquet.
Je poursuis le môme but dans toutes mes lettres à la province et je vous jure qu'elles sont nombreuses.
Trochu, Fabar et moi ne pouvons suffire aux réponses.
J'aurais voulu qu'on pesât fortement sur Charles-Albert pour lui faire faire sa paix avec l'Autriche, puis retourner son armée contre les démagogues et fonder solidement la monarchie constitutionnelle, qu'en même temps nous eussions fait rétablir le pape par les puissances secondaires, catholiques, en prêtant s'il l'eût fallu des bateaux à vapeur à l'Espagne. L'Autriche rétablirait l'archiduc en Toscane et donnerait à la Lombardie des institutions raisonnables.
Au lieu de cela, il paraît qu'on abandonne Charles-Albert à ses folles idées et aux démagogues de l'Assemblée.
Je crains qu'il n'en surgisse de grands embarras pour nous et que le roi, dans sa détresse, ne se jette dans les bras des Autrichiens. Nous perdrions là un allié naturel et bien précieux par sa position géographique et topographique.
Communiquez ces idées à M. Decazes en lui faisant mes amitiés. Oui, il est regrettable qu'on n'ait pas osé mettre en jugement. C'est sur les grosses têtes du parti qu'il faut frapper, bien plus que sur quelques misérables séides. Quand je voulais soumettre un chaînon de montagnes kabyles, je commençais l'attaque par la tribu la plus forte et la plus guerrière. Quand je l'avais vaincue, les autres
venaient se soumettre.
Maréchal B,
Lyon, le 5 mars 1849.
Mon cher Genty,
M. Morand, greffier du juge de paix, m'a écrit comme à vous que le directeur de Périgueux avait nommé pour régir le bureau de Lanouaille le sieur Lagorce. Si c'est pour réserver le bureau à Monnerie, ce serait une solution qu'il
faudrait admettre. Dans le cas contraire, il faut insister pour nommer Roux immédiatement. On placera Monnerie ailleurs quand il aura sa retraite, ou bien on fera donnera Roux un autre emploi qu'il désire.
Monnerie croit qu'il aura sa retraite dans quatre mois. D'après ce que vous m'avez dit, je crois qu'il se trompe, il ne compte pas le temps de la liquidation.
Oui, le discours de Magne est excellent. C'est un homme bien capable. J'acquiers chaque jour la certitude que mon voyage à Saint-Étienne a produit très bon effet.
On continue de m'écrire de tous les points de France. Je réponds à tout pour faire la propagande de l'ordre. J'y mets autant de chaleur que les rouges à détruire.
Je pense que Rullière enverra les sous-officiers socialistes porter leurs principes aux Arabes.
La confiance, l'audace que montrent les rouges ressemblent fort à la ruse du général qui vient dire au centre que les affaires vont bien aux ailes, lorsque au contraire il y a presque défaite.
Soyez sûr qu'ils perdent du terrain et beaucoup ; que le gouvernement soit ferme en toutes occasions et la société sera sauvée. Si L. N *, dont vous avez été très satisfait, procure le calme à la France par le règne des lois, il aura une grande gloire. Que devient Thiers? 11 ne m'écrit pas un mot, ni M. Mole. Ils n'ont sans doute rien d'important à me dire.
Vous avez sans doute remarqué la publication dun fragment de ma lettre à Thiers du 24 février, à 8 heures du matin. Je crois m'expliquer les motifs de cette publication un peu contrefaite. Il y a bien des choses à dire là-dessus, et surtout dans le préambule donné par le Pays.
Mille amitiés.
Maréchal B.
P. S. — Je vous prie de dire à M. Adam que par réflexion
i. Le Prince Louis-Napoléon.
la famille Aubert désire que le bureau de tabac soit donné à M"'^ Aubert, au lieu de son mari.
Un bureau est vacant par la mort de M""' Veuve le Roy, qui avait succédé à son mari. Il est rue Romain, 11.
L'jon, 10 rnam 1849.
Mon cher Genty',
Je réponds à vos lettres des 5, 6, 7 et 8 mars.
Vous me dites que l'affaire du bureau de tabac pour Roux va s'arranger. C'est très bien, si l'on ne peut pas rései'ver le bureau pour Monnene quand il aura sa retraite. Vous ajoutez que Rébiilot s'occupe sérieusement de Dumas et que vous recevrez celui-ci avec plaisir, dès qu'il ira vous voir. Je crois vous avoir dit, qu'il n'irait que si vous le mandiez (à Peyzac, Dordogne).
Répétez, je vous prie, à Rébillot que je tiens infiniment à la réussite de cette affaire et qu'il faut à Dumas une place, où iLy ait à déployer de l'intelligence, de l'activité et au besoin du courage.
Les troubles de Lanouaille sont passés. Je n'y étais pour rien. Ma femme n'a pas été inquiétée, si ce n'est qu'elle a logé pendant une semaine 32 soldats du 35".
Ce que vous me dites de l'opinion à mon égard me rend heureux, non pour moi, mais pour la chose publique. Je continuerai, soyez-en sûr. L'approbation du duc Decazes me flatte.
Je ne puis répondre à tous \os> pou7'quoi iixiT les choix du comité, dont quelques-uns sont sujets à observation. Tout ce que je puis vous dire, c'est que je me plains vivement qu'on n'ait pas admis notre ami Vigier et qu'on ne paraisse pas disposé à se servir du zèle intelligent de Pinoteau et de vous. Que. voulez-vous? C'est toujours comme cela, quand beaucoup de gens se mêlent d'une chose et qu'on n'est pas là pour plaider.
Au fond, Vigier ne doit en être ni malheureux, ni rebuté.