‹ Lettres inédites (1808-1849);Chapitre 115 sur 125 · Archives Féray-Bugeaud d'Isly · texte numérisé non relu

Archives Féray-Bugeaud d'Isly

sommes de la souscription, c'est de propager les bons journaux créés et de les mettre à même de s'améliorer encore.

Je crois que E. Faucher aurait mieux fait d'expliquer franchement la cause de la mise en retraite de 18 préfets et du rappel de quelques-uns. Tout cela pouvait très bien s'avouer comme nécessité absolue des circonstances et comme acte de justice nationale. La justice envers les fonctionnaires qui ont bien servi provoque les bons services dans l'avenir. Cela pouvait donc être défendu sous les auspices de l'intérêt public. Au reste, c'est un très petit nuage. Toutefois il a eu déjà un inconvénient, c'est de provoquer la démission de M. Tourangin, préfet du Rhône, qui n'avait repris du service que par dévouement, sans l'avoir demandé, appelé à Paris par une dépêche télégraphique. Il n'avait accepté que provisoirement et jusqu'à la consolidation de l'ordre, sa vue étant menacée par le travail de bureau. C'est un fort bon préfet qui convient parfaitement à Lyon, et je conseille par le télégraphe de ne point accepter sa démission.

Serait-il vrai que la vie du Président fût menacée par une conjuration et qu'il s'expose par des promenades nocturnes ?

Ce serait bien déplorable. S'il lui arrivait malheur, cela nous jetterait dans un grand embarras, mais nous en sortirions par l'indignation publique qui ferait prendre un grand parti.

J'espère bien que le roi de Prusse n'acceptera pas le don périlleux qu'on veut lui faire.

J'écris à Lheureux. Je lui envoie à votre sujet une lettre pour Rullière. Je suis trop bien avec celui-ci pour ne pas m'adresser directement à lui. Gela m'a paru préférable sous tous les rapports et plus loyal.

Je répugne d'ailleurs à adresser au Président des demandes particulières.

Mille choses affectueuses et dévouées.

Maréchal B. d'Isly.

Lyon, tel avril 1849.

Mon cher Gentv,

Je ' ne saurais trop louer votre conduite envers Dumas. Vous êtes un homme excellent. Recevez-en mes remerciements, et faites-les agréer à ce brave Rébillot, que j'aime encore plus pour les services qu'il rend au pays que pour ceux qu'il me rend. Je vous engage à faire revenir Dumas pour prendre possession de son poste; adressez-lui à M. Dumas aine à Peysac par Saint-Yrieix, Haute-Vienne.

Malgré mes bonnes dispositions pour M. Servatius, que je crois un homme capable, je ne puis me permettre de le recommander, parce que je commande une armée où j'ai des droits à faire valoir. Si j'étais simple maréchal de France à Paris, vous pouvez lui dire que je n'hésiterais pas, mais que je dois avant tout mon petit crédit à mes subordonnés. Lui ne manquera pas de protecteurs à Paris, et d'ailleurs en a-t-il besoin? 11 est bien placé pour se faire connaître.

Je regrette que Ghangarnier n'ait pas laissé faire la souscription, si elle était en bon train, pour l'appliquer ensuite à des œuvres de bienfaisance.

Voici un projet de loi sur le recrutement ; il est basé sur les idées que j'ai émises à la Chambre en 1838, mais les moyens d'application sont différents; ils appartiennent, à quelques modifications près, à un avocat de Paris, Joffrès.

Dites cela dans le monde pour que M. de Lamoricière ne s'attribue pas des idées qu'il était très disposé à faire siennes. La discussion arrive trop vite ; R. n'aura pas le temps d'étudier cela, et je crains qu'il ne soit embarrassé devant l'Assemblée. Il serait bien à désirer qu'on n'eût pas le temps de discuter le budget delà Guerre; le choléra paraît vouloir nous venir en aide sur ce point. Si encore il ne tuait que les mauvais! Mais comme ils sont eux-mêmes le choléra, ils sont moins à redouter.

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