‹ Lettres inédites (1808-1849);Chapitre 118 sur 125 · Archives Féray-Bugeaud d'isly · texte numérisé non relu

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382 CORRESPONDANCE INÉniTE

soyez-en certain et alors ce sera un gros embarras. L'armée, réduite de 30.000 hommes dans son efrectif, est en outre hypothéquée pour rétablissement de ces 14.000 excellenis colons qu'on a envoyés en Afrique depuis la révolution de Février. Ces soldats, dont on n'a pas voulu pour faire des colons, sont cependant à peu près les seuls agents, les seuls ouvriers de la colonisation : ils font tout, les constructions, les défrichements, les plantations, les cultures, les routes et chemins vicinaux, les dérivations d'eau, etc. ; ils sont en réalité les esclaves de ces tiers prolétaires, que nos démagogues rouges et socialistes appellent le peuple. Leur action de tous les jours donne un démenti vivant, authentique à toutes les idées exprimées contre les colons militaires par les commissions, les Chambres, la presse, le gouvernement, qui renferment cependant de si fortes tètes et qui n'ont pas su juger une question que je ferais comprendre à des écoliers de 7 ans.

Mais revenons aux dangers de révolte. Si l'insurrection éclate, on ne pourra pas disposer pour la vaincre de troupes qui installent et gardent en môme temps les 14.000 colons: il faudra bien plutôt les renforcer que les afïaiblir, car si cette brave colonisation, que l'on a préférée à celle de nos soldats d'élite, ne peut guère travailler, elle est encore bien plus impropre à se défendre. On sera donc contraint de restituer à l'Afrique les 25 ou 30.000 hommes qu'on lui a enlevés. Si la révolte est générale, nous verrons recommencer cette guerre à marche de tortue qui nous a affligée pendant dix ans. Vous allez le comprendre: les mulets de larmée qu'on a laissé s'amoindrir, si je suis bien informé, suffisaient à grandpeine dans la guerre active que je faisais pour le service des ambulances ; le service des vivres pour mes nombreuses colonnes était fait par des transports que nous fournissaient les tribus soumises. Si tout se met en révolte à la fois, nous ne disposerons plus deces transports ot dès lors la guerre est paralysée jusqu'à ce qu'on ait fait

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