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nu MARÉCHAL BUGEAUD (1849) 383
venir de France de nombreux mulets ; mais on n'en fera jamais venir le quart de ce que nous fournissaient les Arabes. Encore un coup il y aura là un rude embarras et une grosse dépense.
Charon est très brave et Ui-> ucLil; il a laal vu cette guerre et il m'en a tant entendu parler tous les malins au rapport, qu'il doit avoir la tète meublée de tous les bons principes. Avec de bons lieutenants, et il en a quelques-uns, il pourra se tirer d'affaire mieux qu'un général nouveau en Afrique, quelque habile qu'il fût d'ailleurs. Il dirigera l'ensemble et fera exécuter par les hommes d'exécution.
J'ai toujours cru à la révolte, et c'est pour cela que je voulais une colonisation fortement constituée en personnel et en administration : j'y crois encore davantage aujourd'hui à cause de l'introduction de ces 14.000 colons de Paris. Les Arabes, qui sont très pénétrants, voient très bien la cruelle révolution qu'on leur apporte : elle est aussi radicale pour eux que le serait pour nous le socialisme, et l'on voudrait qu'ils vissent tout cela de sang-froid, eux, si guerriers et si bien préparés pour la guerre ! c'est impossible et, selon toute apparence, vous ne tarderez pas à avoir des coups de fusils.
Je ne sais si je vous ait dit que j'ai cédé provisoirement à Oudinot le capitaine Fabar; c'est une grande privation pour moi, mais j'ai dû faire ce sacrifice à la chose publique, à Oudinot et à Fabar lui-même. Ce charmant petit officier ferait un excellent diplomate et je crois que M. Drouyn de Lhuys' n'en a pas beaucoup de son étoffe.
L. a très bien parlé dans la discussion sur l'expédition à Rome. Est-ce qu'il voudrait se rapprocher des gens sensés et honnêtes? J'en serais bien aise pour mon
1. Drouyn de Lhuys (Edouard) entra dans la diplomatie en 1830 et fut élu député en l!S42. 11 se prononça contre l'indemnité Pritchard, et fut révoqué par Giiizot. 11 prit alors une large part au mouvement réformiste. Il fut le premier ministre des Affaires étrangères du princeprésident et il joua un grand rôle dans la diplomatie du second Empire.
compte; car, s'il n'a pas toujours du bon sens, il a habituellement de Tesprit : ce n'est pas un César, mais il peut être fort utile dans les affaires de la Chambre et même au ministère, parce qu'il a beaucoup de ressources dans l'imagination.
Je suis bien aise que notre ambassadeur d'Espagne ait démenti les paroles qu'on lui prêtait. Les; journaux de Bordeaux donnent une lettre du Président, qui est très bien et que je crois de lui, parce qu'elle lui ressemble.
Mille amitiés.
Maréchal B. d'Isly.
P. -S. — Depuis quatre ou cinq jours, je ne reçois ni VAssemblée nationale, ni le Constitutionnel; quant à la Presse, je ne la reçois pas non plus, mais je ne veux pas renouveler mon abonnement. lime semblait que vous aviez tout récemment renouvelé mon abonnement au Constitutionnel et à VAssemblée nationale. Si cela n'est pas fait, faites-le, je vous prie, car je tiens à conserver ces deux journaux.
Lyon, 22 avril 1849.
Vous me dites, moucher Intendant, que plusieurs comités de Paris et notamment le comité central, sont disposés à me porter sur la liste des candidats du département de la Seine. Cette détermination ferait plus que m'honorer ; elle satisferait au plus haut degré mon patriotisme, car elle serait une preuve que l'attitude que j'ai prise dès avant le 10 décembre a reçu l'adhésion de tous les amis de l'ordre, à quelque nuance qu'ils appartiennent.
Ce n'est donc pas une jouissance d'amour-propre que je recherche dans les votes de la grande cité ; c'est un symptôme qui puisse nous donner l'espérance que la société saura se soustraire à l'envahissement des barbares, au despotisme le plus honteux, le plus cruel qui fût jamais au monde.