‹ Lettres inédites (1808-1849);Chapitre 19 sur 125 · Patrice et Ambroise · texte numérisé non relu

Patrice et Ambroise

\)V. ^^.\RÉCHAL BUGEAUD (1819) 19

yeux de tout le momie C'est une imperfection facile à réparer.

Je vous recommande à mon tour le premier morceau de la 78" livraison de la Minerve. Vous aurez de la peine à en trouver d'aussi sages dans le Conservateur lugubre. Je le lis rarement depuis que je suis à la campagne. En revanche je me lance dans l'agriculture. Il y a beaucoup de ces brigands de Bonaparte qui ont pris du goût pour cet art: je connais un major qui fait des merveilles.

Adieu, mon cher d'Esclaibes, malgré la légère différence de nos opinions politiques (qui ne consiste, je crois, que dans l'estime que nous faisons réciproquement d'une certaine espèce dhommes), aimons-nous toujours. Vous êtes mon ami, je suis toujours le vôtre à jamais. Si nous avions la guerre, vous verriez si je saurais servir sous les Bourbons. Je pense que les hommes monarchiques par excellence ne me passeraient pas en zèle et en dévouement, et j'espère que vous trouveriez que je suis du bon parti.

Tout à vous de tout cœur. B.

P. S. — Donnez-moi quelques nouvelles de politique extérieure. On dit par le monde des choses ridicules que je serais bien aise d'éclaircir.

Excideuil, le 20 février i820.

Je vous écris à Paris, mon cher d'Esclaibes, parce que je présume que l'événement affreux qui afflige la France^ vous aura promptement rappelé à votre poste. Quel crime horrible, mon cher ami, les cheveux m'en dressent sur la tète, et à cette horreur se joint la plus vive pitié pour la victime et pour toute sa famille, qui doit être aussi malheureuse qu'il est possible. Tous les partis se réunissent pour déplorer cet attentat, mais les amis de la liberté sont surtout profondément affligés. Indépendamment de l'intérêt qu'inspirent les grandes infortunes, ils craignent (et leurs craintes

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