Au roi, à la France et à l'armée
12. Votre Altesse Royale, qui ne fait rien sans discernement, se fera informer de ma conduite dans l'armée et hors de l'armée : loin de redcuier les investi^'ations, je les désire.
114 CORRESPONDANCE IjNÉDITE
me dispense de la tâche pénible de parler de moi ^ J'ai l'honneur d'être, Monseigneur^, de Votre Altesse Royale, le très humble et très dévoué subordonné.
BUGEAUD
colonel de rex-14* de ligne.
Cette demande est aux archives administratives et porte en mai'ge : « Recommandé à Son Altesse par le comte dEsclaibes. « Le colonel est un homme très capable, je crois qu'il faut le orter sur l'état des colonels à employer. N'en parlez pas. » {D'une autre main) : « Fait, porté sur l'état. »
• La Durantie, le 28 décembre 1825.
Mon cher d'Esclaibes,
Aussitôt que j'ai eu montré la détermination d'accepter la place de maire, j'ai été nommé et je vous envoie l'arrêté du préfet qui me confère cette charge, pour que vous vous en serviez, si besoin est.
Vous pouvez être convaincu qu'on m'a toujours estimé, lors même que l'on ne m'aimait pas. On me regardait comme ennemi du trône, parce qu'on m'avait maltraité ; je n'étais ennemi que des exagérés qui me calomniaient et cherchaient à me perdre.
On ne saurait pousser l'attention plus loin, vous me tenez au courant de la marche de notre affaire presque jour par jour. J'aurais été bien étonné que le maréchal Suchet m'eût refusé une bonne note. Je ne l'ai jamais pensé et je lui ai toujours rendu assez de justice pour croire qu'il saisirait l'occasion d'obliger les officiers qui ont servi sous lui avec zèle, quelle que fût d'ailleurs la tournure de son opinion. Il serait plaisant qu'il fûl devenu ultra. Je relis avec le plus grand
1. Le comte d'Esclaibes, qui a le bonheur de servir près de son roi, saura fournir en ma faveur les témoignages des généraux qui m'ont connu à la guerre. Son amitié me dispense de la tâche pénible de parler de moi.