‹ Lettres inédites (1808-1849);Chapitre 40 sur 125 · Collection Eugène Tatlet · texte numérisé non relu

Collection Eugène Tatlet

les rouges et les blancs : 1" les caricalures du Figaro; 2° tous les journaux ministériels, y compris les Débats; 3° 1.500 francs restant de deux cents abonnements au Mémorial de la Dordogne, que nous devions toucher avant l'époque déterminée, pour faire face à nos frais de premier établissement.

Rien de tout cela ne nous est arrivé, quoique les ordres aient été donnés en ma présence.

Je viens vous prier, Monsieur le ministre, de vouloir bien les faire exécuter.

Recevez l'assurance de ma respectueuse considération.

La duchesse de Berry avait été arrêtée à Nantes le 7 novembre 1832 et enfermée dans la citadelle de Blaye sous la garde du gouverneur, le colonel Chousserie. Au mois de janvier suivant, Bugeaud se voyait confier ce poste délicat.

Il obéit en soldat à cet ordre dont il lui répugnait d'être chargé, avouant à l'un de ses amis qu'il eût préféré de beaucoup conduire 6.000 hommes à don Pedro ou au grand Turc. Durant les six mois que dura sa pénible mission, il fit preuve d'un tact, d'une bonté et d'une élévation de sentiments auxquels la duchesse elle-même se plut à rendi'e hommage en entretenant avec le général et sa famille les relations les plus cordiales et en lui écrivant elle-même une lettre d'affectueux remerciements. Cela ne désarma pas la calomnie, qui accusa le général d'avoir tenu vis-à-vis de la princesse une conduite discourtoise et brutale. Pour faire justice de ces bruils, il suffit de lire ce que le fils de la prisonnière, le comte de Chambord, écrivait à un de ses amis, le 13 octobre 1848 : « Je me réjouis de ce que vous me dites des bonnes dispositions du maréchal Bugeaud. Je ne m'en étonne pas, car l'excellent colonel d'Esclaibes, que nous avons eu le malheur de perdre et qui était son ami, m'avait appris à le connaître depuis longtemps. Par ses talents militaires, sa haute capacité, son caractère ferme et énergique, et l'influence qu'il exerce sur l'armée, le maréchal peut être appelé à rendre à notre pati'ie, dans les circonstances actuelles, les services les plus signalés.

Jamais le comte de Chambord n'eût parlé ainsi, si Bugeaud avait été le « geôlier» de sa mère.

A Monsieur le Président du Conseil; ministre delà Guerre.

Rade de Païenne, o juillet 1833.

Monsieur le Maréchal,

A^ mon retour d'Italie ^, je me rendrai directement chez moi, à moins que je ne trouve des ordres en roule. Éloigné de mes affaires depuis neuf mois, j'ai grand besoin de leur consacrer quelques instants ; si un service important ne me réclame pas ailleurs, je désire y rester jusqu'à la réunion des Chambres.

Ayez donc la bonté. Monsieur le Maréchal, de donner des ordres pour que j'y sois payé de mon traitement.

Recevez, Monsieur le Maréchal, l'assurance de mon profond respect,

Bugeaud.

En marge: Bugeaud, maréchal de camp, ex-commandant supérieur de la ville et de la citadelle de Blaye, admis au traitement de disponibilité, autorisé à fixer sa résidence à Excideuil où il jouira du traitement auquel il a droit.

Excideuil, 3 juillet 1834.

Monsieur le Maréchal ■*,

J'ai cru ■* inutile de vous informer moi-même de mon élection : vous deviez l'apprendre bien plus vite par le télégraphe.

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