rcliives l'cray-Bugeau'i d'Isly
2o8 CORRESPONDANCE INEDITE
fourni des bœufs, des charrues, des semences, et aujourd'hui même je vais avec mon élat-major et ma femme et le directeur de l'intérieur ouvrir solennellement les semailles.
Je crée une autre colonie arabe du côté de Bhda.
L'obstacle est autour d'Alger la plus puissante œuvre de colonisation. C'est donc à tort que le Siècle et d'autres journaux disent que je ne me suis occupé que de guerre. J'ai plus fait pour la colonisation en un an qu'il n'en a été fait en dix et d'ailleurs la guerre bien faite est éminemment colonisatrice, car sans ses succès je vous défie de coloniser.
Adieu, adieu, mille amitiés. B.
Alger, le 3 Janvier 1843.
Mon cher Noël ',
J'ai - trouvé ici en rentrant d'une expédition de quarantedeux jours votre lettre du 20 décembre.
Vous dites que le ministre <Je la Marine nous a fait de belles promesses. Il me semblail au contraire qu'il ne nous avait donné aucun espoir, attendu que la marine se suffisait à peu près à elle-même et que l'industrie bordelaise ne pouvait faire assez bien et à assez bon marché. Au reste, je ne me rappelle que confusément la réponse.
Aujourd'hui, vous voulez que je m'adresse au ix)i luimême. Mon ami, y avez-vous bien réfléchi? Mais c'est la chose du monde la plus délicate, et j'aimerais mieux toute autre mission, quelque pénible qu'elle fût. Comment supposer que le roi dans sa haute position puisse se mêler de ces marchés. C'est même tant soit peu inconstitutionnel, car il doit laisser aux ministres leur responsabilité. Toutefois je tiens tant à vous obliger et à être utile à la ville de Bordeaux, que j'ai cherché un biais pour arriver ^u roi. J'écris au chef de son cabiiïet, M. le baron Faîn^, la lettre
1. Papiers de famille Nismes-Festugière, ainsi que toutes les lettes adressées à Noël Festugiere.
2. Fils de l'auteur de Manuscrit de l'an IH, de 1812, 1813, 1814.
3. Demi-neveu de la maréchale Bugeaud, père de M°"' Fouinât et Nismes.
donl je vous envoie copie. Je vous communiquerai sa réponse. Vous pourriez aussi charger quelqu'un à Paris de voir M. le baron Fain pour suivre cette affaire.
A présent je veux me plaindre à vous de ce qu'Adrien croit, ou paraît croire, les absurdités qu'on lui débite sur mes procédés envers lui. On écrit à ma femme qu'il s'est plaint de ce que j'avais recommandé M. Lavareille pour les élections départementales de Savignac. Rien de plus faux au monde. M. Lavareille ne me l'a pas demandé, et je ne l'ai pas fait, et je ne l'aurais pas fait. Je défie qui que ce soit de montrer une ligne <le moi à cet égard. Or je ne pouvais pas parler à 400 lieues. Dites cela à Adrien.
Mille choses aimables aux trois dames Festugiere. à M. Allègre, à vos frères.
Tout à vous tous. BuGEAUD.
Post-scripUim de madame Bugeaud. — .Mille compliments bien affectueux à Mesdames et Messieurs Festugiere '.
J'embrasse tendrement ma gracieuse Marie ^ que j'aime de tout mon cœur. E. B.
A Monsieur Martineau des Chesnez.
Alger, le 2 avril 1843.
Mu.N CHER Monsieur.
Jai-^ reçu votre jeune sous-Iieutenant^ ; il a dîné et passé la soirée avec nous. Dans ce peu d'heures on a jugé qu'il ne laissait rien à désirer qu'une constitution un peu plus robuste. Il nous a montré de l'esprit et du sens. Je crois qu'il vous fera honneur. Il partira pour Constanline par le prochain courrier.
1. MM. et M"" .Adrien, Xool et Eugène Festugiere, demi-neveux de la maréchale Bugeaud.