Collection Eugène Tattet
4. On serait porté à croire qu'il s'agit du fils de M. Martineau des Ghesnez qui était en Afrique à ce moment-là et qui mourut général de division. Il ne saurait être question de lui, car Emile-Philippe .Martineau des Ghesnez avait été nommé lieutenant au bataillon de tirailleurs indigènes d Alger, le 16 décembre 1842.
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Je saisis l'occasion pour vous demander un secours pour deux vieux soldats qui en ont déjà reçu. L'un est le nommé Gorgaud Pierre, aveugle, domicilié à Excideuil.
L'autre est Beney Jean, domicilié à Eyliac, près Périgueux.
Vous m'obligerez beaucoup de leur adresser sans retard un secours que je voudrais voir porter à 50 francs.
Je partirai le 23 de Miliana, non pas pour rentrer en campagne, il n'y a pas d'interruption, mais pour aller occuper El Esnam, sur le Chélif, et Ténès, sur la mer, comme point de ravitaillement.
C'est une grosse atîaire que de créer de nouveaux postes et de donner plus d'extension à l'occupation. Cela rend l'efTeclif exigu et, pour trouver les troupes nécessaires à ces nouveaux points, il faut découvrir Saint-Paul et Saint- Jacques. 11 les faut aussi pour les escortes de convois.
l'out cela va paralyser beaucoup la guerre jusqu'à ce que nous soyons établis. Est-il croyable que c'est le moment que choisit M. le maréchal pour m'annoncer que d'ici à l'automne il m'enverra quatre bataillons de chasseurs novices en échange de quatre vieux régiments d'Afrique? Et ce qui serait plaisant si ce n'était pas par trop triste, c'est qu'il me donne cela comme un secours, un avantage. « Je ne puis, me dit-il, aller an delà. » Je le prie de rester en deçà, de me laisser mes bons régiments et de garder les chasseurs, car j'aime mieux douze bataillons aguerris, acclimatés, que quatre bataillons de conscrits, qui, môme numériquement, ne pourraient équivaloir qu'à six des miens. La perte serait toujours de six bataillons. M. le maréchal voudrait compenser celte perte en augmentant les troupes indigènes; mais, outre que celles-ci sont loin de valoir les troupes françaises tout en coûtant beaucoup plus cher, c'est que nous ne trouvons pas même à compléter celles que nous avons. Les Arabes n'ont pas le goût du service régulier. Ils se battent par à-coups, conduits par le fanatisme et l'amour de la patrie; mais ils ne veulent pas être
nu MARÉCHAL BUGEAID 1843 261
éloigiu'S de la tente et de leurs femmes plus de douze ou quinze jours. Ce n'est pas là ce qu'il nous faut. Abd-el-Kader est parvenu à discipliner de l'infanterie ; mais il avait toutes les tribus pour en faire la police. Les déserteurs étaient arrêtés par elles et les châtiments les plus sévères leur étaient infligés. Dès qu'il y a eu des tribus soumises à la France, tous les soldats de l'infanterie régulière qui appartenaient à ces tribus ont déserté avec armes et bagages. C'est comme cela que les 9 ou 10.000 iiomraes qu'avait Abd-el-Kader se sont réduits à environ 2.500, malgré des elTorts inouïs pour les recruter. Ce n'est pas nous qui avons détruit ces troupes, car elles ont peu combatlu, elles n'étaient employées qu'à pousser les tribus au combat et à faire payer l'impôt.
C'est une grosse affaire que l'Afrique, mon cher Monsieur Martineau; elle est en bon train; prenons garde de ne pas la gâter par des économies ruineuses.
Les économies se trouveront dans le succès complet. Voyez dans mon grand rapport au ministre les résultats déjà obtenus par les succès militaires et jugez d'après eux ce qu'on obtiendrait de la conquête entière et incontestée.
La confiance des Européens est immense aujourd'hui ; la population et les capitaux abondent; le mouvement dépasse mes espérances : mais le moindre pas rétrograde paralyserait tout.
Agréez l'assurance de mes sentiments distingués et dévoués. BuGEAun.
P. -S. — Le ministre veut prendre sur les revenus coloniaux pour augmenter les troupes indigènes; mais ne pourrait-on pas verser au trésor les sommes disponibles pour solder des troupes françaises?
1" mai 1843.
Nous ' sommes dans un moment de crise. L'ne insurrection commencée dans le fj-ilirn. à l'ouest de Ténès, a frani-hi