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At-ohives Féray-Bugeaud d'isly

272 CORRESPONDANCE IN'ÉDITL

ministère n'a rien de fâcheux pour vous, qu'il a été déterminé par une nouvelle comhinaison des services intérieurs et qu'on vous donnera une destination à Paris. J'ignore les motifs de ces modifications, je ne puis donc pas les juger.

Nos affaires iri sont toujours en voie de progrès rapide ; mais la besogne suit la progression et nous sommes tous insuffisants à remplir notre tâche. 11 n'y a que la tâche militaire qui soit bien remplie. Cela tient à l'organisation, à la discipline, à l'habitude du devoir, à la grande autorité qu'exerce le chef. Dans le civil, il y a très peu de discipline, très peu d'autorité; aussi chacun en prend à son aise. On travaille tout juste comme en F'rance, six heures souvent incomplètes ou mal employées, lorsqu'il faudrait travailler au moins quinze heures pour répoudre à cette ébullition continuelle d'un monde qui se crée. Il se fait beaucoup de choses, trop peut-être à la fois, mais beaucoup d'affaires languissent qui pourraient mieux marcher, s'il y avait plus d'activité dans les fonctionnaires civils de tous les rangs.

Abd-el-Kader, malgré ses malheurs inouïs, n'a pas encore renoncé à la partie. C'est une âme à toute épreuve. Retiré sur la frontière du Maroc, d'où il tire quelques secours occultes, il menace toujours.

Il écrit aux tribus qu'il ne lardera pas à revenir, ou avec une paix que l'empereur négociera pour lui, ou avec une armée qu'il lui fournira. Ces manœuvres nous ont fait déserter ces jours-ci une petite tribu au sud de Tlemcen, les Ouled-Ourieche.

Partout ailleurs règne le calme et l'obéissance, de Tlemcen à la frontière de Tunis, sauf le grand pâté kabyle du Djurjura à Collo. La soumission de ce morceau qui, je crois, n'a été soumis à personne, estune grosse affaire quidemande des préparatifs et une augmentation de troupes. Heureusement qu'il n'y a pas urgence. Abd-el-Kader n'y a jamais commandé et je ne présume pas qu'il s'y réfugie : les Kabyles aiment trop leur indépendance pour le recevoir et lui obéir, Ils n'aiment pas l'impôt et ils savent qu'il faudrait

en payer pour faire la guerre sainte ofTensivemenl. Ils ne feront la guerre que quand on ira chez eux.

Mille choses aflfectueuses, mille hommages à Madame.

Maréchal Bugeaud.

Alger, le 4 février 1844 i.

Mon cher intendant.

J'avais appris indirectement que vous quittiez le ministère. Je craignais que ce ne fût une défaveur, l'explication que vous me donnez me rassure.

Je crois en effet que votre situation sera plus agréable et que vous aurez plus de loisir. Si vous venez faire l'inspection administrative d'Afrique, j'aurai grand plaisir à causer avec vous des intérêts de cette conquête. Vous y trouverez des changements à ne pas vous reconnaître.

En ce qui concerne le peuple arabe, vous verrez que nous avons suivi un de vos préceptes : « leur nommer des chefs et leur apprendre à les respecter». Mais, pour arriver là, il fallait les avoir vaincus.

Justement je m'occupe en ce moment de la hiérarchie entre les chefs et de leurs attributions, et je vous quitte pour aller à la commission que j'ai formée pour réglementer la législation arabe.

Tout va bien. Abd-el-Kader est toujours sur la frontière du Maroc, qui ne lui donne pas de secours patents, mais qui tolère les secours individuels.

Mille amitiés. Maréchal Bugeaud.

.-lu camp sur l'Oued Sebaou {est d'Alger, pays kabyle), le 24 mai 1844.

Mon cher d'Esclaibes,

J'ai reçu ici votre lettre de Paris, le 9 mai, en faveur de M. de Noue. J'apprécie cet officier et je ferai pour lui et pour vous tout ce que je pourrai. Si l'on publie mon rapport

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