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288 CORRESPONDANCE INEDITE
nous avons perdu dix hommes. J'espère que l'apparition de ma colonne du côté de iNIascara va changer la face des affaires. Néanmoins l'incendie est trop général pour ne pas croire qu'il faudra agir tout l'hiver et môme au printemps pour ramener les choses au point où elles étaient. Malheureusement la province modèle n'a pas justifié les louanges de certains organes de la presse.
J'ai déploré la lettre que le préfet ' de la Dordogne, par une insigne maladresse, a laissé tomber dans la publicité.
Adieu, je n'ai pas le temps de vous en dire davantage,
j'ai trop de choses ^à faire, à dire et à écrire. Demain, à
quatre heures, je serai en mouvement.
Mille amitiés.
Maréchal duc d'Isly.
Alger, le 30 mai 1846.
Mon cher Genty^,
Je reçois à la fois vos lettres des 10 et 25 mai. La première courait après moi dans l'Ouarensènis pendant que je rentrais par Ténès et la mer.
Oui, je rentre dans les pi'emiers jours de juillet avec un congé qui se convertira en résidence définitive.
Je laisserai l'établissement d'Afrique plus grand, plus puissant qu'avant la grande crise dont nous venons de triompher de la manière la plus complète. Tout le monde ici le proclame et jamais mes actions ne furent aussi hautes dans la population et dans l'armée. Un effet d'opinion, moins général peut-être, se produit en France et se produira chaque jour davantage, parce que nos affaires vont de manière à désespérer mes détracteurs de France autant que nos ennemis d'Afrique. A cet égard mes bulletins sont au-dessous de la vérité. Je reçois en ce moment deux lettres, du prince et deYusuf. Partout la situation est
1. Le préfet était M. de Marcillac; il s'agit d'une lettre priTée que le maréchal lui avait écrite. Elle est reproduite par M. d'Ideville (t. III, p. 53).