‹ Lettres inédites (1808-1849);Chapitre 85 sur 125 · Archives Férav-Bugeaud d'Isly · texte numérisé non relu

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camp. Je Tai recommandé et le recommanderai au prince.

Oui, les banquets et les déclamations s'usent. Il n'y a que M. de Lamartine qui ne s'en lasse pas.

Je suis plus agricole que jamais. C'est là qu'est le vrai progrès. Cela seul peut réaliser pour le peuple une partie des rôves de nos progressistes.

Je ne compte aller à Paris que dans les premiers jours de

janvier.

Mille amitiés.

Maréchal duc d'Isly.

A Monsieur le général Charon.

Paris, le 17 janvier 1848.

Mon cher général,

Je vous remercie ' de votre bonne lettre et de tous les détails dans lesquels vous avez eu l'obligeance d'entrer avec moi. Je les ai lus avec beaucoup d'intérêt et je recevrai avec plaisir tous ceux que vous seriez dans le cas de m'adresser, en dérobant à mon profit, quand vous le pourrez, quelques minutes à vos grandes occupations.

Ce que vous me dites de S. A. R. le duc d'Aumale ne me surprend pas. Le prince a beaucoup et bien vu, beaucoup étudié, son jugement est d'une maturité remarquable pour son Age, et je le crois très capable de faire de grandes choses. Il vient de m'écrire, au sujet de la soumission d'Abdcl-Kader, une lettre qui m'a vivement touché. « Vot7'e nom, me dit-il, a été dans toutes les bouches et votre souvenir dans tous les cœurs. » Ces paroles m'honorent assurément et elles m'ont été d'autant plus agréables que je me crois, en effet, le droit de les regarder comme l'expression du sentiment de Varmée. Elle et moi savons bien que c'est nous qui avons amené Abd-el-Kader à soumission et non les savantes manœuvres dont on a peut-être trop parlé.

Mais ces paroles honorent encore plus Son Altesse Royale

1. Lettre écrite parle capitaine Trochu et signée par le noaréchal.

et sont un témoignage éclatant de lélévation de son esprit et de son cœur.

Je ne crois, pas plus qu'auparavant, au succès des grands feudataires que l'on institue en Algérie. Ces succès n'iront jamais, dans tous les cas, jusqu'à résoudre le grand problème du peuplement. Je ne crois pas, vous le savez, davantage au succès des communes de l'Ouest. On m'assure qu'un seul adjudicataire s'est présenté jusqu'à présent et je ne m'en étonne pas. Je m'étonne même qu'il s'en soit trouvé un et je suis bien assuré que s'il retire un intérêt suffisant de son argent, ses peines et soins, les pauvres colons qu'il aura placés seront bien maigres.

Vous me dites que vos travaux ne marchent pas faute de fonds. Je crains bien que vous ne soyez encore réduit de toutes manières. Je trouve déjà dans le projet de budget qu'on vient de mettre sous nos yeux une diminution de l million sur les bâtiments militaires en Algérie. Et puis on va partout disant que la soumission d'Abd-el-Kader vaut 20.000. 40.000 hommes à l'Algérie. Les plus modestes s'arrêtent au chiffre de 10.000. Je ne m'épargnerai pas, vous m'en pouvez croire, pour mettre un peu d'ordre et de lumière dans le débat. Je lâcherai de leur faire comprendre que leurs réductions ne porteront pas sur des soldats, des (ffjents de destruction fort coûteux (comme dit la démocratie pacifique), mais sur des travailleurs à bon marché, organisés, disciplinés, dévoués, admirablement propres à tout faire, en colonisation proprement dite, en travaux d'utilité générale, etc., etc.

Je parlerai au ministre des officiers que vous me recommandez. C'est déjà chose faite pour Gaubert, au sujet duquel j'ai écrit, il y a quelques jours avec beaucoup d'insistance, au ministre de la Guerre.

Faites mes compliments à Pélissier quand vous lui écrirez. Dites-lui que j'apprends avec grand plaisir qu'il s'occupe sérieusement de colonisation et qu'il réussit.

Adieu, je voudrais causer plus longuement avec vous.

314 CORRESPONDANCE INEDITE

mais je suis accablé d'affaires, de visites à recevoir et à rendre, de cérémonies, etc., etc. ; enfin j'ai à me débattre avec une correspondance toujours bien grosse et que dix jours de grippe ont démesurément accumulée autour de moi.

Mille amitiés.

Maréchal duc d'Isly.

A Monsieur le général Renault [confidentielle).

Paris, n février 1848.

Mon CHER GÉNÉRAL,

Dans ^ le cas où l'ordre public viendrait à être troublé d'une manière grave et où mon concours serait invoqué pour le rétablir, jai pensé que votre coopération me seiait fort utile.

Je vous engage donc à vous tenir prêt, particulièrement dimanche, jour que l'on désigne comme ayant été choisi par les facteurs de troubles. Dans le cas où ils éclateraient, vous vous rendrez en uniforme aux Tuileries où je me rendrais immédiatement de mon côté et où nous nous concerterions.

]Mille amitiés.

Maréchal duc d'Islv.

Paris, 25 février 1848.

Monsieur le Ministre,

Les événements -' qui viennent de s'accomplir, le besoin d'union générale pour assurer Tordre à l'intérieur et l'indépendance à l'extérieur, me font un devoir de mettre mon épée au service du gouvernement qui vient d'être institué.

J'ai toujours considéré comme le plus saint «les devoirs la défense du territoire de la patrie. Je vous prie de m'ao-

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