Archives Féray-Bugeaud d'Isly
i. Comte d'Ideville. Le Maréchal Bugeaud, t. I", p. 405.
316 CORRESPONDAÎiCn INEDITE
Le maréchal Bugevitt» *, Au ministre de la Guerre, if. leco'onel Charras.
P>ms, as mars 1848.
ClTO\EN MINISTRE,
Vous êtes mon recours naturel contre une palonom'e qui m'afflige et effraye ma famille, car elle se produit en articles de journaux, en motions de clubs, en lettres anonymes. Il est évident qu'on veut me vouer à la co'if'^re du peuple de Paris, en maccusant d'avoir ordonne l'' --"-sacre de la rue Transnounain en avril 1834.
Eh bien! monsieur le ministre, je ne suis point allé dans cette rue, ni aucune fraction des troupes que je commandais ; j'avais sous mes ordres le 32'' de ligne, colonel Duvivier, aujourd'hui crénérai de division, et la 9^ légion, colonel Boutarel. 11 est facile de faire une enquête, et je viens la demander instamment pour faire cesser des bruits qui me révoltent. Oui! j'ai voulu défendre les lois du pays violemment attaquées; mais ordonner de tuer des vieillards, des femmes, des enfants! la pensée seulem'en fait horreur.
L'homme qui a éprouvé souvent Tenthousiasme pur de la victoire sur les ennemis de la France, ne peut descendre à des ordres barbares. L'enquête prouvera que, loin de montrer de la férocité, j'ai arraché à de mauvais traitements une foule de prisonniers. Les gardes nationaux de la 9- légion, qui se trouvaient sur la place de l'Hôtel-de- Ville, Tattesteront, et, entre autres, M. Gabis, capitaine et député.
Après une longue carrière de dévouement à mon pays, après avoir soumis les Arabes de toute l'Algérie, j'étais loin de penser que je serais attaqué avec tant de violence et d'injusticepar des hommes qui font profession de patriotisme élevé.
Agréez, etc., Thomas Bugeaud,
Maréchal de France.