Archives Féray-Bugeaud d'Isly
2. Petit (Jean-Martin), né à Paris le 22 juillet 1772 et décédé le 8 juin 18o6. Sergent-major au 4" bataillon de volontaires nationau.x devenu partie de la 53° demi-brigade, il fit la campagne de Sambre-et- Meuse et celle d'Egypte où il fut blessé deux fois. Général de brigade en 1813, il devint major du 1" régiment de grenadiers de la Garde. Il a été rendu célèbre par les « adieux de Fontainebleau ». En non-activité en 1815, il fut replacé en 1830 et nommé lieutenant général en 1831. Gouverneur des Invalides en 1840, il donna sa démission en 1852 et fut nommé sénateur.
ma nui dans quelques esprits. Vous pouvez dire que je ne me suis pas mis sur les rangs, que ma famille et plusieurs de mes amis même ne voulaienl pas que j'en fusse et que cependant, malgré les intrigues non combattues du préfet et de ses auxiliaires les rouges, les paysans se sont obstinés à me porter et qu'il ne m'a manqué que 3i voix; au reste, notre département est des plus mauvais, parce qu'il est encore gouverné parles sujets de M. Ledru-Rollin, sous la présidence de M. Cailus, ancien condamné politique. D'un autre côté, les républicains du lendemain, quoique de beaucoup les plus nombreux, restent dans une apathie desespérante. La victoire des exaltés est donc des plus faciles. Aussi le conseil général est-il mauvais en grande majorité, il en sera de même des élections du département, tant que M. Cailus y restera. C'est toujours l'esprit de Ledru-RoIlin qui règne ici et dans le département de la Haute- Vienne. Nous avons cependant 10 députés modérés sur 13, mais ce sont les trois autres qui ont l'oreille du gouvernement, .qui maintiennent le préfet et qui viennent de faire destituer le procureur du roi, parce qu'il a été vrai dans son rapport sur la physionomie du département, lors des journées de Juin.
Vous voyez que dans la Dordogne on doit croire au système de bascule.
On ne pouvait choisir pour gouverneur général de l'Algérie un plus excellent homme que le général Charon, un plus grand travailleur, plus zélé pour ses devoirs.
Vous avez excité ma curiosité en me parlant de Valterca- "o7i des plus violentes des trois lieutenants généraux. De quoi s'agissait-il donc? Etait-ce de l'intervention ou de la politique intérieure?
Oui, je me souviens de la conversation du 20 avec H... t; mais comment aurais-je pu exécuter ce que je disais ou plutôt ce que je conseillais (car je n'étais rien)? Je ne fus appelé que le 24 à trois heures du matin et je fus de suite entravé par T. H. O. C •! '-^!-^< 'e? faiblesses successives
330 CORRESPONDANCE INEDITE
de la cour, qui avait laissé démoraliser les troupes pendant plus de soixante heures en les maintenant dans une altitude honteuse vis-à-vis de l'insurrection. Il n'y avait pas de cartouches, pas de pain et très peu d'avoine pour la cavalerie ; cependant je pris des dispositions rapides et énergiques, le moral s'était un peu remis, sauf chez quelques chefs qui furent d'une faiblesse déplorable; néanmoins j'aurais relevé cela et nous ne serions pas tombés d'une manière honteuse sans les lâchetés et les illusions de la cour ; je fus arrêté de mille manières, et lorsque enfin j'allais attaquer personnellement les gens qui tiraient des coups de fusil du côté du Louvre, on publia la nouvelle de l'abdication et on me retira le commandement. Toute ma résolution ne pouvait pas réparer le mal fait par l'absence de mesures préparatoires et de plans, à quoi vint s'ajouter le crescendo continuel de la pusillanimité.
Je ne sais si je vous ai dit que j'avais envoyé à M. le général de Bar une petite proclamation ou profession de foi pour le cas où cette démonstration serait exigée de moi ; j'ai lu cet écrit à trois personnes très compétentes, elles l'ont trouvé bien et n'ont vu que des avantages à le publier. Sur ce point je m'en remets à vous et à mes autres amis de Paris.
Vous devez connaître le général Baraguey d'Hilliers; il m'a manifesté d'excellents sentiments à plusieurs époques et notamment pendant mon dernier séjour à Paris, je suis persuadé qu'il emploiera son influence pour moi, s'il est informé que ma candidature a des chances.
Adieu, mon cher Genty, mille amitiés bien vraies.
Maréchal B. d'IsLv.
8 se/}/em6rel848.
Mon cher Genty'.
Votre lettre du 6 est de nature à me donner des espérances. Si Charles Dupin, Thiers, les généraux Petit et