Archives Féray-Bugeaud d'Isly
DU MARÉCHAL BIGEAID 1848) 335
sommes qui ont été acquittées pour moi. Vous avez bien fait de ne pas m'envoyer les factures, c'était parfaitement inutile.
L'nde mes amis m'a donné ce malin une idée qu'il n'est peut-être pas inutile de vous communiquer. L.-N.', m'at-il dit,« a été nommé dans six départements. Il optera probablement pour Paris, et dans tous les cas il y aura cinq vacances; est-ce que vos amis ne pourraient pas vous produire dans une ou deux? Si cela est possible, il ne faudrait pas perdre une minute afin de prendre les devants et ne pas laisser prendre d'autres engagements ».
Je vous avoue que cette idée m'a paru juste, qu'en ditesvous? Si elle est approuvée par mes amis, je pencherais pour l'Yonne, parce que j'y suis un peu connu en ce que j'avais beaucoup de soldats de ce pays dans mon régiment, et que plusieurs officiers qui y sont en retraite sont très chaleureux pour moi. J'étais à Auxerre quand je fus rejoint par l'avant-garde de l'Empereur, et j'y reclus l'Empereur luimême le même jour. J'y connais en outre un propriétaire chaud et remuant qui travaillera pour moi de toutes ses forces, s'il n'a pas pris d'engagement ailleurs. C'est Villetard-Laguérie, neveu du sénateur Villetard.
Si nous faisons celte entreprise, mon cher Genly, je vous dis très confidentiellement qu'il serait fort utile de rechercher avec une réserve extrême l'appui de ceux qui ont patronné le prince Louis, du général Piaf-, par exemple. Mais vous comprenez bien qu'il ne faudrait prendre aucun engagement, s' appuyer seulement sur la manière dont j'ai servi Napoléon, et leur démontrer par les faits que si, en 1815, tout le monde eût fait son devoir comme moi, Napoléon serait resté empereur des Français. On leur rappelle-