‹ Lettres inédites (1808-1849);Chapitre 96 sur 125 · Le prince Louis-Xapoléon · texte numérisé non relu

Le prince Louis-Xapoléon

2. Piat (Jean-Pierre), né à Paris le " juin 1774. mort en 1862. Souslieutenant au 56" d'infanterie en 1792. il est colonel du 83' de ligne en 1809 et général de brigade en 1813. Employé à l'armée du Nord, le 25 mars 1815, il est blessé à Waterloo et mis en disponibilité au mois de septembre 1815. Replacé en 1830, il est retraité en 1848.

Ii36 CORRESPONDANCE INÉDITE

rait qu'en 18iS, dix jours après Waterloo (28 juin), j'ai défait avec trois bataillons, forraanlun effectif de 1 .700 hommes une division autrichienne de 9.000 hommes, que je lui ai fait 900 prisonniers, et qu'elle a eu plus de 3.0Û0 hommes tués ou blessés, que, selon toute apparence, j'aurais détruit le reste après avoir reç-u deux bataillons de renfort, si je n'avais été arrêté dans mon mouvement offensif par un ordre impératif du maréchal Suchet et en même temps la dénonciation d'un armistice qui venaild'être conclu. J'avais précédemment pris ou détruit deux bataillons piémontais.

Il ne faut pas dire autre chose et leur laisser tirer les conclusions comme ils voudront.

.le parierais que notre collègue Larabit ^ n'a pas été étranger à l'action de ceux qui ont si bien dirigé les affaires de Napoléon. Son bonapartisme était des plus fanatiques, et c'était bien là, je crois, la principale source de son opposition à la dynastie d'Orléans. Il serait toujours très bon d'avoir son appui pour Auxerre et l'Yonne en général, où il a de linfluence.

Je ne vous en dis pas davantage, à bon entendeur salut.

Il serait en effet bien à désirer que l'on publiât les noms des électeurs absents, ne fût-ce que pour quelques arrondissements. Vous voyez qu'ils sont sourds à toutes les excitations en termes généraux. Peut-être seraient-ils sensibles à la citation de leur nom. Mais comment publier, dans un journal une telle liste? et qui la lirait? Il ne faudrait prendre peut-être que quelques sommités. J'attends une

1. Larabit (Marie-Denis), petit-neveu de l'architecte Soufflot, né à Roye le 15 août 179-2, mort à Paris le 24 janvier 1876. Entra à l'École polytechnique avec le numéro 6 et en sortit en 1812 dans le génie, avec le numéro 2. Attaché à l'état-major de l'Empereur, puis placé dans la Garde, fit la campagne de 1814, accompagna Napoléon à l'île d'Elbe et se distingua à '\\'aterioo. 11 lut licencié à la Restauration, rappelé au service en 1818, fit la campagne d'Espagne de 1823 et devint secrétaire adjoint du comité des fortifications en 1826. Il fut député d'Auxerre de 1831 à 1848, prit place à gauche. Au lendemain de la révolution de 1848, il fut nommé directeur adjoint du personnel au ministère de la Guerre. M" Aflre fut tué à ses côtés.

autre lettre de vous demain, car vous voudrez bien m'apprendre le résultat définitif.

Maintenant que vous n'avez plus à me parler de ma candidature, donnez-moi quelques nouvelles sur la situation au dedans et au dehors.

Adieu, cher ami, mille choses affectueuses el dévouées pour vous et les vôtres.

Maréchal B. dIslv.

La Duranlie. le 7 octobre 1148.

Mon cher Gent\',

.le réponds à votre lettre du 4 octobre.

Tranquillisez-vous. Pendant la crise électorale, j'ai reçu une lettre de vous chaque jour, aucune ne s'est perdue; toutes ont été brûlées après lecture, bien qu'il n'y eût au fond rien de compromettant, et qu elles ne respirassent que le pur patriotisme et la pure amitié.

La fièvre n'est pas revenue depuis douze jours, mais elle ou la quinine m'a laissé une douleur occipitale qui revient à divers intervalles avec des douleurs très vives. Cet accident retarde ma convalescence; néanmoins j'ai pris un peu de forces.

.îe vois que Pinoteau est en roule et qu'il m'apporte une longue lettre de vous. Je recevrai la lettre et le porteur avec grand plaisir.

J'ai remarqué comme vous avec plaisir l'article de Y Assemblée nationale sur la calomnie de la rueTransnonain. En y réfléchissant bien, je crois que vous avez raison ; il ne faut pas faire de procès. Je puis d'autant mieux m'en abstenir que la menace ne vient pas de moi.

Je n'ai jamais eu l'intention de nier que j'ai combattu l'anarchie; je m'en fais honneur et gloire. J'ai voulu geidement repousser l'accusation d'avoir ordonné le massacre de quelques êtres inoffensifs.

Page 1