DES PRUNIERS
Diapré Rochecorbon Mirabel Catalane
DES PESCHERS
Mignion Bourdin
Brigniau violet Hative Chevreuse
Pèche de troix jaune.
On vous prie d'envoier chaque espèce des dits poiriers, pruniers et peschers deux petites arbres ou plantes par le voye ou de Nantes
1) On sait que les évêques n'avaient pas le droit de prononcer une peine entraînant l'effusion du sang; mais aucun règlement ecclésiastique ne les empêchait d'assister à un procès capital, ni de participer à son instruction.
2) Pour Coignier.
LETTRES A THOYNARD. l68o.
ou de Rouen comme vous les trouverez la plus commode pour être embarquées dans le premier vesseau qui part pour aucun de ces ports en Angleterre (viz), Lime x) Poole, Weimouth ou London avec le suivant Adresse
For the Earl of Shaftesbury at S1 Giles To be delivered to Mr Bowdich at Lime or to Mr Moses Durrel at Poole or to Mr Peter Percivall in Lombard street
London.
Le marchand à qui vous les ferez addresser ou à Rouen ou à Nantes fera cela selon les formes
On prie aussi qu'on les fasse partir par la première occasion avant que l'hy ver soit avancée.
Je suis fort affligé de ce que vostre indisposition ne vous permette pas de sortir encore; si soit un fièvre (febris)où il y ait quelque intermission il faut prendre lekinkina sumendo Zi2)vel in bolo vel in pilules
1) Lyme Régis (Dorset), â 10 kilomètres Ouest de Dorchester.
2) C'est-à-dire \ once. Cf. Lettre du 9 février 1681.
Les fièvres intermittentes furent très fréquentes à Paris en 1678 ; c'était la maladie à la mode ; elles le restèrent pendant plusieurs années. Vid. Lettres de Mme de Sévigné, 1679-80. Un médecin anglais passait pour avoir un remède infaillible dont on usait beaucoup à la cour. Il en tenait la formule secrète. Mais Charas, ^apothicaire et fameux artiste du roi", comme s'exprime le Journal des Savans (21, 11, 1678, p. 44), un médecin de Paris, Guide et „ quelques autres", prétendaient en avoir trouvé la recette : il fallait prendre trois onces de mercure doux, une once de poudre hémétique „faicte de verre d'antimoine [oxysulfure] sans addition, broyé sur marbre, humecté dans l'esprit de vinaigre et séché au soleil, tout cela réitéré jusqu'à ce que cette poudre devint blanche. Il faut ensuite la mettre dans une cucurbite avec de l'esprit de vin bien rectifié qu'on retirera par fe feu de sable [bain-marie dans le sable], jusqu'à ce que la poudre soit entièrement sèche". La dose était de VI à X grains (1 grain = 54 milligrammes] pour les enfants; XX à XXX grains pour les personnes plus robustes.
Dans Les Nouvelles Découvertes de mars 1679, Blégny dit tenir du médecin anglais sa recette ; les éléments principaux sont : 3 onces de quinquina, autant d'écorce de frêne en poudre, 4 onces d'esprit de vin rectifié, 1 once d'esprit de sel [solution d'acide chlorydrique dans de l'eau] ; le tout doit être chauffé au bain-marie pendant 4 heures au moins. Cette recette est plus voisine de celle de Lk. qui est la plus simple et sans doute la meilleure des trois.
L'usage du quinquina pour le traitement des fièvres n'était pas une nouveauté en France, et particulièrement à Lyon. En 1679 avait paru dans cette ville un in-12 intitulé : De la gtiérison des fièvres par le quinquina, puis Hippocrate, de l'usage du chin-china pour la guérison des fièvres, par M. Restaurant, de la ville du Saint-Esprit, docteur en médecine de l'Université de Montpellier. L'auteur prouvait qu'Hippocrate, s'il eût connu le quinquina, n'aurait pas manqué de ie prescrire. La même année paraissait encore à Lyon ; Observations sur les fièvres et les fébrifuges, par Spon, in-12 et le Journal des Savans en en rendant compte, le 17 mars, commençait ainsi: „Jamais on n'a tant parlé de fébrifuges, que depuis que le médecin anglais fait avec le sien des cures si
4â quâque horâ, incipe statim post finitum paroxismum et repetendo per 6 vices (experto mihi saepius crede) Valde doleo quod laboranti non adsum et mihi melius esset et si quid mea fides cura diligentia et amicitia efficere posset, me sperarem tibi non inutilem fore. Sed cura diligentissime ut valeas.
4 sept 80 [Adres. à la Teste noire. Thoyn :] Kinkina.
[20] 16 Sep. 80.
Avant l'honeur de vostre dernière du 21 x) du courant j'avois cherché la machine que j'avois cru vous et Mr Oury avoir souhaitée et je me suis informé du meilleur horologer de la ville estant persuadé que c'étoit The divideing engine Machina divisoria et non pas : The divideing-plate Tabula divisoria 2) quam desiderastis. Après tout, j'en ay vieu deux de diverses façons et à divers usages, une pour les horloges domestiques l'autre aujourd'hui chez Mr Bel pour les monstres, et l'une coupe avec des roues tournés et l'autre chez Mr Bel avec des limes. Aspenall 3) (qui est mort) en avoit une de sa façon valde operosam sed ad plures res utilem quaetamen postillius mortem apud alios operarios nullo est in pretio. Tompion 3) qui est 1 horologer le plus renommé d'Angleterre en a une qu'il a fait lui
surprenantes". Le médecin anglais était un empirique nommé Talbot. Ayant fait expérimenter son remède à la cour par son premier médecin, d'Aquin, Louis XIV l'acheta à Talbot, lui en promettant le secret jusqu'à sa mort. (Talbot mourut en 1682). Ce remède que Lk. n'estime pas trois sols fut payé par Louis XIV (d'après Franklin, Les Médicaments) 48.000 livres, plus 2.000 livres de pension et le titre de chevalier. C'était une infusion de quinquina faite avec de l'écorce en poudre, arrosée pendant un ou deux jours avec une décoction d'anis ou du suc de persil; quelquefois Talbot y ajoutait un peu d'opium.
1) La lettre de Th. du 11 — 21 septembre aurait-elle pu arriver en six jours? Il serait plus vraisemblable d'admettre une erreur de date, ou d'entendre la date ad fin., par Th., non pas 16 — 26 septembre, mais 26 septembre-6 octobre. En effet, Th. n'a pas l'habitude de ramener au style français les dates de Lk. Viâ. ex. gr. Lettre du 10 juin, 15 novembre, 29 novembre 1680.
2) On sait que la machine à couper les dents de roues, se compose de deux parties essentielles: le système qui taille au moyen de roues, de limes ou de fraises, et une table circulaire, sur laquelle on place la roue à tailler. Il faut que cette table soit divisée en parties rigoureusement égales, autrement les dents des roues ne seraient pas identiques et le fonctionnement de l'engrenage serait irrégulier. C'était la construction de la table à diviser qui était la plus difficile.
3) Aspenall ou Aspinall ne fut qu'un très habile constructeur, mais Tompion mérita d'être appelé „le père de l'horlogerie anglaise". Il était déjà célèbre en t68o. Né en 1639, il fut apprenti de 1664 à 1671. Conformément aux exigences des statuts de la corporation, Tompion dut continuer à travailler à la journée, deux ans encore après la fin de son apprentissage, jusqu'en 1673. En I07S» il construisit sous la direction de
LETTRES A THOYNARD. l68o.
même à sa phantasie. Je ne l'ay pas encore veu mais il m'a dit que c'est une machine fort grande affichié à sa maison et non pas portatife.
Je lui demanday qui estoit le meilleur ouvrier de ces machines dans la ville et quelle sorte en estoit la meilleure. Il me dit qu'un nommé Smith en fit les meilleurs et Mr Bel me dit que ce Smith avait fait la sienne. Mais ce Smith est allé en mer.
Tompion me dit aussi que celle qui coupe avec des roues est meilleur que l'autre, mais si elles ne sont pas fort justes elles ne valent rien ny l'une ny l'autre. Voilà toute l'histoire de ce que je scay de cette machine jusques à présent. Je tacheray de me mieux informer et de la machine et d'un bon ouvrier qui en fait les meilleur, en attendant vostre réponse si vous en voulez une pour les horologes ou pour les monstres à poche. Pour l'argent qu'elle coustera ne vous mettez pas en peine. Quand vous l'aurez entre vos mains je le croiray entre les miennes. Ce qui me mete plus en peine c'est d'en trouver une bonne, et quand je l'aurai trouvée de le vous envoier avec seurté mais si vous pouvez établir quelque communication avec Monsieur Anglachy à Diepe, qui connoist fort bien Mr Brisban, et les capitaines des yachts quand ils arrivent à Diepe vont toujours chez lui et dépendent de Mr Brisban estant (comme il est) secrétaire de l'Admirauté. Songez-y un peu, je vous en prie, si vous n'approvez cette voie pour nous envoier réciproquement.
Aspinal est mort, ses monstres étoient fort estimées, mais elles avoient 5 roues *) comme al ordinaire et rien autre chose particulière hormi le soigne de les faire fort justes.
Je vous prie de me mander si les patates 2) que vous souhaitez sont pour planter dans des jardins ou pour manger, parce que je ne puis pas trouver quod haec bellaria Indorum nostris nascuntur in hortis quamvis insolens esset si nostrum contemnant solum, quandoquidem antiqua Egyptiorum numina illic nasci non dedignantur.
Hooke la première montre anglaise ayant un ressort de balancier. Elle fut présentée à Charles II avec cette dédicace: Rob. Hook inven: 1658. T. Tompion fecit 1675. En 1676, Tompion construisit les horloges de l'Observatoire de Greenwich. Plus tard, il fit pour Ed. Barlow la première montre à répétition (1687); en 1695, il s'associa avec Barlow et Will. Houghton, et prit un brevet pour la construction des montres à cylindres inventées par Barlow.
1) Les montres ont toujours cinq roues dentées. Th., puis Lk. ont cherché à en supprimer une, et à remplacer la fusée par un autre organe.
2) On sait qu'il y a deux sortes de patates ; batatas edulis, comestible, et batatas jalapa, dont la racine est douée de propriétés purgatives.
LETTRES A THOYNARD. l68o.
A la fin, j'ay trouvé le modèle du vaisseau à deux quilles *) dont j'ay fait faire une description que je vous enverray par la première occasion. Il y a quelque temps que j'ay mise un autre paire de cartes entre les mains de Mr Charas pour vous estre envoyé.
Tous les disgrâces qui vous sont arrivées me touchent de fort près et surtout j'estois fort surpris de celle qui naquit dans la maison où je m'étois assuré que vous trouverez toujours un refuge et support contre les injures des autres. J'avais bien d'autres choses à vous dire, mais le monde entre et m'interrompt et la poste s'en va et je me souhaite avec vous à Paris, mille fois. Je baise les mains très humblement à tous mes amis que vous avez nommé dans vostre lettre.
[Thoyn] : Londres, 26 septembre 80. [Adr. à la Teste noire.]
[21] Londres, 6 oct. 80.
Si Monsieur le Chevalier Linch fait le voiage de France il vous apportera le modèle à deux quilles avec quelques autres bagatelles mais comme je ne suis pas assuré de son voyage et il est présentement hors de la ville je les a lessés chez lui pour être apportez en cas qu'il aille à Paris parce que je ne le verray pas avant son voiage puisque je suis sur le point de partir pour Oxford ; à mon retour je vous rendrai compte des patates.
En attendant, il faut répondre à vos demandes le mieux que je puis.
i° Il me semblait par la lecture du livre de Mr Boyle 2) p. 218 Art. XIX qu'il faut deux machines l'une à mettre la viande et l'autre l'eau qui la cuit et je suis confirmé en cette opinion par Mr Boyle même à qui j'en ai parlé.
Outre ceux que vous avez nommés, Vilaipandus 3) a écrit les dimensions du Temple in Libro de Templo Ezechielis. Lightfoot
1) L'idée d'un vaisseau à deux quilles n'était pas de Th., mais elle le préoccupa longtemps; ses amis s'y intéressèrent: „Dubos, savant historien et critique, membre et secrétaire perpétuel de l'Académie française, lui demande le dessin de son vaisseau à deux quilles". Cuissard, op. cit., \>. 43.
2) Boyle: Expérimenta physico-mechanica, Oxford, 1680. L'expérience de Boyle n'est autre que celle faite par Papin avec son „digesteur".
3) Pradus, Hier. J. Bapt. Villalpandus ; In Ezechielem explanationes et apparatus urbis ac templi Hierosolymitani commentariis et imaginibus illustratus. Romae. Vullietus, 1596, 1602, 1605, 3 vol. gr. in-f°. Vid. Grœsse. Trésor des livres rares et curieux, 1864.
LETTRES A THOYNARD. l68o.
a fait un Treté exprès du Temple *) mais c'est en Anglois. Hafenreferus 2) aussi a écrit en latin à ce qu'on dit.
Je vous prie de faire mes très humbles baise-mains à Monsieur Justel et de lui dire que Litlebury le fils n'a point acheté pour lui le traité des échecs, ny même (à ce que je crois) le cherché. Il dit seulement qu'il est difficile à trouver mais je vous prie de l'assurer que je ne manquerai pas de le rechercher avec diligence.
[sans signature. L'adresse est à Toinard a la Teste noire, rue Mazarin, etc....]
[22] Oxford 24 oct. 80.
L'honeur de la votre du 23 du courant me trouva ici avant hier et je suis fort mari que je ne suis plus à Londres pour vous rendre tous mes services et soignes ou pour vous-même ou pour ceux pour lesquels vous vous intéresés et en particulier pour Monsieur Ouri. Mais j'y a pourvu le mieux que je pourrois et avant que de partir de Londres je tiray une promesse de Mr Hooke d'en prendre le soigne en mon absence. Il est le plus habile homme que je say à Londres en toutes sortes de machines de cette sorte et je me serois confié à son exactitude en cette affaire même si j'aurois été à Londres. Je vien de lui écrire sur ce sujet et je m'assure qu'il vous en rendra bon compte. Je vous demande pardon de m'avoir si mal expliqué. L'ouvrier (à ce que je m'en souviens) demanda 8 livres sterling pour la machine entre ses mains et 7 pour une autre à couper les roues seulement sans les pinions, il est bien possible qu'il n'en demande plus que le juste prix mais je ne marchandai pas avec la dernière exactitude parce que je n'estois pas asseuré de quelle sorte vous le souhaitiez, et je cherchois le moien de vous informer le mieux que je pouvois de toute l'étendue de cette machine.
Quand j'étois ici à Oxford, l'année passée, je proposoi à Mr PEvêque la machine des charactères ou ligateurs [ligatures], mais je suis bien confirmé et par là et d'ailleurs que les choses les plus utiles si elles sont nouvelles entrent seulement dans l'esprit de ceux qui y apportent une attention exacte et particulière.
1) Lightfoot, Jean, né à Stoke, dans le comté de Stratford, 1602, mort le 6 décembre 1675: Descriptio templi Hierosolymitani,prœsertim quale erat tempore Servatoris. Ses œuvres ont été publiées à Rotterdam en 1686 et à Utrecht par Leusden 1699. Sur sa vie Vid. Some gemiine remains of the late pious and leamed Dr. LiGHTFOOT ; 1700.
2) Hafenrefer, Matthias: Templum Ezechielis, sive in IX postrema Prophetae capita commentarius, etc.. Tubingae, 1613, in-f°. Vid. le titre complet Lettre du xer avril 1681.
LETTRES A THOYNARD. l68o.
Pour le Malela, je le pousseray encore, data occasione.
Le modèle du Temple dont vous parlez etoit autrefois à Londres, mais je ne l'avois pas vu.
Je resaliie Mr Romer et je suis aussi fâché de ce que j'ai perdue l'occasion de le servir dans l'affaire de la machine de Papin x) que j'avois commencé, mais je tâcherai de suppléer à mon absence par l'entremise de Mr Hooke, à qui j'ay écrit sur ce sujet aussi. Mr Papin et lui aussi sont amis et proche l'un de l'autre.
J'ay la même pensée que vous sur la machine double pour la cuisson des viandes, mais je n'avois pas le loisir de l'approfondir avant que je quittois Londres, à mon retour je tâcherai de la mieux comprendre et d'en faire quelques expériences. M. Bernard avait raison on trouve ici à Oxford Noldius 2) qui ne se trouve pas à Londres si vous n'en avez point encore mandez-moi je vous l'envoieray.
Je scavais par ouy dire ce que vous m'avois dit des rats à Bourmunde, mais je n'en scavois rien d'assuré et Mr Boyle ne pouvois pas m'en informer et d'ailleurs vous pouvez vous imaginer que je n'étois pas trop pressé de chercher le remède'pour extirper ces genslà qui maintenant possèdent l'Ile Bourbon puisque c'est le rival de nostre Caroline en vostre faveur et vous m'avez promis de vous retirer avec moy en Caroline si vous n'alliez pas à l'Isle de Bourbon, c'est pourquoy les rats qui vous défendent d'y entrer sont des bons amis, et vous ne voulez pas que je leur fasse la guerre qui sont de mon costé.
Je ne puis si bien excuser ma négligence sur vostre système touchant la variation 3). C'est un subjet dont je n'avois pas fait assez
1) Il s'agissait, non du „digesteur", mais d'une machine pneumatique. Vid. Lettre du 4 septembre 1680.
2) Noldius, Christian, né à Noybia en Scanie, 1626, mort professeur de théologie et ministre à Copenhague, 1683 : Concordantia particularum Ebreo Chaldaicariim, etc... Copenhague, puis Sena 40 1734.
3) La question de la déclinaison préoccupait vivement les savants à cette époque; les plus prudents collectionnaient les observations des navigateurs, d'autant plus déconcertantes que les variations naturelles de la déclinaison s'ajoutaient aux erreurs ou aux fantaisies des expérimentateurs. Les systèmes proposés pour expliquer les variations étaient déjà fort nombreux. L'année 1680 même en vit paraître un: Nouveau système de l'aimant, par M. Mallemant de Messange. Depuis cent cinquante ans, Chabot et Oviedo avaient avancé que l'aiguille aimantée déclinait tantôt vers l'Est, tantôt vers 'Ouest. Simon Stevin (Œuvres, 1634, Leyde, Elzevier) avait fait inprimer dès 1608, un système reproduit par Grotius au Livre V de sa Géographie. Il repose sur six principes :
i° Sur un même méridien, dans un même hémisphère, la déclinaison est partout la même.
grand recueils des observations pour y penser mais si vous en avez assez pour vous assurer qu'elle va toujours de l'est à l'ouest, mon
2° Il y a des méridiens que l'on peut appeler magnétiques, sous lesquels il n'y a aucune déclinaison.
3° Le premier méridien magnétique passe par Corvo (une des Açores) le deuxième a 6o° de longitude par Helmstendam, à l'Est du Nord cap de Finmarchie; le troisième à i6° de longitude par l'embouchure de rivière de Canton, en Chine.
4° Dans le premier intervalle la déclinaison est au Nord-Est; dans le second, au Nord-Ouest.
5° Entre les deux méridiens, il y a un maximum de déclinaison qui est équidistant des deux.
6° Le maximum dans le premier intervalle est de 130 24' dans l'hémisphère Nord, et de 190 dans l'autre. Dans le deuxième, elle est de 330 au Nord et de 220 au sud de l'équateur. Quant à l'hémisphère occidental, les observations font défaut.
Métius ajouta à ce système un méridien magnétique, donc deux intervalles de ioo° ; de 160-2600, et de 260-3600; dans le premier la déclinaison est Nord-Est, dans le deuxième, Nord-Ouest.
D'après Bartolomeo Crescentio, De nautica mediterrantiea (1607), il n'y a qu'un méridien magnétique qui passe par la pointe Est de l'île Saint-Michel, et par le milieu de l'île Sainte-Marie (des Açores) ; il est coupé â angle droit aux pôles par le méridien de déclinaison maxima (220 30'). La déclinaison est toujours Nord-Est dans l'hémisphère oriental, et toujours Nord-Ouest dans l'autre, avec un maximum au milieu de l'intervalle. Pour trouver la longitude, il suffit d'une règle de trois : 220 30' de déclinaison correspondant à 900 de longitude, ii° et quart, par exemple, correspondent à 45°.
Les systèmes de Dudlé, Del Arcano del Mare et du Jésuite RiCClOLi, Geographia reformata, 1661, furent des plus en faveur; mais la théorie la plus satisfaisante, accompagnée d'une invention ingénieuse, fut proposée en 1687 par de la Hire. Il faisait une boussole avec un anneau d'acier aimanté suspendu par son centre; il pensait que cet anneau resterait fixe parce que ses pôles se déplaceraient dans le fer même sans l'entraîner ; de sorte qu'une fleur de lys, mise à Paris dans la direction du nord, y resterait partout. Puis il proposait trois principes que l'expérience devait vérifier.
i° „I1 y a sur la terre deux pôles de vertu magnétique: ces pôles changent et sont différents des pôles de la révolution journalière."
20 Chaque pierre d'aimant a des pôles de sa vertu. Ces pôles qui ont changé de place dans une pierre (la Hire l'avait observé dans une pierre sphérique) pourraient bien en changer aussi dans les autres, et peut-être que leur changement est analogue à celui des pôles magnétiques de la terre.
30 Si cette analogie existe, il n'y a point de doute qu'une pierre d'aimant, librement suspendue, demeurera immobile et qu'elle aura un point toujours tourné vers le pôle de la terre (ce point s'appellera le pôle de la pierre), pendant que les pôles de sa vertu passeront successivement en différents endroits, à mesure que les pôles magnétiques changeront de place sur la terre.
La Hire demandait aux navigateurs de vérifier cette hypothèse. L'expérience réussirait sans doute avec un anneau de fer doux aimanté par induction. Mémoires de V Académie des Sciences de Paris (t. VII, 1729, p. 825-834). Sur le système même de Th., M. Cuissard cite cette phrase {op. cit.). „I1 fit de la géométrie avec un savant récollet du couvent d'Orléans nommé Euverte Cador. D'après leurs recherches, la déclinaison de l'aiguille aimantée avait sa cause dans le mouvement de la matière aimantée autour du globe terrestre, par l'Ouest, et en un temps donné, l'aguille devait faire le tour du globe, comme la fleur de lys qui marque à présent le Nord, un jour marquerait le Sud". Cela s'accorde bien avec les remarques de Lk.
LETTRES A THOYNARD. l68o.
inclination est avec votre variation et je crois que votre hypothesis est fort raisonable, mais je ne puis pas reconcilier avee cela une des observations de vostre capitaine où il dit quau cap des Eguilles ou il ri y avoit autrefois aucune variation^ il y a 16 ans quil y avoit io° et à présent il ri y en a que 9 unde mihi videtur eo saltem in loco ad orientem retrogradi mais sur vostre système, je vous propose ces reflections :
i°. Si directio magnetica inhemispherio boreali declinet semper a meridiano versus occidentem et itidem ex altéra parte lineae aequinoctialis declinet versus orientem ex parte silicet directionis sive radii magnetici quae polo vicinior, rogo an hujus rotationis centrum sit in ^Equatore (viz) an radius magneticus secet meridianum solum in aequatore vel in quolibet alio puncto.
2° Rogo an radii hi magnetici sint in tota sua longitudine recti adeo ut, quantum radius magneticus v. g. Parisiis declinet versus orientem se : sub eadem latitudine australi in quâ sita sit Lutetia versus boream.
30 An omnes hi radii magnetici déclinent a meridiano aequis passibus ut radii rotae qui in volutatione suâ circum axem suum eamdem inter se distantiam servant, si ex observationibus tuis quas scio accuratissimas te undique collegisse aliquid stabiliri potest ad dubia haec resolvenda magnam afïeret lucem et tuae hypothesi et directioni magneticae. Verum ut ut fit si variatio illa persistât semper ad occidentem, bene nobiscum actum est quod pixidis nauticae usus nobis repertus sit eo in tempore quo radii magnetici ad polos mundi dirigebantur si quando enim ad paralelismum cum ^Equatore perveniant, magnum illud artis nauticae instrumentum nullius erit usus.
Je vous remercie très-humblement pour le soin que vous prenez pour les arbres et je vous demande mille pardons de la liberté que je prens avec vous.
Je ne scay si Ton a observé icy quelque tache mais Mr Hooke me dit qu'il en avoit averti les plus habiles et les plus affectionnés à cette science de nos gens. Je tacheray d'en faire icy.
Vous m'avez dit autrefois quelque chose d'une invention pour régler les petites pendules Si cela réussit bien vous me ferois plaisir de m'en faire part.
Je vous prie de faire mes très-humble baise-mains à Mr l'abbé
1) Il s'agit d'une invention de Thiout, horloger, probablement un ancêtre d'Antoine Thiout, auteur d'un Traité d'horlogerie mécanique et pratique. Paris, 1767, 2 vol. in-40.
LETTRES A THOYNARD. l68o.
Gendron à Mr le Capetaine à Mr Ste Colombe et à Mr l'abbé Renaudot et je ne sais si je doive nommer Mr Johnson J) parce que il ne parle plus lui-même.
Je ne comprenne pas bien ce que je trouve au bout de vostre dernière où vous parlez de quelqve privilège de relier en veau mais je scay bien que tout privilège vous est due. Je suis Monsieur vostre très humble et très obligé serviteur. J. L.
[Adress. a la Teste noire.]
[23] Londres, 15 Nov. 80 2).
Monsieur,
Aussitôt que j'estois de retour j'envoiois à Mr Hooke scavoir ce qui s'étoit passé touchant la machine qui me disoit aujourd'hui qu'il l'avoit vue et qu'il la trouvoit fort bien travaillée et qu'elle seroit achevée dans peu de jours, et que l'ouvrier étoit résolu de ne point la vendre à moins de huit livres sterling, voilà tout ce que je puis dire sur ce sujet, et j'attende la dessus vos ordres que je suiverois exactement.
Le lendemain après mon retour je reçus l'honneur de votre du I3me courant et je suis fort persuadé que ces derniers bouchons 3) sont aussi seurs que ceux de verre à visse que vous avez si bien exécutés. Je parle de tous les dieux que vous proposez. J'ay parlé à Mr B . . . 4) du secrète sans nomer personne et quoique il ne doubte
1) On ne saurait identifier ce M. Johnson avec Thomas Johnson (1664-1729), fondateur d'un quartier de Liverpool (les Thomas Buildings), mais peut-être avec Samuel Johnson (1649-1703). Sa carrière politique n'était pas encore commencée; il venait cependant d'attirer l'attention par un sermon prononcé le 13 avril 1679, le dimanche des Rameaux, devant le lord mayor, à la chapelle de la Guildhall : il s'était élevé avec énergie contre le papisme; c'était une action indirecte en faveur du bill d'exclusion (J. était alors chapelain de lord Russell). Sa réputation commença en 1682 par la publication de son Julien P Apostat. Le papisme est dépeint comme un paganisme moderne, le duc d'York est l'Apostat.
2) Cette lettre ayant été écrite dans un café, il est vraisemblable que Lk. en a écrit le début sans dictionnaire français, et comme il ne fait guère plus de fautes qu'à l'ordinaire, on peut croire qu'il écrivait ses lettres familières françaises currente calamo. Les Mss. ne portent d'ailleurs presque point de ratures motivées par la correction grammaticale.
3) Th., d'après ce passage aurait „fait exécuter" des bouchons de verre à vis; ce qui laisse supposer qu'il en était l'inventeur. Il aurait de plus imaginé des bouchons métalliques. Cf. Lettre du 13 décembre 1680.
4) Le nom est en hébreu, sans points voyelles, et l'on peut lire Béri, Bori ou Bari, mais non pas Boyle. Lk. en a-t-il à dessein défiguré le nom?
LETTRES A THOYNARD. 1680.
pas que ce que je lui propose se peut faire en des tonneaux et autres vesseaux qui sont en repos crédit autem magnam agitationem quam patitur vas illud de quo agitur ruinas acturam nec a quavis ferruminatione posse ita contineri ut nequaquam dehiscat. Alterum illud experimentum magnae esse utilitatis et emolumenti nullus dubito. Sed de eo uti mandasti ne verbum quidem ; quod ad spem quamtibi hac ex parte proponere possum ita se res habet : Si quod inventum publicae utilitatis proponatur, aequa et digna statim expectari potest mercedis remuneratio et insuper aliquot annorum privilegium x) ut solus qui prope fuit inventum idem exerceat quantoque possit Emolumento. Haec raptim et inter murmura cauponae corïeae, sed quod me hac in re maxime placet spes est te hie paucis afïore. Spondeo n : te nusquam majore cum fructu hujusmodi res posse proponere, si de his pauca tantum respondeo, facile suspicari posses quorsum tam taciturnus, probo n ? et sequor exemplum. Sed de his hactenus et nil mihi rescribas, attamen ipse veni
[non signée]
[A la Teste noire ; Thoyn :] 1 5 Nov. 80.
[24] Londres, 29 Nov. 80.
Monsieur,
Dans l'embarras où j'etois avant que je quittois Londres j'avois oublié de vous dire bien des choses et entre autres que l'expérience que vous proposez de faire sur l'eau de mer pour essayer de le rendre douce 2) est presque aussi difficile à faire à Londres qu'à Paris. Ce que je crois vous surprendra beaucoup puisque vous écrivez qu'il
x) La législation des privilèges a été établie plus tôt et d'une façon beaucoup plus précise en Angleterré qu'en France. Dès 1623 Jacques Ier avait dû limiter par un act le nombre et la durée des privilèges. Ils n'étaient accordés qu'a titre de faveur royale, pour une durée de quatorze ans.
a) Rendre potable l'eau de mer était encore une question ^actuelle" en 1680. On en cherchait le moyen en Angleterre aussi bien qu'en France. L'un des plus satisfaisants fut trouvé par deux Anglais : Veau de mer douce, ou la manière de rendre douce l'eau salée, par Fitzgerald et Oglethorpe. Lond., 1683, traduit en français par le sieur Guy Miege, à Paris, chez J. Cusson, 1683. On y décrivait une machine qui n'avait que 36 pouces et pouvait fournir en 24 heures, 360 pintes d'eau douce. On y introduisait certains ingrédients, le principal secret des inventeurs; avec 15 sols de ces ingrédients, on pouvait obtenir 400 pintes d'eau, et, une barrique contenait ce qu'il fallait de ces drogues pour un voyage aux Indes. On avait expérimenté ce procédé devant le collège des médecins de Londres. Boyle l'avait approuvé ; Lk. en eut probablement connaissance, puisqu'il écrit à Th. en 1685 que l'on a trouvé le moyen d'adoucir l'eau de mer.
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faut mettre de l'eau de mer dans la machine et de la prendre lors de la haute marée à Londres, mais pour vous dire la vérité, il n'y a point de l'eau de mer qui approche Londres de vint mile, à Gravesend il commence d'avoir un peu de goust salé mais à Londres pourtant qu'il y ait une grande marée elle est en tout temps aussi douce que l'eau de pluie, ce que je vous envoyé pour une expérience en attendant que je puis trouver la commodité de faire l'autre.
Vostre pensée que si l'on accoutumoit de petites enfants à boire l'eau de mer *), ils pourroient se passer d'autre est fort raisonnable, dubito autem an sanitati perfectae et vitae longevae conduceret potus naturae nostrae dissonus, quamvis magnam consuetudinis in omni génère vitae vim esse facile agnosco ; et quod potum aquae marinae superat est omnimoda potus abstinentia. Magnus sylvarum tractus est in quibus nascuntur nutriunturque Da mae qui pertinent ad comitem de Shaftesbury. In toto hoc tractu terra undique sicca est, nullis fontibus rivulisve irrigua, adeo ut certum est damas illic fréquenter per integros aliquando menses et amplius nihil omnino potare, nihil humidi imbibere, nisi roris guttulas foliis adhaerentes in potum sufficere credas ettamenferinampinguioremetsapidiorem nusquam reperies. Et quo amplius nihil est pullos equinos hisce syl vis pascendos aliquando immittunt, qui si primae aestatis sitim ferre possint et inde enatum periculum elabantur, in posterum tuti sunt, nec unquam defectu potus moriuntur, quanquam per duos tresve aliquando menses déficiente pluvia aquam pitissare non detur.
Descriptionem morbi quem Megraine appelas desidero, remedium enim jam paratum habeo, annulum silicet ex chalybe prout praescriptum est afîfabre factum, non enim ex pondère metalli vim ejus aestimandam credo.
J'ai parlé encore à l'Evesque d'Oxford touchant le Malelaqui m'a dit que si vos messieurs ou Libraires veulent prendre 400 exemplaires de l'édition à un prix pour défrayer seulement les dépenses du travail et du papier on en gainera rien. Il le fera imprimer quand il vous plaira et en telle façon, papier, grandeure et character que
1) La cruelle expérience imaginée par Th. ne fut sans doute jamais tentée; mais cette fois encore il s'occupait d'une question à l'ordre du jour. On avait essayé en Saxe de remplacer le lait par une bouillie qui faisait merveille, d'après une let re écrite de Dresde à Justel et communiquée au Journal des Savans (décembre 1679). On construisit à Paris des appareils pour conserver le lait et le distribuer à une vingtaine d'enfants ; il parut plusieurs livres sur la manière d'élever les enfants sans nourrices. Vid. surtout le Traité historique et médicophysique touchant les e?ifants nouveau-nés, analysé dans le Journal des Savans, 24 mars 1681.
LETTRES A THOYNARD. l68o.
vous le souhaitez. Et non pas seulement ce livre cy mais quelque autre que ce soit qu'on voudroit parce que n'estant pas marchand mais opposé à l'intérest de nos libraires qui ont trop chargé la littérature par le prix déraisonnable de leurs livres, Il a le desing d'obliger les gens de letres par des livres à bon marché (parce qu'il est comme vous un homme qui souhaite le bien du genre humain) mais comme il n'y veut rien gainer il ne veut aussi perdre et dépendre de la volonté des libraires pour le débit des livres qu'il a une fois imprimés. Mais estant auparavant assuré du débit de 400 exemplaires il fera une impression de quelque bon livre en quelle langue que ce soit pour le bon publique reipublicae literariae. Et il a tant déjà réussi à l'égard des Bibles et Liturgies Angloises et des autres livres d'un débit ordinaire que ce qu'on vendoit autrefois pour 1 5 sh. on vende présentement pour 7 V2 et même pour 5 sh. Sed hoc illius consilium ne bibliopolis quidem vestris vulgandum existimo. Satis ipsis erit si inveniant merces suas pretio mediocri quas cum emolumento possunt distrahere.
Il y a environ 10 ou 15 jours que je vous écrivis touchant la machine pour l'horlogerie que Mr Hooke a vue et trouvé fort bien travaillée ; la prix en est 8 livres sterling. C'est la machine pour couper les dens des roues et les pinions aussi dont je vous parlois autrefois. La semaine passée, je vous envoyai le plan du navire à deux quils et un paquet des grains en vous suppliant d'envoier les dit semences selon l'adresse en prenant auparavant la moitié de chaque espèce que vous sera agréable pour le Jardin du Roy à Paris ou pour quelque autre de vos amis.
Vous recevrez à la fine le compendium methodicum du chevalier More, il est nouvellement publié. J'en ay envoyé deux exemplaires l'un pour vous l'autre pour Monsieur Auzout avec mes très humbles baise-mains. Mr Nelson z) un Gentilhomme Anglois qui vous rende cela est allé en France avec dessein de demeurer à Paris cet hyver. Je crois que le dessing de se perfectionner en la langue francoyse et autre qualités dignes d'un gentilhomme est le motife de ce voiage. Je
1) Robert Nelson, 1656-1715, fellow de Trinity collège, devenu en 1680, membre de la Société Royale. Il vint la même année à Paris, accompagné de son condisciple Edmond Halley, et revint „en faisant le grand tour" (par l'Italie et l'Allemagne) en 1682. Vid. Metnoirs of the life and Times of the pious Rob. Nelson, by the Rev. C. Secretan, 1860. Nelson correspondit avec Bossuet, 1699-1700. Il était l'ami de Tillotson Dodwell, Collier, Leslie Brokesby ; Kettlewell lui fit connaître Hickes. Il fut un membre zélé des sociétés fondées par le Dr Th. Bray pour la propagation de la doctrine chrétienne (1698), de l'Evangile (1701), pour la fondation de bibliothèques paroissiales et d'écoles de achrité.
ne puis pas le recommander à personne au monde plus disposé à favoriser et aider les honestes gens que vous et le plus grand bonheur que je puis promettre en France c'est l'honeur de votre connaissance, conseil et protection. Il vous rendra aussi un petit traité qui contient une nouvelle correction de l'année. L'autheur est de mes amis et lui en montra le plan avant que le publier ; voicy l'exemplar qu'il me donnast lui-même avec cette condition de tâcher ou de trouver quelque chose à ajouter à cela pour l'améliorer ou de trouver quelque autre moien plus juste et plus aisé à régler le temps. Je vous l'envoyé à même condition.
Je suis fort en peine de ce que je n'ay point eu de vos nouvelles par quelques ordinaires, la dernière que j'ai reçu de vos lettres, c'estoit du I3me du courant et comme votre santé a esté depuis peu incommodé, je ne puis pas me soulager de l'appréhension que j'ay qu'elle ne va pas trop bien encore. Si cela est c'est le plus grand malheur qui put ariver, écrivez je vous prie trois mots pour m'assurer que le meilleur le plus aimé le plus estimé de tous mes amis est en vie et en santé.
Je baise les mains à tous vos amis qui me font l'honeur de se souvenir de leur très humble serviteur
Je viens de recevoir le Dictionnaire François de Richelet et si j'y emploierais tous les beaux mots qu'il contient, je ne pourrois pas assez exprimer la reconnoissance que j'ay pour votre amitié dont je reçoive si grandes marques de tout moment. Il m'estoit rendu après que j'avois écrite ma lettre et le peu que je l'ai consulté il me semble avoir trouvé le vray secret de faire un bon dictionnaire parce que la manière ordinaire de rendre les paroles d'une langue en ceux d'une autre n'est pas plus raisonnable que d'envoier quérir un estui en France pour un instrument Anglois dont on ne sçait pas en France ny la forme ny l'usage, parce que les mots de différent langues ne s'accordent pas mieux que cela.
J'ay aussi reçu avec deux feuilles de vostre harmonie dont je n'ai pas assez de papier, ny de paroles pour vous remercier comme il faut.
[Adr. Teste noire. Thoyn :] 29 nov. 80.
LETTRES A THOYNARD. l68o.
[25] I3déc. 8q.
[non signée, mais adressée — autographe.]
Un carré *)de 3460 grys divisé en 100 boulains ou ca.... oys épaisses de 36 au 37 grys c'est à dire d'une demi pouce d'Angleterre fait mon cabinet. La profondeur.... est 765 grys ou si vous voulez la vuide de chaque boulain ou petit.... 1 haute de 300 large de 30 et profonde de 765 grys.
J'ai vu le livre de Mr Tison 2) et il me semble qu'il n'y ait point de difficulté dans cet endroit parce que a Décimal of an inch est pars décima digiti si bien que 412 décimais of an inch contiennent 41 pouces lesquelles on pourrait écrire à cette manière 41I2 pouces d'Angleterre.
Je vous prie de saluer Monsieur Justel très-humblement de ma part et de lui dire que c'est comme cela que j'entends toutes les mesures du dit autheur dans cet endroit là.
Je vous rend mille grâces pour les soins que vous avez pris des arbres. J'avais dessein de n'en parler pas jusqu'à ce que j'aurois acheté la machine pour Mr Oury. Mais comme je vois par votre dernière du 7me du courant que Mr Oury ne la veut point avoir, je suis à cet heure obligé de vous prier de me faire raison. Comtons donc s'il vous plait pour les arbres et pour Richelet que j'ai reçu si vous ne voulez pas me faire la grâce de commencer plus haut et de me donner le moien de vous rembourser pour les dépenses que vous avez faites pour les livres et autres choses que je vous ai prié de m'envoier. Je vous a dit dans ma lettre d'Oxford que Noldius de concordantia
1) Il s'agit d'un cabinet de livres, nl'armoire pour les livres" dont il est parlé dans la lettre du 10 juin 1679. Les dimensions indiquées dans les deux lettres sont à peu près les mêmes, et la forme est toujours carrée. Les boulains semblent être les cases destinées à réunir les objets. (Le mot, un terme de métier probablement, ne se trouve pas dans les dictionnaires).
2) Tyson, Edward, médecin, 1650-1708, né à Clevedon, Somerset, élu en 1683, membre du Collège des médecins de Londres, Il fut en Angleterre le premier à publier de nombreuses monographies zoologiques dans les Philos. Transe, ou dans les Acla Medica de Bartholinus. Il disséqua plusieurs animaux peu connus. 11 publia en 1681 à Londres un in-40 : Phocœna or the Anatomy of a Porpes dissected ai Gresham collège. Il s'agit d'un „porc marin" ou marsouin. Il disséqua et décrivit aussi un serpent à sonnettes (1683), des vers, lumbricus tercs, lumbricus hydropicus ; un sanglier du Mexique, une femelle d'opposum de Virginie, qu'il appelle Carigueya Marsupiale Americanum (1698) et en 1699, il publia Orang-outang, sive Homo sylvestris, or the Anaiomy of a Pigmy. Tyson tenait l'anatomie pour une partie de „l'histoire des animaux" ; pour 1 eclaircir, il fallait, pensait-il très justement, „observer l'ordre que suit la nature dans la formation et l'accroissement des animaux", et entreprendre l'anatomie de chaque espèce, depuis la plus petite, jusqu'aux animaux les plus parfaits.
LETTRES A THOYNARD. l68o. 85
etc., se trouve là. Vous m'écrivîtes dans une de vos lettres que vous attendîois ce Noldius d'autre part cela m'empêcha de le vous envoier mais si vous ne l'avez pas encore je vous l'envoiray.
Je suis fort aise que les expériences que Mr de Ste Colombe a faite ont si bien réussis. Je croi que cete manière de cuire les viandes sera d'un grande usage et principalement sur la mer quand on l'aura perfectionné que sera facile à faire mais, j'appréhend que le bain de sable ne fera jamais si bien, parce que je puis vous assurer qu'il y ait grand différence entre la chaleur sec et la chaleur humide appliqué aux vessaux quando coquitur aliquid in vase duplici, mais il est beaucoup de savoir un manier de cuir avec facilité et sans les gâter les viandes dans de méchante eau.
La conversation de Mr d'Heliopolis vous a donné sans doute bien des choses fort curieuses, un de ses parents à Anvers me dit qu'il voulait publier son voyage qui assurément mérite d'être vu de tout le monde qu'il a vu lui-même.
Puisque je trouve pour l'ordinaire les hommes le plus méchante sorte des bêtes je voudrois bien être de ceux et de leur companie qui en temps propre peuvent faire les Bœufs. Mais je ne scay bien comment Mr B. x) put faire parfaitement le Bœuf puisqu'il s'éloigne.... ts cornes qu'il aima mieux hazarder la circoncision en Arabie que le mariage parmi les Abissins [trois mots effacés] le est encore mieux, je goust cela fort et voudrois bien être de la partie a fuir l'hiver mon [plus] grand enemie.
Je vous prie de faire mes très humbles baise-mains à Mr Thevenot [et de] lui dire que Mokson 2) publie des traités de la Serrurerie ou plutôt de arte fabri ferrarii, de la charpenterie, de la menuiserie, de la Tournerie et il en prétend faire deux autres (viz) de l'imprimerie et fonderie qui ne sont pas encore publiés. D'abord qu'on m'en avoit parlé après mon retour en Angleterre j'avais intention de les examiner et si je les avois trouvés d'importance de vous les avoir envoyés mais comme je croyois que vous ne vouliez pas prendre la peine de vous charger du jargon de notre langue je quittai ce dessein là, si bien que je ne puis pas rien dire ny du bien ny du mal de ces
1) Bernier? à propos de qui est faite une plaisanterie analogue dans la lettre du 6 juin 1679.
2) Mokson publia en 1680, à Londres, in-40: Mechanick exercises or the doctrine 0/ handy works. Sous ce titre il avait déjà donné en plusieurs cahiers des traités: i° de la Forge; 20 de la Menuiserie; 30 de la Charpenterie; 40 une Instruction pour les tourneurs, contenant la description des outils de tous ces artisans et les règles de leur art. Il promettait en 1680 des traités: de l'Imprimerie, de la Peinture, de la Gravure, etc.
LETTRES A THOYNARD. l68o.
livres là. Je vous prie de m'envoyer un de ces voiages polonois qu'il a traduit quand la traduction sera publié.
La mort de Mr Elzevir *) est un pert publique et je le regret encore davantage depuis que vous me fîtes scavoir qu'elle put apporter quelque retardissement à la publication de votre harmonie de vers et paroles avec les prophètes et pseaumes, un ouvrage de grande utilité et éclaircissement à ceux qui voudront lire l'écriture avec profit. Il n'y a rien que j'estime tant que vos ouvrages d'où vous pouvez bien croire que je ne suis pas fort disposé à refuser l'honneur que vous me reservez par un [un mot] entier des feuilles harmoniques lesquelles je ferez relier comme vous m'avez instruit et je les garderai comme une clef de cette partie de l'[Ecriture] et une règle du temps si vous me ferez le plaisir d'ajouter a la prem [ière feuille] Annum period : Julianae et Annum orbis conditi et à tous [les autres] Annum orbis conditi, parce que ce seroit mal user avec vous que de vous prier de mettre à toutes les feuilles toutes les années de toutes les Epoches que vous mettez à la tête de chaque page quoiqu'il seroit fort utile de les connoitre.
Vous pouvez peut-être vous estonner quelle fantaisie m'a pris de faire icy une marge inaccoutumée à ma lettre et je vous dirai franchement que c'est pour vous prier de m'écrire dorénavant vos lettres en grande feuille in-folio comme cela avec des marges 2). C'est une requête peut être bien impudente mais non pas sans raison en voici deux : premièrement vos lettres seront plus longues et cela n'est pas une chose à négliger, en second lieu, comme j'estime vos lettres au delà des autres escritures et je les consulte souvent, les petites feuilles qui les composent courroit risque d'être perdues aux mains, je les mets en confusion et je m'embarras beaucoup quand je veux y
1) A. Firmin-Didot écrit dans Y Encyclopédie moderne, 1851, article „ typographie" : „Des fièvres contagieuses causèrent une grande mortalité à Amsterdam" et le 12 octobre 1680, Grasvius écrivait à Heinsius: „Daniel Elzevier est malade de la fièvre avec cinq personnes de sa maison". Peu de jours après, le même savant annonçait à Heinsius: „Nous venons de recevoir aujourd'hui la triste nouvelle de la mort de notre ami commun, Daniel Elzevier. La république des lettres fait une grande perte ; mais sa famille dont une grande partie est malade en fait une bien plus grande". Wetstein, le père de celui que connut Lk. était mort l'année précédente, également d'une fièvre épidémique. La mort de D. Elzevier marque la fin de l'industrie de sa famille. Dès 1681, Graevius écrivait à Daniel Heinsius qui avait été parrain de l'illustre imprimeur : ,Je crains bien que la mort de Daniel n'emporte avec lui toute la gloire des Elzevier, qu'on a vu fleurir pendant tant d'années par un si grand nombre de belles éditions qu'ils ont données". Cité par A.-F. Didot, Ibid.
2) Cette lettre de Lk. et les suivantes sont en effet sur papier in-f° avec une marge de trois doigts.
LETTRES A THOYNARD. l68o.
avoir recours. Mais j'ay intention de mettre les sommaires à la marge si vous m'accordez cest grâce parce que vous me faites l'honneur de m'écrire non ut vulgus epistolarum quae vocis sunt vicariae eodemque momento quo intelliguntur pereunt, sed inter cimelia servandas ut amicitiae literaturae ingeniique tui monumenta et absentiae solatium.
Cest l'opinion ici qu'on met de la chair de bœuf ou semblable dans du vin de Canarie non pas pour le rendre meilleur mais pour l'empêcher de se gaster, mais comme l'art de cabaretier est une mistère qu'on tient aussi cachée que se peut je ne peus pas en rien dire d'assuré. Si Mr Justel en veut un plus grand éclaircissement je ne manquerai pas de m'en mieux informer.
J'ai acheté le livre du Sr Talbor *) et le lu exprès pour vous en informer, mais il n'y a rien de son secret qui ne vaut pas trois sols ; ne croyez pas que je parle en charlatan. Si vous ou Mr Gendron souhaitez le moien de guérir les fièvres intermittentes tant quartes que les autres et même toutes les fièvres qui régnent à présent je vous l'enverray. En attendant je vous conseille à boire du vin [moins q-] u'al ordinaire ne tibi recrudescat aliquod sanitatis incommodum, potes hoc mihi credere, ut nosti aquae potori.
Il y a [deux] traités dans lesquels Mr Hooke parle du niveau 2) dont l'un s'appelle Animadversions upon the machina cœlestis of Hevelius et l'autre of Helioscops. Ils se trouvent tous les deux 3); ses traités aussi du ressort et du mouvement de la terre se trouvent ici dans laquelle il croit que Mr l'Abbé Picard 4) ne trouvera pas qu'il se trompe quand il aura bien examiné la chose.
Cave quod mihi promittas, en tibi gravis exactor. Il y a un an que vous m'avez promis l'invention de Mr Thiout pour régler les petites pendules et les faire d'un cart de seconde fort justes. En relisant votre lettre du 23 Déc. 79 je trouve cela et je vous le renvoie ut revocem in memoriam ut quando per otium licet hac in re s) . . , .
1) Talbot ou Talbor, le „médecin anglais" qui avait un secret pour guérir les fièvres intermittentes.
2) En 1674, Hooke avait critiqué dans ses Cutlerian Lectures, la Machina cœlestis de Hevelius; il prétendait surtout avoir la priorité de l'invention d'un certain niveau.
3) C'est-à-dire: sont en vente.
4) Picard travaillait déjà depuis longtemps à son ouvrage sur la mesure de la terre. Les dimensions de la planète une fois connues, il était aisé de déterminer sa vitesse de rotation.
5) Il y a ici six lignes que l'on a, pour réparer le mss., recouvertes de papier calque or, celui-ci était si épais ou bien est devenu, avec le temps, si opaque, que le passage est illisible.
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Je ne me suis jamais accoutumé à rechercher ce qu'un autre [prête-] nd tenir secret.
Quandoquidem ea apud Mr L. G.^etgratia et authoritatesisuttam [un mot] de eo promittas fatendum mihi est quicquid inde émanât plurimi aestimari, de unguento [il/2 mot] tionem mihi misisti nihil restât dubii nisi forte explicatione aliqua indigeat ce que veut dire le lard vieil et Axonge de porc bien purifié c'est à dire comment il faut les purifier puisque je crois que on suppose que le lard est salé. La manière de guérir fistulam lacrymalem qui a succès à Mr l'A. 2) seroit une bonne chose mais je n'ose pas la demander, mais je ne crois qu'il trouvera mauvais si je le prie de m'enseigner quelque remède sûre pour les agassins (clavipedum) dont j'ai cherché une remède effective et il y a fort longtemps parce qu'ils me rendent fort boiteux.
Quanquam valde laetor quamvis harmoniae tuae partem prodire tandem in publicum cum privilegio, prsevideo tamen harmoniam tuam nunquam fore perfecte harmonicam donec tota biblia sacra percurristi et ad debitam suam harmoniam reduxeris opus sane tua eruditione sagacitate etpietatedignum. Intérim machabœorumlibros ita inter se concordes in publicum prodeuntes libenter viderem 3).
J'ay gardé avec soin la bouteille de verre à visse que vous m'avez fait l'honneur de me donner comme la seule qui est en Angleterre et je ne sais si je ne puis dire au monde, mais à propos de bouchons je réponds à Mr l'Inventeur 4).
1 Que quoique un privilège ne Taccommoderoit pas il en pourroit pourtant tirer de contant si l'invention est de telle importance que je le crois, parce qu'il le pourroit vendre ou se joindre avec ceux qui le pourront faire valoir et d'ailleurs on espère que le Roy donnera de
1) C'est-à-dire: L'Abbé Gendron.
2) L'Abbé. La recette de cet emplâtre, conseillé par Gendron, se trouve dans le Mss. 28.728 qui contient cette lettre. Elle est fort compliquée: Prenez lard vieil et axonge de porc mâle bien purifié la quantité qu'il vous faudra, les faites bouillir en fort vinaigre par trois ou quatre fois, jusqu'à ce qu'il n'y reste plus d'humidité. Ensuite versé le tout dans un poinson rempli de neige ou de verglas bien net en remuant toujours, puis exposé le dit vaisseau à la gelée aussi long temps que vous voudrez achever votre onguent auquel temps faudra encore le faire bouillir.... „On y introduira encore 12 onces d'huile d'amende, autant de cire blanche, 3 de sperme de baleine, 1 de camphre en poudre avec de l'amidon blanc etc....
3) Les Machabées de Th. ne devaient paraître qu'en 1686, chez Wetstein, en quatre feuilles, tirées seulement à vingt-cinq ou trente exemplaires.
4) L'inventeur n'était-il pas Th.? Le 15 novembre Lk. lui écrivait de venir lui-même et ici, il insiste sur la nécessité qu'il y aurait, que l'inventeur vînt à Londres ; de plus, sans connaître exactement l'invention, il se déclare fort satisfait du jugement de l'inventeur.
LETTRES A THOYNARD. l680. 89
contant pour franchir tout à la fois ses bouteilles l) et le privilège restera à l'inventeur pour les bouteilles des particuliers.
2 C'est du Roy qu'on espère la rémunération et le privilège.
3 p ro.it demander pour cela à l'égard de bouteilles du Roy
selon le profit qui en viendra.
4 Peut être il seroit à propos de proposer la chose par quelque un de confiance, mais pour vous dire la chose comme je le pense, on ne peut pas bien faire la chose sans que l'inventeur veut venir icy parce que toute la difficulté tourne (si me semble) sur cela qu'on ne peut pas me proposer la chose ou en juger sans la scavoir et l'Inventeur ne doit pas la communiquer àpersonne (qui que ce soit) sans [être premi-] èrement assuré de la récompense. J'en ay parlé encore à Mr B 2) et à des [autres] je vois qu'on ne manque pas d'en avoir un privilège si soit une nouvelle in [vention] [deux mots]; ayant le privilège l'Inventeur en profitera selon l'utilité de la chose. Si bien [trois ou quatre
mots] qui prétend avoir une nouvelle invention en peut avoir un
privilège pour 14 ans en payant [un mot ] droits [?] des officiers
qui expédient le dit privilège et tant plus qu'elle est [un mot] tant plus il y gaignera et comme je suis fort satisfait du jugement de l'inventeur je [crois] bien qu'un tel privilège lui serait fort avantageux, mais il y a bien des choses que je voudrais bien lui dire la dessus pour bien concerté la chose le plus profitablement qu'il seroit possible, parce que j'ai des autres vues et je pense que d'abord qu'on auroit expédié icy le privilège, on pourroit aller droit en Hollande pour l'y proposer avant que la chose soit publiée.
pour la troisième sorte des bouchons, je la crois encore meilleure que la secondé parce qu'il y a bien des gens qui en ont besoin et en ont recherché sans la trouver et comme 3)
je viens [deux ou trois mots.....] de la vostre du 7me du courant et je vous dis que je trouvais ma santé meilleure] dans le temps que vous la boirois avec Mr Romer. Je vois bien que son affection po[ur sa p]atrie l'échauffé beaucoup, autrement il n'iroit pas au nord 4) dans
1) C'est à-dire payera une certaine somme pour avoir ces bouteilles spéciales au même prix que les ordinaires, ou pour avoir le droit d'en fabriquer à son usage.
2) Le même mot hébreu que dans la lettre du 15 novembre 1680.
3) Cinq lignes sous papier calque.
4) Romer qui avait été amené en France par Picard lors de son voyage à Uranibourg (1671-1672) était devenu professeur de mathématiques du grand Dauphin, puis membre de l'Académie des Sciences. Il retournait dans son pays rappelé par le roi de Danemark, Christian V, qui l'avait nommé, dès 1676, professeur de mathématiques à l'Université de Copenhague.
LETTRÉS A THOYNARD. 168O— l68l.
ce temps cy ; je vous prie de lui faire mes humbles baise-mains et de le prier de me continuer l'honneur de son souvenir et de sa correspondance quand il sera chez lui, laquelle j'ay si heureusement commencée à Paris par votre entremise.
Ne mettez-vous pas en pein pour la machine pour l'horlogerie je n'y suis point engagé, je suis seulement mary de ce que Mr Oury n'y trouve pas son compte et je n'ay pas l'occasion de le servir.
Hafenreferus a écrit un livre in-folio de Templo Ezechielis en Latine imprimé en Allemagne.
Vpstre système rende raison de la variation de l'éguille si elle aille toujours vers l'ouest, mais la variation de la variation ce me semble y oppose quelque difficulté.
Mr Hooke me dit qu'il vous envoya par Mr [manque] les observations qu'on fait ici des satellites, je serois bien aise si elles ont rencontrée quelqu'une des vôtres.
Je suis si accoutumé à vous importuner que je ne puis pas m'abstenir de vous prier de m'envoyer un des petits àlmanacs qui auront les Longitudes et Latitudes observés par Mr l'abbé Picard lequel je prie de me croir de ses humbles serviteurs.
Avant [hier] je dinois avec Mr Brisban, nous busmes à votre santé de bon cœur et souhetions votre présence pour être de la partie. Il n'a chose au monde que je désire avec plus d'ardeur que de vous voir icy et passer quelques jours avec vous à Londres et si après cela vous serois mal satisfait de ce monde cy nous irons nous retirer ou à l'Isle Bourbon ou à la Caroline. Mais je n'aye pas bien pris mes mesures que de vous prier de m'accorder vostre compagnie au bout d'une si longue et si ennuyeuse lettre *). L'année même a une fin et ma lettre ne finirait-elle pas jamais !
Vale. Fautiorem tibi exopto qui venturus est annus nec longarum hujus modi epistolarum [ ] dio injucundum
Iterum Iterumque [vale].
[Avant tout juste] d'envoyer cette lettre à la poste j'avois le bonheur de recevoir la votre avec [le feui]llet incluse touchant les [deux ou trois mots] dont je vous remercie humblement.
[26] Oxford, 9 Février 8 1 .
Parlons s'il vous plait un peu davantage de votre système : vous
1) Cette longue lettre de quatre pages petit in-f°, la place de l'adresse réservée au milieu du deuxième verso, est très endommagée par l'humidité, et les réparations en ont rendu deux passages illisibles.
LETTRES A THOYNARD. l68l.
supposez que l'éguille aimantée tourne horizontalement sur la ligne équinoctiale comme fait l'éguille d'une montre sur son plan unde mihi sequi videtur
1 . Quod radius ille magneticus ab aequinoctiali ad polum utrinque porrectus eodem angulo débet secare omnes circulos parallelos inter aequinoctialem et polum quo secat ipsam aequinoctialem sed ex ad versa aequinioctialis parte con- a
trario motu, sit exempli gratia
a b aequinoctialis.
c i d meridionalis.
c polus antarcticus.
d... arcticus.
i primus gradus longitudinis.
e f g h tropici et polus utrinque.
Dico quod secundum tuam hypothesim radius magneticus c i d qui nullum [nullam] habuit variationem anno iôoosideclinetjamad occidentem 10 gr. débet secare circulos parallelos gh et omnes parallelos interjacentes eodem angulo quo secat aequinoctialem, quod experientia confirmandum.
2. Si radius magneticus vertitur in puncto aequinoctiali tanquam index horologii in centro suo, dico quod eodem tempore quo radii magnetici c. d. pars arctica déclinât a puncto d ad punctum k versus orientem pars ejus antarctica débet declinare a puncto c ad punctum e versus occidentem, quod itidem inquirendum.
3. Quod omnes radii magnetici debent eodem passu declinare a puncto n *) ad punctum d aliter enim radii hi magnetici se intersecabunt unde multi in terra erunt loci qui eodem tempore diversas habebunt directiones magneticas ubicumque se radii illi magnetici inaequaliter déclinantes intersecant, unde acus nautica in isto puncto intersectionis locata incerta et instabilis erit directionis vel tantillum ex altéra parte locata plurimum variabit, istos autem tuos radios in aequinoctiali centrum suum habentes non semper esse parallelos ex inaequali diversis in locis declinatione constat.
4. Si omnes radii magnetici centrum motus sui habent in aequatore eveniet aliquando ut acus nullam omnino directionem a magnete habebit nisi in ipso aequatore vel saltemjuxtaaequatoremsita, nam cum obliquus radius deveniet aequatori parallelus omnes reliqui
1) Ce point n'est pas marqué; il faudrait sans doute lire h.
non multum distabunt quandoquidem etsi non sint omnes perfecti paralleli, conjiciendum tamen est quod a parellelismo inter se haud plurimum distant. Haec fateor nulla difficultate tuam premunt hypothesin ; inde tamen sequitur quod terra non est magnes ut vulgo supponitur et inde etiam sequetur quod post aliquot annos întra circulum polarem nulla omnino erit directio nautica et post aliquot saecula zona etiam temperata ista directione penitus destituetur.
Vous me ferez grand plaisir de me dire si le traité du P. Christophle Acoque x) Jésuite Espagnol touchant la rivière des Amazones soit traduit en François et s'il est bon, ou quelque autre voyageur qui a écrit sur le même sujet, le comte de Pagnon dans sa relation historique de la rivière des Amazones cite souvent le dit P. Acoque.
Scripseram hue usque cum humanissimae et amicissimae tuae literae, quas incipiente mihi dederas eodem hic itidem incipiente mihi redditse sunt et eodem tempore valetudo quam brevi restitui speraveram in pejus quotidie iniens [?] me tandem Londino expulit et deinde hic ruri continuo lecto affixit, haec causa tam longi etingrati silentii. Quatuor enim tuas si numerum spectes si humanitatem inflnitas hic mecum habeo quibus nullas adhuc gratias reposui, quorum duae quas in pixidem tabulariam immiseras 2) recte nihi redditae sunt. Liceat tamen antequam ad reliqua progrediar queri quod in omnibus hisce ne verbum quidem reperio de iis rébus de quibus maxime avebam se: an Noldium adhuc tibi comparasti qui aliter hic tibi praesto erit et arborum pretium earumque vecturae expensas omnino taces; venerunt in tempore et consitae sunt loco et tempore opportuno. Sed nec ego istius horti magister nec tu usufructuarius, par est igitur ut argentum hoc in negotio expensum tibi cum gratiis reddatur. Si liceret perfectissimam tuam quavis ex parte acusare amicitiam hanc ego taciturnitatem culpa ducerem.
Je vous rends mille grâces des observations du cornet 3) que vous
1) Il s'agit de Cristoval Acunha, d'une très ancienne famille portugaise dont une branche s'établit en Castille en 1612. Il naquit à Burgos en 1598, entra dans l'ordre des Jésuites en 161 2. Envoyé par le roi en 1639 pour faire des recherches au Paraguay, au Chili, au Pérou, il publia à son retour : Nuevo descubrimento del gran Rio de los Amazones, Madrid, 1641. Renvoyé au Pérou, il mourut en arrivant, à Lima, 1675. Son livre souvent imprimé et utilisé était traduit en français ; il fut traduit en anglais en 1698. Vid. SOMMERVOGEL : Bibliogr. de la Compagnie de Jésus.
2) Il y avait des boîtes dans les principaux quartiers de Paris et des levées tous les jours. Vid. A. Belloc. Les Postes françaises. Paris, 1886, 8°, p. 87 et suivantes.
3) Il y avait bien eu une comète visible à Rome en 1679. Mais il s'agit probablamement ici de la grande comète de 1680—81. Les observations faites par Picard ne furent publiées qu'après 1681; mais le Journal des Savaus en rendait compte sommai-
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m'avez envoyez et je vous supplie d'en remercier Mr l'Abbé Picard de l'honneur qu'il m'a fait en vous les dictant en ma faveur.
Les lettres que vous avez hasardées par la boete qui est au cartier m'ont été rendues avec pareille diligence que les autres que vous m'avez envoyées au bureau et quand j'étais à Paris je me suis toujours servi de cette commodité là sans sujet de m'en plaindre.
Le remède pour les fièvres de cette saison est de prendre pulveris Kinkiniae vel cortic. peruv: Zi in pil velboloterindiesuperbibendo vini generosi haustum ter in die usque ad octo vices ; si febris fuerit intermittens incipiendum satis post finitum paroxysmum ; si continua in initio remissionis, hoc pluribus experimentis comprobatum pro certo habere potes.
Pour ces bouchons, dans l'état ou sont à présent les affaires je ne puis pas rien dire d'assuré, mais je crois qu'il vaut la peine de venir icy quand le temps sera un peu plus favorable aux voyageurs et je souhaite infiniment que vous serez de même avis et je me suis bien assuré que vous ne seriez mal content de vostre voyage si les bouchons ne réponderaient pas à l'espérance quoique je suis bien persuadé que cet affair là ne peut pas manquer.
Voicy une ébauche du quadrant d'une monstre dont je vous écrivis, il y a quelque temps qui est composée de même que M. Oury exécuta et d'une autre dcscrit dans un de vos journals de savants. Le Ier cercle contient six heures, le second les quarts des heures, il est divisé en 24 parties égales, ces deux cercles sont fixes et immobiles, comme tout le reste, au dedans vers le centre, est mobile et tout d'une pièce dont % du circonférence doit être divisé in limbo exteriore en 15 parties égales respondant à 16 parties circuli immobilis
rement chaque quinzaine. En en dictant quelque chose pour Lk., l'illustre savant songeait sans doute à faire comparer ses observations avec celles des astronomes anglais. La comète parut vers la fin de novembre 1680, dans la constellation de la Vierge ; elle était visible le soir vers l'occident après le coucher du soleil, puis aux environs de la constellation d'Antinous. La queue parut avoir 450 de long, et, à l'extrémité, 20 de largeur. Le 7 janvier 1681, la queue était de longue 620. La comète atteignit les 3 et 4 janvier sa plus grande vitesse : 4 degrés >/; par jour ; elle se ralentit jusqu'à 20' le 18 mars, jour où Cassini cessa de la voir. Elle avait été observée à Dijon, la Flèche, Besançon, Avignon, Rome, Gènes, Padoue, Venise, en Espagne, en Allemagne, en Suède; elle avait été vue à Constantinople, à Tanger et même en Amérique. Elle fut de nouveau aperçue par Gallet, prévôt de l'Eglise collégiale de Saint-Symphorien d'Avignon, qui avait prédit son retour.
Outre la comédie où Fontenelle, sous le nom de M, de Visé, combattait les superstitions relatives aux comètes, parut la même année (1681) à Francfort : Michaelis Praum cometae malus genius, sive Dissertatio singularis, qtw ad excitanda eruditorum ingénia disquirititr annon cometae per vialos geuios dirigantur. In-12.
LETTRES A THOYNARD. l68l.
ou à 16 quarts d'heure marqués en arrière comme vous voyez, si bien que chaque partie rotae sive circuli mobilis estant Vis plus grand que chaque quart d'heure, à chaque minute la ligne de chaque division se joyndra à la ligne du quart d'heure qui est avant lui par où chaque ligne de ces 1 5 marquera la minute selon l'ordre des chiffres, tout
dépend seulement de cela que ces y \ 1 divisions de 24 et de 1 5 doivent être
x | 1 * fort exactes et on prende 6 heures
a N 15 h J / au ^eu de 12 Pour ^re *es dites
* ^ divisions plus grandes et plus exac- \ — tes. N. B. que les deux cercles exté- «> — ~" rieurs sont beaucoup trop large in -* v* \ "* figura adjuncta : Methodus haec ho-
^ / ' <? e ^ 9 * \ ras minutasque uno simplissimo
^ / / i j \ ^ \ motu exactissime désignât.
/ / I \ X Je vous remercie Monsieur très
m humblement pour la description du
petit pendule de M. Thiout qui est utile seulement aux grandes montres ou horloges à ressort et quand elles sont en repos, ce que me donnoit l'envie de la voir était l'espérance d'y trouver quelque chose a perfectionner les montres à poche qui seroit une grande chose, mais j'ai fort peu d'espérance, mais je crois que le soing et la sagacité d'un bon ouvrier y pourroit encore ajouter beaucoup.
Je viens de recevoir une lettre de M. Covel qui me fait scavoir qu'il a été détenu à la campagne 4 mois par une maladie et qu'il revint à Cambridge la semaine passée, ce qui fit tarder sa réponse à ma dernière lettre. Il me dit à cette heure qu'ayant fait une nouvelle recherche parmi les Mss d'Erpenius il a trouvé Regni Turchestanihistoria pars 5ta Ttircice. Il est écrit sur du papier et il le croit de n'estre pas fort ancien. Je vous prie de faire mes très humble baise-mains à Monsieur Thevenot qui aura la bonté de m'excuser de ce que je n'ai pas pu plus tôt lui rendre compte de cette commission. Votre description de la morte de l'Eléphant vaut bien un Elefant de la race de ce fameux de Siam et comme celui-là estoit chez lui un dieu, vous avez donné à cet estrangère une manière d'Apotheosis. Si Messieurs de l'Académie et les astronomes étaient de moitié si favorables elle trouveroit cy après un lieu au ciel, mais j'appréhende que ces messieurs à l'endroit de ceste pauvre estrangère qui est venue du bout de la terre pour les enseigner de grands secrets de la nature à ses dépens, seront un peu trop avares pour faire de la place parmi les
LETTRES A THOYNARD. l68l.
étoiles au plus grand des habitants de la terre, quoique si semble il y a assez d'étendue et on n'a pas besoin de le trop ménager ; mais à l'égard de ces millions des hommes qui se mirent sous les armes pour une beste, il y a lieu de croire que les bestes sont plus sages que nous autres parce que comme dit un de nos poètes burlesques :
For beasts with beasts
Fight not for th'worship of us men
Though we have done as much for them.
Th' Egyptians worshiped dogs and for
Their faith made fierce and zelous war
Others ador'd a Kat and some
For that church sufferd martyrdome;
The Indians fought fur the truth
Of Eléphant and Monkey's tooth,
But noe beast ever was soe slight
For man, as for his god to fight.
They hawe more wit alas! and know
Themselves and us better than soe 1).
Je vous prie de me permettre encore une fois de vous importuner touchant la marge qui me seroit fort utile dans vos lettres sive in-f° sive in-40 scribantur quas pluris aestimo quam utillas ignidestinem; ignoscas huic petitioni. Si quando n : haec mihi concedetur fortuna ut Te hic amplectar, eas omnes in ordinem redactas et thesauri loco summa cura custoditas conspicies. Vale et ut facis me amare perge.
[Sans signature.]
[27] Oxford 20 feb. 81.
Je appréhend que j'ay oublié de dater ma dernière qui était d'Oxford 9me de février : et encore de vous dire que j'avois parlé à l'ouvrier de la machine à couper les roues de monstres pour savoir précisément la dernière prix ; il se tenoit ferme longtemps a 8 livres sterling, mais à la fin comme il voioit que je n'avais pas une plein commission, il dit s'il estoit assuré que j'avois commission de l'acheter il rabatroit un escu ou quelque chose comme cela. J'oubliois aussi de vous dire que l'ouvrier osteroit de la machine tout ce qui estoit pour couper les pignons et en récompense osteroit aussi un livre sterling de la prix si on la souhaite plus simple qu'elle n'est.
Si Mr Romer vous a donné comme il avait promis les longitudes
1) Hudibras. P. I., chap. I, 771—84.
LETTRES A THOYNARD. l68ï.
de Bayonne et de la tour de Cordouan par rapport à Paris, vous augmenterez beaucoup mes possessions sur la terre en les envoyant.
J'ay partout religeusement gardé les mesures qu'on m'ordonna touchant l'Inventeur des bouchons et n'ay jamais nommé personne.
Je vous suis infiniment obligé du livre de Mr d'Hautefeuille *) et
i) L'art de respirer sous l'eau, et le moyen d' entretenir pendant un temps considérable la Jlamme enfermée dans un petit lieu, par M. DE Hautefeuille, in-16, Paris, 1681. En même temps paraissait à Naples: De motu animalium, par Alphonse Borelli. Cet ouvrage contenait la description d'une machine à respirer sous l'eau. Mais la date du livre de Hautefeuille et les principes d'après lesquels était conçue son invention, ne permettent pas de douter de son originalité. Il a souvent exprimé l'opinion que pour faire de bonnes inventions : „Tout le secret consiste à imiter exactement la nature", Art de respirer, etc. „L'inventeur doit examiner si la nature produit des effets semblables à ceux qu'il cherche, et l'imiter le plus parfaitement qu'il est possible", ^Réflexions sur quelques machines à élever les eaux, etc., Paris, 1682. „L'art n'est jamais plus parfait que lorsqu'il en approche de plus près, et, en imitant la nature on peut la surpasser, comme il paraîst par les lunettes d'approche, par les microscopes, etc.." {Ibid.) Pour arriver à respirer sous l'eau, il faut l'imiter particulièrement dans ce grand et fameux principe de la circulation qui se trouve... dans les cieux... dans les plantes, par la circulation de leur sève, dans les animaux... La nature n'a pas ramassé tout le sang des animaux dans un grand réservoir.... mais elle a si industrieusement placé quantité de valvules dans les endroits qui sont nécessaires que le sang qui est entré dans le cœur par la veine cave n'y peut plus rentrer qu'après un certain temps, et qu'après avoir parcouru toutes les artères et toutes les veines du corps". „Ainsi pour imiter comme il fait la nature, nous ne nous servirons point d'un réservoir d'air... mais nous ferons en sorte que celui qui sort de nos poumons n'y puisse rentrer qu'après un long espace de temps, et qu'après avoir circulé dans un long tuyau à plusieurs contours, par le moyen de deux ou de plusieurs soupapes..."
Hautefeuille imagine donc un long tuyau, muni d'un trou pour mettre la bouche, d'une vessie capable de recevoir tout l'air que contiennent les poumons, et de deux soupapes disposées en sens contraire l'une de l'autre, en sorte que l'une permet à l'air contenu dans la vessie et dans la partie correspondante du tuyau d'entrer dans les poumons, mais empêche qu'il n'y puisse rentrer, tandis que l'autre soupape donne un libre passage à l'air qui sort des poumons pour entrer dans l'autre partie du tuyau. „Par ce moyen l'air qui sort des poumons ne se mesle aucunement avec celuy qui y doit entrer après, et il n'y peut rentrer que lorsque tout l'air qui est contenu dans le tuyau a passé dans les poumons ; et si on suppose que le tuyau en contienne la quantité d'air nécessaire pour respirer l'espace d'un quart d'heure, il s'ensuit que la partie d'air qui est sortie des poumons une première fois, n'y rentre qu'un quart d'heure après, pendant lequel temps cet air se rafraîchit, se purifie, et les vapeurs les plus grossières tombent... ou s'attachent aux parois intérieures du tuyau..."
Hautefeuille avoue qu'aucune expérience n'eut lieu sous l'eau, et ne mentionne qu'une expérience de 24 ou 25 minutes faite dans l'air, mais cet air ambiant n'ayant aucune communication avec celui que le sujet de l'expérience respirait, Hautefeuille est satisfait du résultat. Il avoue d'ailleurs que „outre le rafraîchissement du sang, il y a encore ... des parties nitreuses dans l'air qui se mêlent avec le sang, et qui contribuent à la formation des esprits", son invention devenait inutile au bout d'un certain temps, c'està-dire quand ces parties nitreuses de l'air étaient consommées.
L'invention de Hautefeuille est présentée par l'auteur avec prudence. La figure de son appareil qui fait penser à une sorte de thermosiphon dont la bouche serait le foyer, est d'ailleurs munie d'un „vaisseau contenant de l'air condensé."
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encore davantage des feuilles de vostre harmonie en François que vous me fîtes l'honneur de m'envoier par le maistre de monnoie de Londres. J'estois fort mari et lui aussi qu'il n'avoit pas l'honneur de vous connaître quand il étoit à Paris, il est un très honeste et très sçavant homme et dans l'affaire de monnoye on ne peut plus habile qui a esté jamais en Angleterre et si après cela il m'est permis de le dire, il est fort de mes amis. Il me rendit vos présents le premier jour qu'il parut à Londres et j'étois fort ravi de ce que vous avez à la fin trouvé bon de le fair imprimer in quarto. J'ai lu en passant le traité de Mr Hautefeuille et comme il y a bien des choses là dedans fort bien dites et trouvées j 'aussi appréhende que l'expérience détruira son système : car il y a longtemps que je suis fort persuadé que l'usage de l'air dans la respiration n'est pas pour rafraîchir mais pour échauffer et pour allumer biolychnium in sanguine quod ut caetera taceam inspiratio adeo necessaria est Laponiae et frigore pereuntibus quam sub zona torrida et aestu anhelantibus.
Je n'avois pas le temps quand j'étois à Londres à examiner des traités de Mr Mokson mais j'en parlois à Mr Hooke qui me disait qu'ils ne sont pas grand chose. Il y a quelques figures. Optime sine dubio ornasti hortum domini Abati Gendron ex ista seminum ferragine x) quam ad Botanicos Monspelienses transmisi quia plurima pars plantarum quae hic sponte nascuntur illic rariores sunt. Quod si sciam an odorem vel pulchritudinem florum vel vim medicam quaereret vir ille optimus ego hinc illi suppeditarem ad libitum.
Ingens illud elephantis corpus largam praebebit sine dubio cultris pene dixeram aratris anatomicis campum et plurima in tantae molis structura ab oculatissimis Academicis vestris observanda; pudicam tamen in augusto hoc domicilio non minus quam in pusillorum animalium corporibus latere credo naturam, nec magis aperta esse quà ad ea datur introitus venarum arteriarumve orificia, lactearum 2) hiatus vel meatus nervorum quam in cane vel bove, in minimis n : maxima est natura.
Tantam autem curiosarum observationum congeriem ex hac anatomes ferina erui quae magno volumini sufficiat non dubito, non n :
1) Ferrago veut dire légume. L'expression ex ista seminum ferragine semble pour terraginum semine. Il s'agit probablement des patates dont il est question dans la lettre du 16 septembre 1680.
2) S. e. venarum, c'est-à-dire les chylifères. Lk. avait exprimé la même opinion dans le fragment Anatomia.
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decet paucis shedulis elephantum contineri : Si quid prae caeteris observatu rarum obtingat id te interprète libenter ediscerem, et ut pari forculo te reciperem nostris sectoribus Balaenam apponi optarem. On dit que l'Eléphant est le plus sage, d'entre les bêtes. Cellecy l'a bien confirmé aiant vécu 16 vel 17 ans à la cour sans qu'on a pu découvrir de quelle sexe elle était. Si on trouvait la glande pinéale proportionnée à son corps messieurs les cartésiens ne devroient-ils pas dire que c'estoit une beste d'une grande âme, mais si je ne voudrois pas qu'on leur donneroit aux Eléphants du papier et de l'encre, si c'est vray qu'ils peuvent écrire, de peur qu'ils ne laisseroient à la postérité dans leurs mémoires que nous autres ne sommes pas que de machines et qu'il appartient à eux seuls d'avoir de l'entendement. Si vous trouvez un interprêt de la poésie burlesque dans ma dernière, vous aurez sujet de croire qu'ils ont raison de écrire comme cela quand ils traitent la philosophie.
Dans le mauvais état ou j'étois à Londres je n'avais pas la commodité de m'informer comme je souhaitais de la machine remolcante. Je puis seulement dire que six chevaux qui la font travailler peuvent touer une navire bien grande une lieue par heure contre la maré.
Je vois bien par l'intérêt que vous prenez à ma santé et par l'interprétation que vous donnez à ma silence que votre amitié tourne toute chose à mon avantage et votre bonté me fait profiter de mes malheurs. J'àvais presque finie cette lettre quand je recevais l'honneur de la vostre du I5me et j'espère que ma longue lettre du gme du courant vous a satisfait il y a déjà quelque temps sur plusieurs articles que je trouve dans vostre dernière. Il faut avouer que j'avois oublié le courier suisse qui semble avoir plus d'estim pour le souvenir de la MUe Franker que de vostre critique de Handschoom : et il ne veut croire que les septentrionaux ont jamais marché à 4 pieds quoique vous en dites. Mais pourtant il n'est pas encore bien résolu si on doit corir la poste, lequelle de ces deux est le plus éligible entre la beste à deux ou à quatre pieds.
Vous vous souvenez bien toujours du soingdes arbres mais jamais de le prix; elles sont arrivées en bon état et déjà longtemps plantés; dites moy je vous prie combien vouz avez dépensé par la première occasion et mandez moy aussi si vous avez Noldius parce que j'en ai un pour vous. Je vous prie de faire mes très humbles baise-mains à Mr Thevenot; dans ma dernière je lui rendis compte de Regni Turquestani historia et j'ay donné ordre à Londres qu'on lui envoiat le livre de Mr Hooke qu'il a désiré. Le Parlement s'assemblera ici bien-
LETTRES A THOYNARD. l68l.
tôt et pour lors je tacheray de trouver quelques-uns parmi mes amis habiles à donner des mesures pour les bouchons.
[Non signée. — Autographe..]
[28] Oxford, 1 Avril 81.
Vous m'avez fait goûter ma santé plus que ma santé même par la manière obligeante de vous y intéresser dans votre dernière lettre que vous me fîtes l'honeur du 5me de mars et il n'y a rien qui me fait tant estimer ma vie que l'honeur de vostre amitié. Il ne faut donc parler ni de l'Ile de Ste Helen ny de Bourbon ni de Carolina, si vous n'avez pas le désir d'être de la partie. Trouvez seulement un pays sain, tranquille où on peut espérer votre conversation et me voicy tout prest de vous suivre à cette paradice terrestre qui fera la borne de tous mes désirs.
J'ay une confusion extrême quand je fais reflexion sur le cours de vos obligations et les présents dont vous m'accablez toujours, les deux paquets que vous avez donnés à Mr Justel dont l'un contient les quatre Almanacks et l'autre les ephémerides des planètes et le recueil des épreuves harmoniques des Rois et des Paralip. ne sont pas encore parvenus jusques icy, mais peut être ils sont à Londres et on n'a pas trouvé à propos de me les envoyer à Oxford pendant le tracas et la confusion qui y estoit quand la Cour et le parlement remplit cette ville-cy x) tout à la fois, de peur de les perdre, mais que puis-je dire à une profusion si grande, si continuelle dont je n'ay pas le moien de faire quelque petite reconnaissance? mais pour les arbres point de quartier et le dictionnaire de Richelet et l'essay de morale [un mot] il y a quelques autres choses en souffrance dont je serois assez hardy de vous donner commission, mais si vous ne voulez pas m'ôter la confusion de n'avoir pas encore rendu l'argent que vous avez dépensé pour des commissions dont j'ay déjà pris la liberté de vous importuner ma bouche est fermé pour jamais et je seray obligé de me cacher avec
1) Depuis le Parlement qui avait voté le bill d'exclusion (mai 1679) et qui avait été dissous en juillet, un autre avait siégé du 21 octobre 1680 au 18 janvier 1681 ; un troisième avait été convoqué pour le 21 mars à Oxford. Le roi devait être conduit dans cette ville avec une escorte d'une force inusitée. Shaftesfury prit soin que les membres du Parlement fussent également bien gardés: on conçoit le trouble causé dans Oxford par l'arrivée de tels visiteurs. Lk. procura à Shaftesbury l'hospitalité de Wallis, et logea lui-même à Christ-church où, comme fellow, il avait son logement. Cf. Fx. B. I., 420-422 et les références qu'il donne p. 421.
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silence sous l'ombre de ces arbres que vous avec un mauvais dessein appelez les choux de vostre jardin mais il sont de telles choux que le Crançhé [?] d'une reconnaissance verbale ne peut nullement payer.
Je suis infiniment ravy de l'espérance que vous me donnez de vous voir au pays d'outremer comme vous dites; des bouteilles de cristal moiennes et petites bouché avec un bouchon de verre parfaitement fermant sont peut être mieux faites chez vous qu'icy, mais j'en ay vu de très jollys faites en Angleterre, mais pour ce qu'est de celles à visse je n'en ay point vu en ce pays ci et vous ne devez pas vous étonner que je vous ay mandé que celle que vous m'avez faite l'honeur de me donner est l'unique de cet espèce là en Angleterre puisque la visse est en dehors; que je crois n'estre pas une chose ordinaire à Orléans même.
Je vous prie de me faire savoir auparavant le temps que vous prenez de venir en Angleterre, afin que je ne manquasse pas de me tenir prest à Londres à vous recevoir au commencement de vostre arivé et ne perdasse pas un moment de vostre conversation.
Je vois bien que quelque une de mes dernières lettres s'est égarée parce que vous n'avez pas esté encore assuré de la réception du paquet que l'on a donné au maistre de la monnaye de Londres, ce que je vous avois mandé avec quelques particularités.
Conseillez, s'il vous plait nostre bon capetain marin de ne point boire du vin parce que à mon avis tout le plaisir que l'on sent du vin que l'on boit toute sa vie, ne récompense pas trois jours de souffrance et je souhait passionnément que dorénavant il ne souffre rien de la pierre dans le microcosme non plus que a scopulis in magno humanarum rerum oceano quas prudens ille et peritus nauarcha scit bene evitare; quem ego ut meo nomine iterum iterumque salutes obnixe rogo.
Ante paucos dies invisi ego hic Oxoniae foeminam centum et octo «
annos natam, corp
[deux lignes]
confecta Auditus acuti, queritur de aliquali visus hebetudine
quam imputât febri [quart] anae quâ ante[un mot] annos per duodecem integros menses continuo laboravit ; longe tamen abesse a caecitate quis facile credat quandoquidem ego illam filum [un mot] ami immittere praesens vidi ; queritur tamen se hoc morbo confectam quia ab isto tempore carnis esum non fert stomachus locoque carnis butyro et caseo adjuncto pane vescitur ut plurimum, quod tamen victus genus si quis ex medicorum placitis judicet, carne leviorem et
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IOI
magis tvirtuTov esse haud facile pronunciet ; mens, ratio et memoria optime constant et si cum ea sermocinaris ingenium et antiquos mores non déesse diceres et corporis vires eae sunt ut ego ipsam baculum suum in terram dilapsum sine ope baculi vel alterius sustentaculi tollere vidi ; paupercula est semperque fuit ex eorum silicet numéro qui labore victum quaerunt dum sumciunt vires et aetas. Tuum ego solum adventum expecto ut una ipsam accuratius de vitae modo et regimine sanitatis consulamus ; quam methodum tam certo exemplo confirmatam si in Insula Bourbonia sequamur ad Nestoris forte perveniamus annos. Sed si non veneris interibit cum illalapidis hujus philosophici scientia, vita enim mea sine suavissima tuâ consuetudine non tanti est ut ego illius longitudini studere debeam. Festina igitur et hue propere adsis : Fatum enim hinc foeminae malo exemplo praefinitos mortalis vitae terminos egressae (ut nunc est pusilla gens hominum) iratum uno forte die ex improviso rapiet. In annis suis numerandis non multum eam errasse constat cum in proximis aedibus habitet vêtus vietus veternosus senex ipsius filius.
Templum Ezechielis si ve in IX postrema prophetae capita commentarius, non tantum genuinam textos et expeditam interpretationem unâ cum templi admirandâ spiritus cura et studio delineati Architectonica aeneis formis expressa verum etiam de praecipuis Christianae Religionis capitibus jucundas et utiles meditationes facilem insuper de Hebraeorum omnium generum mensuris, ponderibus ac monetis cum nostris comparatam explicationem complectens Ex prophetica penna et aliis divinarum scripturarum cognatis oraculis ita conformatus ut totius evangelicae doctrinae compendium ad complurima scripturarum loca prompte dextreque intelligenda justa isagoge haberi possit, in Academia Tubigensi elaboratus, per Mathiam Hafenreferum sae: Theologiae doctorem ejusdemque in Academia Tubigensi professorem. Tubingae typis Theodorici Werlini sumptibus Johannis Berneri Franco.
Cypriani opéra x) ferrent in praelo et in publico propediem expectamus una cum annalibus Cyprianicis tractatum a doctissimo Peirsono 2) Episcopo Cestrensi elaboratum. Josephuslentiusprocedit ejus jam tertius liber pene perficitur.
Commodam quaero manum cui Noldium tradam tibi transportandum.
[non signée — autographe, adressée à Paris.]
1) Les Annales et la grande édition de saint Cyprien parurent en 1682.
2) Pearson. Vid. Lettre du 4 septembre 1680.
LETTRES A THOYNARD. l68l.
[29] London 31 May 81.
A mon arrivé icy la semaine passée je rencontrois deux paquets que Monsieur Cottereau m'avoit apportés dans l'un desquels il y avoient cinque almanaks et dans l'autre quatre ephemerides deux exemplaires de l'art de respirer sous l'eau un collection des feuilles harmoniques des Roys et Paralip. et un exemplaire de votre harmonie française x). Voicy un grand amas de vos présents envoiés à un homme déjà accablé et après tant d'obligations de la sorte vous me* parlez de Noldius d'une façon qui me donne bien de confusion, en vérité Monsieur, je suis bien marri de [le] trouver encore entre les mains d'un de mes amis qui m'avait promis de l'envoier à paris par un de ses amis quand le Parlement s'assemble à Oxford, qui n'est pas encore parti mais qui doit partir à ce qu'il me dit en quinze jours. Mais je cherche quelque autre voiageur qui pourroit vous le rendre plus tost. Je suis venu à Londres dans bien d'espérance de vous embrasser icy bientost et au lieu de cela vous estiez dans la résolution de vous éloigner encore davantage, imaginez-vous s'il vous plaît, si tous ces beaux mots que vous me dites et ces beaux présents que vous m'envoiez me doivent contenter dans le pert d'un bon [bien] que je préfère à toute autre chose. Il y a quelque soulagement dans l'assurance de votre santé après une fâcheuse maladie, mais j'en etois beaucoup en peine avant que vostre dernière m'estoit rendue et, j'avois la plume à la main pour me plaindre ou de vostre silence ou de vostre maladie.
Au même temps que je recevois vostre lettre on me rendoit aussi une de Monsieur Charleton 2) dans laquelle il reconnaissoit avec beaucoup de gratitude vostre faveur en lui envoyant les graines qui ont été rendues en saison et semés. Je me trouve fort heureux dans le souvenir de Monsieur l'Abbé Gendron, mais j'ay de la confusion de ce qu'il croyt ces bagatelles de graines pouvoir mériter une remercîment. Je lui baise les mains très humblement et je vous prie quand vous deux serez ensemble à Orléans de consulter ensemble s'il y ait quelque chose en quoy je puis rendre service à l'un ou à l'autre.
L'Hafenreferus dont je vous envoyay le titre se trouve à Oxford
1) Cette harmonie Française n'est pas indiquée par Cuissard. On a coutume de dire qu'elle ne fut imprimée qu'après la mort de l'auteur. Vid. BRUNET. Man. du Lib.
2) William Charleton. Lk. en avait fait la connaissance à Montpellier. Th. lui avait envoyé des graines dont il est question: Lettre du 20 février 168 1. Charleton lui écrivit une lettre de remerciement le 8 avril 1681, Ad. Mss. 28728; il disait à Th.: „Je ne manquerai pas d'informer M. Locke du soin que vous avez eu pour moi."
LETTRES A THOYNARD. l68l.
in Biblotheca Boldeana si vous le souhaitez je tacherai de le trouver icy parmi nos libraires ou s'il ne se trouve pas à vendre nulle part si quid ex eo desideres ex nostro exemplari oxoniensi transcribendum curabo.
Je ne laisse pas d'avoir un estime très grand pour les observations de Mons. l'abbé Picard quoique sa pension n'approcheroit pas neuf mille livres parce que je trouve que les astres qui ont de l'influence pour l'argent n'en ont pas toujours pour l'estime.
Je me suis flatté que j'entendois votre système de l'aimant qui étoit une mouvement continuel de l'est à l'ouest par le Nord et tout ce que je dis la-dessus étoit quelques objections contre votre système non pas tant pour le combattre mais pour tirer de vous une explication plus particulière qui pourroit oster les difficultés quae primo aspectu occurebant, et nisi id solum quod ipse objicis de retrogradatione versus orientem alicubi in India orientali (quod sane magnum est) aliter suadeat, omnes observationes quas hactenus videre mihi contigit tuam confirmare videntur hypothesim, quam ego et fusius deductam et experimentis comprobatam a te aliquando expectabo.
Emolliendis ossibus sagax hominum ingenium methodum excogitavit sed emolliendae terrae unica ut videtur sufficit pluvia, sed si quae nos jam diu torruit adurere persistât arrida haec tempestas in flammam conversi quid sit cometa malo nostro et communi incendio ediscemus; quod Rheumaticam qua laborabas exsiccavit defluxionem multum gaudeo et sane ingentem esse oportuit humiditatem quam non exhauriret tam continuus cœli aerisque ardor; fontes nostros et tota pene dixeram flumina epotavit.
Aussitôt que j'étais de retour à cette ville j'allais voir la machine pour touer les navires; on me dit que Ton en avoit fait une description qui estoit publiée, je n'ay pu encore la trouver, s'il y en ay je vous l'envoieray, s'il y en a point je suis à cet heure instruit pour répondre à toutes les questions que vous me proposeray la dessus.
J'avois adressé Noldius pour vous chez Mr Justel de peur que vous seriez retiré à Orléans dont vous m'avez menacé dans vos lettres que j'avois l'honeur de recevoir à Oxford Mais si je vous prie de trouver quelque un à Diepe à qui je puis addresser des paquets pour vous parce que par les yachts qui y sont tous les jours je puis envoyer toute chose avec assurance puisque les capetains des yachts obéissent perfectement à MrBrisban qui m'a promis d'en prendre soing toties quoties(je dinay novellement avec lui et nous beumes à vostre santé) et j'ay quelques autres bagatelles entre mes mains que je voudrois vous envoier.
104 LETTRES A THOYNARD. l68l.
J'ay bien d'autres choses à vous dire, mais je vous envoyé ce brouillon en diligence pour vous informer que vous avez encore à Londres votre très-humble serviteur
[Adr. à la Teste noire. Thoyn :] 3 1 May 8 1 .
[30] London Jun. 13-81.
La semaine passée, on mit Noldius entre les mains d'une personne de qualité nommé Mr Wharton x) qui s'en alla à Paris pour quelques jours, le livre est adressé pour vous chez Mr Justel de peur que vous seriez parti pour Orléans avant l'arrivée de ce gentilhomme Anglois.
Puisque vous parlez tout de bon d'aller à Orléans je vous prie très humblement de faire mes très-humble baise-mains à Mr l'abbé Gendron et de l'assurer de mes humbles respects et que jeseroisfort ravi de trouver icy des occasions à lui rendre quelque service. Je baise les mains aussi à Mr Godfroy 2) et comme il m'a obligé par la communication de plusieurs choses bien curieuses vous pouvez, s'il vous plait lui communiquer la guarison de fièvres quartes et autres intermittentes que je vous envoiai, il y a quelque temps. Il me parlé quand j'estois à Orléans d'une racine 3) dont se servoient les paisans pour guarir les ulcères dans la bouche de leurs enfants en la pendant au col. J'ay oublié le nom de cette racine et je serois bien aise de l'apprendre.
On a dessein de faire une nouvelle édition grecque du N. T. à Oxford in fol. 4) et monsieur l'Evesque d'Oxford témoigna bien de re-
1) Wharton pourrait être Antony Warton, 1650-1715, vicaire de Eodalming, père de Th. Warton, professeur de poésie à Oxford, 1688 ?-i745, et grand-père de Th. Warton, 1728-1790, le célèbre historien de la poésie anglaise, qui fut aussi professeur de poésie à Oxford.
2) Godefroy était médecin à Orléans. Dans son journal de 1679 (Ad. Mss. 15642), Lk. relate jour par jour les phases d'une fièvre qu'il eut du 5 au 14 septembre. Le 7 septembre „The night after my sweat as I remember, or else during my sweat itself I found a subsulting, something like the stroke of a puise, but unequal and at uncertain distances, but never failed to be several times in a minute in that part of my left hand which is along betwixt the little finger and the arm wrist from that sympathy between the hand and the stomach mentioned by M. Godefroy?"
3) La patience rouge ou sang dragon (Rumex, originaire de Virginie) vulg. herbe au charpentier. Sa racine d'un rouge noirâtre, astringente et antiseptique était surtout employée pour arrêter le sang des plaies.
4) Le N. T. en grec „cum variis Lectionibus", in-12 avait été imprimé pour la dernière fois à Oxford en 1677, et se vendait à Paris, chez la veuve du Puis et Seb. Mabre-C ramoisy.
LETTRES A THOYNARD. l68l.
connaissance quand je lui parlois de la lecture du Mss du Vatican x) que vous avois promis avec tant de bonté.
Mr Brisban et moi suppames l'autre soir teste à tête et nous beumes à vostre santé et nous n'eusmes point d'autre chose à souhaiter que seulement vostre compagnie pour estre les plus heureux de tous les hommes et pour vous dire la vérité je n'ay jamais eu une plus grande inquiétude que depuis vous m'avez osté l'espérance de vous voir et embrasser icy. Depeschez je vous prie ces affaires à Orléans qui vous ont détourné si malheureusement pour moi d'un si bondesseing et donnez-moi l'occasion de vous faire quelque petite reconnoissance pour les grandes obligations que je vous ay et la plus touchant amitié de toute ma vie. En attendant cette heureuse jour je vous prie de trouver quelque un à Diepe à qui je puisse avec assurance addresser quelque chose pour vous parce que Mr Brisban m'a promis d'envoier tout ce que je voudrois à Diepe par les capitaines des yachts qui y vont presque tous les jours et ces capitaines dépendent de luy. La poste s'en va et ne veut pas attendre jusqu'à ce qu'on aura dit tout ce qu'il faut. Mais je suis, monsieur parfaitement, etc.
[Non signée, autographe, adressée à la Teste noire.] 13 juin 81.
[3 1 ] [Londres] 1 7 Juillet [ 1 68 1 ].
J'étois en pein avant l'envoi de votre dernière de peur que le Noldius 2) qui avoit tardé si longtemps icy à commencer son voyage s'eut perdu en chemin. Je suis fort aise s'il vous a servi à quelque chose et sur tout à l'harmonie, à laquelle vous n'avez pas plus d'attachement que je n'ay d'inclination et d'estime. Je ne scay si j 'ay dit dans quelque autre de mes lettres que je tombe d'accord avec vous que dans le corps de votre harmonie vous ferez bien de rendre le même mot Hébreu par le même mot latin tant qu'il sera possible et faire la traduction mot pour mot, ce qui montrera davantage le génie de la langue hébreu et aussi l'accord de l'Harmonie, c'est pourquoi je préfère II Par XIV- 13 ad neutiquam eis victutn à tout autre traduction et quanquam hujusmodi locutiones parum latinae doctos et élégantes
1) Ces variantes avaient été procurées à Th. par Caton de Court. Th. le reconnaît en ces termes [Evangeliorum Harm. grœco-latina. Proleg. ch. II, p. vu, col. 1; Paris. 1707): „ Variantes illas, a vulgato textu, Vaticanas lectiones, nusquam, quod sciam, recensitas, excerpsit ex ipsis codicibus vir clarissimus Carolus Cato de Court... easque, dum viveret, nobiscum officiose communicavit."
a) Ce détail permet de dater la lettre de 1681.
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forsan aliquantum offendent aures, praesto tamen erit in margine remedium, si illic affigas narrationem pure latinam ; cui rei consulte a te provisum intelligo. J'ay été depuis quelque temps si embarrassé dans des affaires *) qui n'ont guère d'harmonie avec l'étude et les lettres que vous me devez excuser ou d'avoir trop dit en le répétant sur l'harmonie ou trop peu des autres choses dont il fallut déjà longtemps vous avoir répondu, mais je suis nouvellement venu d'Oxford où j'ay été obligé d'aller quand j'y songeois le moins. Les Requiens sont bien gallant dans la cour de Neptune de ne point faire d'afront aux dames négresses qui y vont les dérober de leur monnoie et on peut supposer que ces poissons font la guerre aux hommes non pas par cruauté mais par amour et jalousie ; quoi qu'il en soit, je baise les mains très humblement a Mr Messiac 2) dont la conversation vous fournira bien des choses à vostre Adversaria, et il faut le remercier de ma part de celle cy que je vien d'écrire dans les mien et je vous prie aussi d'assurer Mr Ste Colombe de mes très-humble respects.
Je me souviens que vous avez autrefois demandé queles autheurs avaient travaillé sur la description du temple: outre le Hafenreferus ailleurs indiqué Vilapendus dans son commentaire sur Ezechiel 3) a fait un exact description du temple que sans doubt vous savez mieux que moi.
A la fin, j'ay rencontré Ars signorum de Dalgarno 4) l'unique que l'on pourroit trouver dans toutes les boutiques libraires à Londres ou à Oxford, je ne puis pas m'informer qu'il a écrit quelque autre traité de lingua universali, mais un autre petit traité en Anglais qui s'appelle didascalocophus que je vous ay aussi envoyé. Si je scavois le
1) Shaftesbury avait été arrêté le 2 juillet; une fausse accusation de trahison avait servi de prétexte. Il fut enfermé à la Tour, où il resta sans jugement jusqu'au 24 novembre; il fut élargi sous caution le Ier décembre. Vid. Fx. B. I., 420-22.
2) Th. en avait fait la connaissance en Espagne; Lk. l'avait sans doute rencontré à Paris.
3) C'est en 168 1 que Th. fut appelé au petit Concile de Bossuet: on y étudiait les Roi et les Paralipomenes et probablement aussi Ezechiel, puisqu'en 1679, Bossuet écrivait au maréchal de Bellefonds, un père laïque, comme Th.: „Nous sommes bien avant dans Jérémie". Les „ Pères du Concile" s'efforçaient de réunir tous les ouvrages importants relatifs à l'Ancien Testament. Leibniz en cherchait pour eux en Allemagne {Œuvres de Leib. Foucher de Careil, 1859-60, t. I, p. 24 et suiv.) et sans doute Th. leur communiquait les indications de Lk. La lettre de Fleury pour prier Th. de venir au Concile est du 13 janvier 16S1. Citée par Fouquet. Bossuet, précepteur du Dauphiti, etc., Paris, 1864, p. 438-9.
4) Dalgarno, Georges: Ars signorum, vulgo character univer -salis et lingua philosophica. Lond., 1681, 8°. Il avait publié: Didascalocophus or the dea/and dîimbman's Tutor. Oxford, 1680, in-8°.
LETTRES A THOYNARD. l68l.