‹ Lettres inédites;Chapitre 13 sur 33 · C. DE Cavour · texte numérisé non relu

C. DE Cavour

Madame,

Je ne saurais laisser partir ma nièce (') pour Paris, sans vous exprimer combien je regrette de ne pouvoir vous la présenter moi-même, en vous la recommandant comme ce que mon frère et moi avons de plus cher au monde. Ma nièce, j'ose le dire, est en état, quoique bien jeune encore, d'apprécier tout ce que votre salon possède de brillant et de solide. En l'admettant dans ce cercle d'élite, vous la mettrez à même de goûter ce que l'esprit français a consente de l'amabilité et des charmes des temps d'autrefois, uni à ce qu'il a acquis de plus solide dans le siècle actuel.

Vous connaissez déjà son mari le marquis Altieri ; vous serez, je l'espère, aussi bonne pour sa tVinme que vous l'avez été pour lui l'nnn»'" d.riiiêre.

r, fillp (lu marquis Gustave et i« Vi-ntimtglia, avait épousa»

le 27 mara 18&1, le marquis Charles Alficri de Sostegno, dernier héritier da nom do cette illustre famille pi^montaise. Le mar<|uts Chsriea. mprv» avoir été dépoté pendant plasioars I^ ;;i<>l.<itnr< V fit nommé séttatear en 1870. C'est A lui que Florence <i'>it In t'tpiiition d« aoa grand Inttiimi dt teitmeta toeUdm,

(fûtes par votre indulgente amitié, mon frère et moi nous comptons suHout sur vous pour rendre à ma nièce le séjour de Paris à la fois profitable et agréable. C'est de l'indiscrétion de notr»; part, je le sens, mais vous nous la pardonnerez en considération du vif sentiment (|ni nous pousse à la commettre.

Le marquis Alfieri étant destiné à la vie politique, je vous serais on ne peut plus obligé de le mettre en contact avec quelques-uns des hommes polit i<iues de Paris. Si par hasard M. Chevalier n'avait pas oublié les anciens rapports que j'ai eu l'honneur d'avoir avec lui, je serais fort heureux qu'il voulût permettre que mon neveu lui fut présenté. Je ne vous parle (pas), Madame, de notre pa\'s et de notre politique. Comme ministre, je suis paj'é pour en dire du bien, et mes notions vous seraient suspectes. Je me bornerai à vous assurer, au risque de passer \w\ir un niais ou un utopiste, que malgré tout ce qui est aiTivé de triste et de malheureux à la France et à l'Italie, je conservî une foi inébranlable <1 ni. ]';ivt'nir ib»* idées libérales.

Croyez, Madame, à Texpression sincère de mes sentiments aussi respectueux que dévoués.

('. DE Cavour.

(Paris, août 1862) samedi

J'ai été bien heureux, Madame et chère amie, en recevant votre aimable billet qui m'engage à aller vous voir aux Bruyères. .Te ne sais par quel hasard ce billet a voyagé l'Allemagne en courant après M. de Collegno avant de m'être remis. Je m'empresse d'abord de vous remercier de votre bon souvenir et de cette amitié qui a survécu à tant de phases et de révolutions, et ensuite de vous annoncer que lundi je serai aux Bruyères avec mon neveu, désireux de passer avec vous le plus de temps possible, et de n'aller visiter les serres de M. Pescatore qu'à la dernière extrémité.

Veuillez me permettre de vous serrer la main en vertu de cette ancienne amitié qui m'est si précieuse.

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