‹ Lettres inédites;Chapitre 24 sur 33 · C. DE C'AYni H · texte numérisé non relu

C. DE C'AYni H

(Turin, Ibûl), 1» janvier.

Mon cher comte,

Je vous remercie de l'intéressante notice sur le duc de Guiche que contient votre lettre du 12 de ce mois. À tout prendre, le gouveniement français ne pouvait faire un choix qui nous fût plus afrréable. Le duc de Guiche (') se trouvera ici en pays de connaissance. Une de ses cousines est mariée à Turin à un de mes plus anciens amis, M. de Salmour O, et plusieurs de ses camarades

(1) AfAnor duc de Guiche, en»uit« duc de firarooot, envoj«» de France à Turin en 1868, ambMMideur aupr^» du St-Siègr en 1857, à Vienne en 1861, minintro dee afTatreii wtrangèrea de France du 1& mai aa 10 août IHlo, mort en 1H80.

(S) Le rorote Roger OabaJeone di Salmour, mort en 187>*, •énaleur italien.

de club et de jeunesse sont fixés à Turin. J'espère que nous n'aurons avec lui que de bons rapports. Cela aura lieu rertainenient, jmur ik*u qu'il ne se mêle pas de la question religieuse, sur hiquelle nous ne saurions transiger.

Notre situation intérieure s'est beaucoup améliorée. Les partis extrêmes se tiennent trancjuilles pour le moment, la grande masse du pays sontenant franchement le gouvernement. Le parti clérical lui-même ne s'agite pas ouvertement, &y2Lî\t été forcé de reconnaître sa faiblesse. Si les difficultés ne nous viennent pas de l'étranger, nous n'avons rien à craindre de Tintérieur. Il y a dans notre pays un grand fond d'honnêteté, qui rend facile le gouvernement. Dans les chambres il n'y a presque pas d'opposition. La droite n'aime pas le ministère: mais son véritable chef, le comte de Revel, ayant déclaré que, n'étant pas en mesure de former un ministère, il se croyait obligé de soutenir celui qui est au pouvoir, la droite vote avec nous. Quant à la gauche, elle est divisée : les deux tiers se sont franchement déclarés pour le gouvernement, le deniier tiers f;«it d«' l'opposition, mais sans violence.

La seule dithculté réelle contre laquelle nous avons à lutter c'est la question romaine. Grâce au ciel, la violence et la mauvaise foi de nos

lires nous donnent assez beau jeu. Si le pape nous i*égale une encyclique de la nature de celle qu'il a lancée à la tête de la république de la Nouvelle Grenade, il nous rendra un immense service. Je désirerais vivement que vous vinssiez étudier sur les lieux notre pays. Vous verriez que je ne me fais pas illusion, et que. malgré tout ce qu'on a débité contre ce pauvre régime parlementaire, il ne fonctionne pas si mal. lorsque ceux qui sont appelés à le mettre en mouvement, au lieu d'intrigues et de finesses, n'employent comme moyens de gouveniement (lUt* de la ft-riiK-t/'. i\o la bonnf foi et une parfaite loyauté.

Je vou.8 serai fort obligé toutes les fois que vous voudrez bien me mettre au fait de ce qui se passe à Paris.

Veuillez me rappeler au souvenir de M"* de Cii*court et implorer son pardon si je n'ai pas encore eu le temps de répondre à la lettre qu'elle a bien voulu m'écrire.

Crovez à mes sentiments dévoués.

('. DE Cavour.

Tîî

(Pariii. f.'vrior 1866).

(BMd de Lomàm, nw CMU^mf.

Mon cher comte,

8i voas ne m'annonciez la prochaine arrivée de M"* de Circonrt à Paris, je profiterais de la première journée de liberté pour aller la voir à Bouprival. Veuillez, en attendant que je puisse le faire moi-même, lui exprimer toute la part que j*ai prise à Taccident qui Ta retenue si longtemps loin de Paris.

Je désire vivement causer avec vous. Je pourrai le faire mieux chez vous que chez moi où Ton me dérange à chaque instant. Veuillez par conséquent me dire jusqu'à quelle heure on est sur de vous trouver à la maison.

Recevez l'assurance de mes sentiments dévoués.

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