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Lm Bnjhn» vu Boogivsi (Ma» «i OU^.
9 juillet 1860.
Michel Chevalier est vena passer avec nous un dimanche, et me dit, Monsieur, qu'il dtnera ici mardi en huit, le 17 de ce mois : j'ose vous en prévenir afin que, si vous pouviez nous accorder quelques moments, vous nous arriviez à six heures. Vous aurez toute liberté de nous quitter aussitôt après le dtner d'amis. Si M. Albert Blanc voulait bien vous accompagner, il vous enseignerait la route du rustique ermitage : nous ne Tavons plus revu, malgré ce beau temps qui rend nos horizons boisés si verts et si frais. Pour vous, Monsieur, le repos est une chimère, mais vous me permettrez de vous redire combien nous serons charmés de vous revoir et de causer de mille sympathies que ma pensée vous renouvelle tous les jours.
K. C*^ 1>K CiRCOURT.
Les Brayères par Bonf^iv»! (S«Id« et OiM)b 14 juillet \m).
Une violente fièvre s'est emparée de moi, et me voici, Monsieur, obéissant au médecin qui exige une semaine entière d'immobilité absolue au lit, pour calmer le redoublement de vives douleurs. Jugez de mon profond regret de ne pas voir mes amis, ce qui est devenu mon unique jouissance. J'espère, Monsieur, que mon
obëisMDce m'apportera un peu de soulagement, et que, maigre toutes vos occupations, mon ermitage aura le grand plaisir de vous voir plus tard.
KUSTINB C"* DE CiRCOURT.
Lm BrajèrW par Bongiral (S«in« et Oise). 26 juillet 1H60.
J^'ose vous prier, Monsieur, de transmettre ma réponse au précieux envoi que vous avez bien voulu m'envoyer: M. de Cavour, au milieu du poids des affaires, demeure Tami le plus fidèle et le plus dévoué : ses biographes ne connaissent peut-être point cette ((ualité si rare: il me dit qu'il vous accable d'affaires, et <|ue vous seul pouviez me mettre au courant de ce que jo voudrais tant savoir sur lui : il devine parfaitement mes regrets de ne pas avoir le grand plaisir de vous voir. Voici le marquis de Cavour qui va avec sa fille à Ostende, et sûrement que, si Taris se trouve sur son itinéraire, je le verrai ici : peut-Ctre qu'alors, par extraordinaire, il vous attirera jusqu'à notre sauvage retraite. Combien je vous remercie de penser h mes misères : la fièvre m'a quittée, et me voici rendue à mes habitudes, heureuse de revoir mes indulgents amis. M. de Pourtalès et M** de Seebach (*) sont venus
(1) Le comte Albert do Pourtalès, né en 1812, mort A Paris en 1H6I, était envo^-é de Prus»e auprès de l'empereur Napoléon III. — Marie de NcMvIrodr, femme du bnron, puis comte d« SiM.lnuh. f<iivo)ré d»» Saxe auprès di» IVmpcrour Napoléon III, «•tait fillt' de l'ancien chancelier russe, comte de Nesselrode.
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ici le jour où j'étais le plus souffrante, et j'ai été vivement contrariée. Le congé de M. de Pourtalës ne sera peut-(^tre pas de deux mois, comme il s'en flattait.
À revoir, Monsieur, ma pensée vous suit et vous désire tous les succès : une grande fermeté d'âme est le seul soutien parmi des circonstances si compliquées. La pluie a fait défleurir plus tdt la belle rose appelée le comte de Cavour : je voulais vous l'envoyer et vous la faire admirer.
K. C"* DE CiRCOURT.
P. S. — Michel Chevalier, que j'ai vu deux fois cette semaine, me charge de vous dire que c'est par discrétion ({u'il ne va pas vous chercher. Il nous revient dimanche pour dtner.
Les nrayère*, & août 18â0.
Il faut. Monsieur, que je devine toute Timportance actuelle de vos occupations pour ne pas vous avoir sollicité dVtre des nôtres à dîner ai^ourd'hui : Michel Chevalier et M. Cobden seront ici, et auraient été si heureux de vous voir. M. Auguste de la Rive, le cousin et ami de M. de Cavour, m'écrit de Londres qu'il sera à Paris, à Thôtel Mirabeau, lundi soir, demain. Il n'y restera que mardi et mercredi, et désire vivement avoir l'honneur de vous entretenir au plus tôt de < 1; '>ii-
pofiatUcs. Il vient dtner avec nous mardi, apn m,
et je vous le dis sans espoir de vous entraîner : veuillez donc lui faire dire à l'hôtel Mirabeau à quelle heure
vous pourrez le recevoir le mardi ou le mercredi ; il a un congé très court et vient d'avoir un long entretien avec lord l'almerston.
J'ai un vrai guignon avec M. de Cavour : un jeune ami à moi, M. de GefTcken, ministre de Hambourg à Iterlin (*), rempli de talent et d'esprit, parfaitement au courant de la politi(}ue allemande, est eu voyage, et m^a demandé de lui adresser à Gênes, poste restante, une lettre de recommandation pour M. de Cavour. Je Tai fait avec tout Tempressement possible, et cette lettre s'est perdue... M. Geffcken s'est présenté en mon nom à M. de Cavour, qui l'a reçu parfaitement : demain soir M. Geffcken nous arrive ici pour quinze jours : tous les ans il demande un congé pour se reposer sous notre toit, et m'amène sa jeune femme, épousée depuis quinze jours. Il faudra tous les ravissements de la lune de miel pour me faire supporter infirme comme je le suis.
À revoir. Monsieur, je n'ose pas dire à mardi, six heures. Veuillez m'en savoir gré et deviner à votre tour combien je le regrette.
Kl. I MINE G"* DE CiRCOURT.
P. 8. — Cest le 2 août que M. de Cavour a eu la bonté de recevoir mon diplomate. Ainsi demain j'en aurai des nouvelles très fraîches.
(1) IL le dr. Henri de Geffcken, le publiciste bien connu, repr<*ent«it fn 1860 les vUlet Hanséathiacn A Berlin.
Les Bruyères, par Bmicival (8«iM «c OImI 9 août (1860).
Vous avez, Monsieur, complètement captiv*' M. d. la liive, ce qui me paraît tout simple. Il a dln<' avtM nous hier, et nous a vivement intéresses en nous parlant de Topinion en Angleterre. Que d'orages à tous les coins de Thorizon politique ! Notre ami M. de Cavour a besoin de toute sou énergie pour tenir tète à Torage, duquel l'Europe le regarde comme le seul pilote. Je comprends, Monsieur, comme vous êtes absorbé, et je regrette tant que vous ne puissiez venir ici prendre un peu de repos. J^'ose vous demander pourtant une faveur : notre jeune ami M. Geffcken, ministre de Hambourg à Berlin, a le plus grand désir de vous voir; il reste ici encore quinze jours et ne va guère à Paris: il demande quels sont les jours et les heures où il aurait Tespoir de vous trouver et de pouvoir vous entretenir : il irait à Paris exprès pour cela. Il y a huit jours qu'il a vu M. de Cavour. D'ici il retournera à Berlin, et nous accorde son congé tout entier: il vous intéressera, j'en suis sûre; c'est pourquoi, lorsque vous le pourrez, je vous serai bien reconnaissante de lui permettre d'aller vous chercher.
k revoir. Monsieur; j'espère voir le marquis de Cavour à son passage à Paris, et m'en réjouis d'avance. Veuillez ne pas oublier la pauvre infirme.
K. C"* DE CiRCOURT.
xm.
Les Brajères 22 août 1860.
Permettez-moi, Monsieur, d'oser confier à votre bonté ce petit mot pour le marquis de Cavour : M. de la Rive l'attend à Presinge pour le 26 de ce mois, et j'espère, d'après ce que m'a mandé notre ami commun, que Paris est sur la route d'Ostende à Genève : je ne doute pas de la vieille amitié du m" de Cavour, et je désire beaucoup le revoir: je suis sûre qu'il viendra ici et que vous le ferez avec lui, si vous pouviez quitter vos préoccupations qui deviennent chaque jour plus compliquées. Dimanche dernier Michel Chevalier vint me raconter une longue conversation qu'il avait eue avec M. Manna ('). C'est une grande conquête pour la cause italienne que le désir de Naples de s'allier au Piémont. Mais je comprends tous les obstacles et j'attends avec anxiété l'issue de cette nouvelle crise. Croyez, Monsieur, que ma pensée vous suit. Notre jeune ménage allemand nous quitte le 1" septembre, et si d'ici-là le ciel politique a une lueur de sérénité, nous serons heureux de vous voir; M. Geffcken en a un désir que M. de la RÎTe a beaucoup augmenté.
Mille et mille excuses de cœur.
K. C** DB CntcooBf.
'I :iuA, de Naple*, qui fat député, ministre et talien. il morat en 18Cr>.
Les DruyAres 1" iu»pt«mbre (18^).
Perinettez-moi, Monsieur, de vous présenter, quoique de loin, notre jeune ami M. Geffcken. Il vient de passer quelques semaines avec nous et retourne à son poste à Berlin: il est fort au courant de la politique et lié avec les hommes les plus émineuts de TAUemagne: il sera très heureux de faire votre connaissance, et j'ose vous prier de lui accorder ({uelques instants ; j^en serai, pour ma part, très reconnaissante.
Combien je vous remercie d'avoir remis mon petit mot au m'* de Cavour: il nous a donne une bonne journée qui s'est écoulée trop vite après une séparation de cinq ans: il dira h son ft'ère comltien de vieilles amitiés ne connaissent pas d'absence.
Veuillez, Monsieur, agréer l'assurance de mes sentiments dévoués.
K. C* DE CiRCODRT.
Le« Bruyères 20 aqptembre 1860.
Permettez-moi, Monsieur, de vous prier de transmettre cette lettre le plus rapidement que cela sera possible: il s'agit d'une affaire très importante, et que je vous conterai quand les graves événements vous permettront de nous accorder quelques instants.
Chaque jour apporte des nouvelles qui sont toutes des (événements si graves. Puisse Tltalie en triompher! Veuillez agréer d'avance tous mes remerctments.
Klustinr C** de Circourt.
— M. Cobden me disait hier de M. de Cavour: • >VheQ I saw him in KS47 I thought him the ablest man I ever knew, and he prouved it ». — M' Senior était aussi des nôtres.
Le» Bruyères 29 settembre (1860).
Nous sommes bien reconnaissants, Monsieur, d'une marque de votre amical souvenir, au moment où vos préparatifs de départ doivent absorber tous vos mots. Croyez que nous espérons votre prochain retour: 1. .....> y comptons fermement... Vous seul pouvez dignement représenter la politique de la nouvelle Italie. Vous nous rapporterez des nouvelles de M. de Cavour, plus récentes et plus détaillées que celles de sou frère : je désire que ce soit au plus tôt. — Combien je vous remercie d'avoir si fidèlement transmis la mienne: hélas! elle recommandait avec instance M. et surtout .M"" de Pimodan, que je croyais en Italie ; croirez- vous qu'au milieu de circonstances si graves, M. de Cavour m'a répondu aussitôt? Si quelque chose au inonde pouvait augmenter mon admiration pour ce grand caractère, ce serait cette nouvelle preuve d'amitié. M*** de Pimodan est pleine de fermeté, d'une beauté
Ufi —
remarquable — • <. ans. — C'est elle et son en-
toarage qui ont ,; .; ce jeune et brillant militaire
dans cette expédition absurde.
Il m'est permis de m'occuper particulièrement des blessés; j'ai passé tout mon été à attendre une opération très douloureuse, fort longue, que mon épaule devait subir le mois prochain : depuis hier, le célèbre chirurgien qui me soigne, le docteur Maisonneuve, a déclaré qu'il valait mieux la retarder encore, car le mal n'est pas h son apogée... Au mois de novembre nous retournerons à Paris, et on verra quel sera Tavis suprême de la science. Aucun effort, an ipplice
ne me coûtera, si j'ai au bout l'espoir û'u \rance
m^me partielle. — Oserai-je vous prier. Monsieur, de me permettre d'envoyer à votre chargé des affaires mes lettres à M. de Cavour? Une recommandation de votre part m'éviterait les incertitudes de la poste: vous savez que je n'abuserai pas d'une si précieuse autorisation.
Ce qui est bien pénible, au milieu des graves é\ ' ments qui se préparent, c'est d'assister à de cm déceptions: M. de la Rive ('), Tami, le cousin de M. de Cavour, est tout entraîné par son patriotisme ultra-génevois, et il me mande, h moi, son amie depuis trente ans, que décidément il ne comprend plus mon fanatisme obstiné pour M. de Cavour, et que ses sympathies ardentes sont pour Garibaldi ('). — Michel
(1) M. Aagoste de la Rive.
(2) On sait avee qaelle vivacité Garibaldi sV-fsit prononct* contre le traité de cession du 24 mars 1860. I) r, l'nnn«>xion de la Savoie à la France avait provoqua ^ '<• une protestation, dont M. A. de la Rive s'était rendu, aaprès du
Chevalier disait ici, ces jours-ci, que M. de Cavour aurait été le plus grand homme de son temps s'il avait fait fusiller Garibahli avant Tcxpédition de Sicile... M. Cobden lui a répondu avec une raison, une autorité qui m'ont ravie : cet esprit si ferme, si haut est un solide et véritable allié de M. de Cavour.
À revoir, Monsieur ; j'ose vous prier de me rapporter une photographie ressemblante^ à votre choix, de M. de Cavour, pour la faire relier dans sa biographie: elle va avoir besoin d'une seconde partie, qui ne sera pas h ; remanjuable. — M. Geffcken a été bien
recoii de votre accueil, et le méritait de tous
points.
Que Dieu vous conduise et vous ramène près de nous.
K. C*" DE CiRCOCRT.
Nt'u 1. ' i»orter au marquis de Cavour le dernier Carrt^.jj'jnuuit: il y verra un morceau de M. de Falloux qui pourra bien être arrêté.
Les Bruyères, par Bonglral (Soioo tt OiM). 24 juillet ISGI.
Combien je vous suis reconnaissante, Monsieur, pour
** ^ i?e fort ressemblante, mais que je ne puis con-
iuà travers mes larmes: elle sera sur la mOme
i''iii--t .!.• I.iili.*. rint(>q)rùtc convaincu. C'«»t »ur cette
'1 fiMii '•< iil> !ii.'iit <|Uo lc« npinionn de M. A. de la Kivo so
• lit •! trcord pour un iu«tiuit «veo lo aentimont do Ga*
page que la vdtre, ëternellement unies dans n Je suis heureuse de tenir de votre main le rapport que j'ai osl* vous demander (') : nous Tavons la avec le plus grand intérêt, le rapportant autant à vous qu'à celui qui était alors le chef du gouvernement du roi Victor-Kramanuel, et qui demeurera l'éternel honneur de l'Italie. Je ne doute pas que ce travail ne vous ait valu l'approbation la plus flatteuse pour votre mérita et la plus chère à votre cœur, récompense que nulle autre ne pouvait remplacer pour vous, pas môme la justice éclatante que vous ont rendue, mÔme hors de l'Italie, les personnes d'un esprit droit et d'intentions
généreuses. Ce rapport donne une idée r ■ ' ♦(> dea
prodigieux efforts que doit coûter l'or^: -ii de
ritalie méridionale, des difficultés que vous avez eu à vaincre et des précédents salutaires que vous avez légués à vos successeurs.
Nos félicitations pour votre retour à Paris sont mêlées d'une amertume si grande, qu'il m'a fallu du temps et de la peine pour trouver le courage dont j'ai besoin en vous écrivant aujourd'hui. Je ne puis pas cependant me refuser la consolation de revenir avec vous sur cette perte irréparable et de vous assurer de la sympathie profonde avec laquelle ceux qui ont été dignes de partager l'amitié de M. de Cavour ne se borneront pas à vous accompagner de leurs regrets^ mais continueront k vous assister de leurs vœux dans la grande tAche qui vous est imposée. Au milieu du
(1) Rapport du 20 mai 1861, par Icr|uel je rendis compte à H. de Cavour de l'administration des provinces napolitaine» pendant la lieutenancc de S. A. R. le prince de Carignan.
Hp 4Ïes p
chatnement de Tesprit de parti et de Taveuglement 4Ïes préjugés, tous trouverez, m^^uie à Paris, des intel- ImiMices h Tunisson de la vôtre; elles vous rappelleruut h tous moments combien est sacré pour vous le devoir de continuer, sans fléchir sous une si rude épreuve, rou>Tage auquel de si bonne heure, et quand sa n'a' * iMait plutôt un rt^ve éblouissant qu'une
posai! jue, vous vous êtes associé avec tant
de persévérance et d'énergie. J'espère que vous aurez 1 ;»os et la netteté des expressions ein-
{4. .^ . .. ;.,.. ., .. uiment par un de mes amis à Londres, dans une occasion solennelle, au sujet de la reconnaissance de ritalie.
' * que le tourbillon des affaires ne s'empare :i ut de vous, j'aurais une véritable jouissance
il vous revoir dans notre humble ermitage si voisin iU' l'aris : ce serait plutôt pour moi, et j'espère aussi pour vous, un soulagement qu'une aggravation à notre <louleur commune qu'en échanger les expressions et nous répéter que le comte de Cavour n'est pas ent t perdu pour l'Italie, puisque son esprit lui
que des amis éprouvés vouent leur existence À compléter son ouvrage. Jusqu'à ce moment les actes H les paroles de M. Uicasoli sont de nature à faire penser <iu'il recueillira dignement, autant qu'il peut ^tre recueilli, un héritage si magnanime.
Mon mari se joint à moi pour vous dire. Monsieur, que notre couvert rustique à six heures précises sera charmé de vous posséder.
Veuillez croire & mon sincère dévouement.
Kl.l STIXE C*^ DE ClUCOCRT.
XVUI.
(Deaz briodillcs de bruyère plaqa^ en tète de U feuille).
Ktf Boogival (S«Um «t OiM).
2H août 1861.
Votre fidèle souvenir au milieu de vos occupations m'a rendue, Monsieur, fort reconnaissante. Je comprends les envahissements de toutes vos heures, et mon regret de ne pas vous voir s^augmente chaque jour. Mon miri ne va pas à Paris sans essayer de vous dérober quelques moments, mais il y va rarement, car nos amis se succèdent ici, lors même que notre Paris est désert; nous jouissons du passage des revenants des eaux, et les apparitions intéressantes charment ma réclusion. Nous avons un voi>in qui est un ennemi implacable pour ritalie, quoiqu'il fût un ami de M. de Cavour: c'est M. Thiers: toute la verve inépuisable de son esprit charmant devient un radotage lorsqu'il parle de cette grande résurrection et en conteste la portée. Vous me permettrez de vous présenter par deux lignes M. Tchihatchetf, récemment nommé à l'académie des sciences, rempli de talent, publiciste, voyageur intrépide, explorateur persévérant de l'Asie-Mineure : il a '■-^* l's brochures politiques remarquables (La jtaix (/ ',
entre autres). Il va passer l'hiver en lulie pour l'étudier dans sa régénération, et désire beaucoup avoir l'honneur de vous voir avant ce prochain départ. Il est vraiment partisan de ce que nous admirons.
À revoir, Monsieur; ne nous oubliez pas et croyez
au prix que nous attachons à ces profonds souvenirs qui nous réunissent aux vôtres.
K. (j^ DE CrecoDRT.
Vous aurez lu le discoursde Michel Chevalier à PuMin : lorsqu'il a prononcé le nom de Cavour, des applaudissementâ frénétiques ont rempli la salle. 11 m'a charge de vous le dire.
Leâ Bnijèrcs 31 août 1861.
\f;ii.. ..,.\..^, .1^ ca>ur pour ces précieuses lignes qui a re, si c'est possible, mon plaisir de
vous revoir. Monsieur. J'ai tant à vous dire sur M. Thiers. Il est irréconciliable avec la noble cause que vous servez, et sur ce seul point je ne retrouve pas la modération qui paraît le charme particulier de cette intelligence si vaste, si compréhensive, si positivement éclairée. Il reconnaît à notre ami tout ce que 1 Kurope a honoré, mais il déraisonne sur la possibilité (Pune Italie telle que vous la comprenez et telle que iioii*; la verrons, j'en ai le ferme espoir. Je comprends vuirc excessive réserve envers des amis et ennemis, et c'est avec la plus grande discrétion que j'oserai introduire une personne inconnue auprès de vous, soyez-en bien assun^ Pourtant il y a une manière active de servir T Italie, c'est d^animer et d'éclairer le zèle de ceux qui peuvent coopérer à cette grande œuvre par les moyens les plus divers, et les plus petits ne sont pas à dédaisoer. Si vous le pouvief, si cela était pos-
sible, vous me rendriez vraiment reconnaissante, si vous pouviez venir après-demnin, lundi, dîner avec nous à six heures précises : vous trouverez ici M. Toujade, qui va bientôt partir pour Florence, tout radieux de ce poste qui lui convient parfaitement: vous devinez que le titre de consul général u'empOche pas que ce ne soit une position diplomatique, et M. Poujade serait très flatté de vous être présenté: il est très intelligent, fort laborieux, courageux, capable de tout comprendre et de se rendre utile. Nous n'oserons pas vous attendre: mais vous savez comme il est plus facile de suivre ici un entretien sous nos ombrages qu'à travers toutes les interruptions de Paris. Le marquis Incontri sera des nôtres : je n'oublierai jamais les bontés desquelles nous a comblé son grand-père {*). Le comte de Cavour appréciait beaucoup M. Poujade, qu'il voyait souvent chez lady IloUand ('). Comme tous ces souvenirs deviennent des liens!
À lundi, Monsieur, quelques heures de causerie paisible vous feraient tant de bien : après certaines épreuves, le cœur ne retrouve pas de convalescence ; la perte que nous pleurons est de celles que chaque jour semble augmenter et rendre plus irréparable. M. Thiers me
(1) Le marquis Gino Capponi.
(2) Ladj Mary Augusta, fille du 8* comte de Coventry, avait épousé en 1833 le dernier baron IloUand, et rci^ta voiivc en 1859. Depuis cette époque lady lioUand avait
de partager ses Si'jours entre Holland-bouse, à K' i,
St. Ann's-hili en Surray, et Naple». Elle était une amie <l ancienne date du comte de Cavour, Sa résidence do Hollamlliousc, où je l'ai vue la dernière fois en 188j, fut longtemps le rendez-vous des illustrations anglaises et continentales de son temps. Elle mourut & St. Ann's-hill le 21 septembre 1889.
t ces jours-ci une conversation quMl avait eue avec M. Cousin. C'est une révélation.
Merci, Monsieur, de votre souvenir ; vous savez comme j'y attache un prix de cœur.
K. DE CiRCOURT.
Les Brurères 22 septembre 1861.
Mi' pfrinettez-vous d'espérer, Monsieur, que vous avez bien voulu me réserver une de ces photographies, desquelles Y Illustration m'offre une réproduction sûrement imparfaite? En échange j'ose vous offrir un sinet de livre : il est vraiment rustique et vous fera penser à un lieu qui désire et espère vous voir. Tous ces jours-ci votre nom y a été prononcé. M. Thiers, en me disant .1 ' 'ait de ne vous avoir pas rencontré, et je