I4<*^ LETTRES INÉDITES
le cardinal. Il a dit à Son Emincnce qu'aucun gouverneur de son département ne lui rendait un meilleur compte et ne faisait mieux les alTaires du roi que ledit sieur premier président, quand il a la direction de la province en Tabsence de M. de Lesdiguières. Il pourra, s'il veut, l'en remercier et en prendre l'occasion en disant que je le lui ai.fait savoir.
J'ai renvoyé mes enfants à Paris dans un carrosse à six chevaux, pour éviter l'incommodité du logement de Saint- Jean-de-Lus. J'ai fait savoir à temps à mon père leur passage à Lyon, afin que s'il en voulait profiter, ses affaires étant prêtes, pour faire le chemin de Paris un peu plus agréablement, ayant ses enfants avec lui, il le put faire, et j'ai dit à mes enfants d'attendre à Lyon ses ordres et d'y séjourner même le temps qu'il voudra, s'il n'était pas prêt. Je ne sais pas ce qu'il aura résolu.
Je n'ai nulle connaissance que les espèces d'or doivent baisser et ne le crois point. Au reste vous vous moquez en me faisant tant de justifications. La pensée qui m'était venue n'était qu'en cas que cela vous fijt plus commode et que vous vous trouvassiez en peine de loger l'argent de ma cousine.
Vous m'avez fait plaisir de ne pas rendre les lettres à ma cousine d'Aviti, pour les considérations que vous dites, qui sont très-prudentes. Celle qui était pour ma cousine de Murinais n'avait rien de commun. Elle se plaindra bien de moi, car je n'ai pas eu le temps depuis de lui faire d'autre réponse à plusieurs lettres qu'elle m'avait écrites.
Je ne sais encore si cette lettre vous sera rendue ou par l'ordinaire ou par M. de Montdevergues ', que le roi envoie
(i) François Lopès, marquis de Montdevergues, né à Avignon, fils du seigneur de Montdevergues et de Jeanne Pérussis, mestre de camp d'un régiment de cavalerie, employé par Mazarin, qui lui légua 10,000 écus ,
à la rencontre du gOLivcrncur de Milan pour le conduire par le royaume. Si vous voyez ce gentilhomme, vous le trouverez fort galant homme et des meilleurs amis que j'aie au monde.
Si mon cousin veut venir à la frontière, il sera très-bien venu, et quant à Tincommodité qu'il recevra lui-même pour le logement, il ne m'en saurait donner aucune, au contraire beaucoup de joie. Il faudrait qu'il s'y rendît dans le 8*^ mai, au plus tard.
A Hendayc, ce 4'' juin 1660.
Je fis hier voir la cérémonie du mariage à mon cousin, auquel je me remets de vous en faire la relation ^ Je ne lui ai point encore parlé de votre désir qu'il s'en retourne d'ici vous trouver. Il serait lui-même incommodé d'en user autrement, à cause de la disette de logements dans la marche d'une cour si nombreuse. Je crois qu'il sera satisfait de la parole que vous lui donnez qu'il verra Paris, quand mon père y viendra.
Que dira votre homme, qui sait toujours plus que tous les autres de Favenir et des affaires, de s'être si fort trompé
lieutenant général de l'île de Madagascar en 1666, emprisonné à son retour en France, reconnu innocent et mort dans le château de Saumur, en 1671.
(i) La cérémonie du mariage de l'infante Marie-Thérèse avec Louis XIV se fit le 3 juin 1660 dans la principale église de Fontarabie et fut renouvelée le 9 à Saint-Jean-de-Luz.