‹ Lettres inédites de John Stuart Mill à Auguste ComteChapitre 10 sur 88 · INTRODUCTION XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIII

et son œuvre morale et politique, loin de contredire son œuvre spéculative, la suppose au contraire et la complète. La pensée de Comte est restée jusqu'au bout fidèle à elle-même. Ainsi l'adoration de Comte pour sa « sainte Clolilde » l'amène à regarder le sexe féminin comme intermédiaire entre l'Humanité et les hommes. Mais il ne change rien pour cela à ce qu'il a dit des femmes, au point de vue biologique et social, dans son Cours de Philosophie positive.

Mill propose à Comte de discuter ensemble leurs (i opinions » sur certains points. Mais Comte n'a pas d' « opinions », au sens où Mill prend ce mot. Il a un corps de doctrine, un système. Il a construit ce système tout exprès pour mettre un terme au flux et au reflux des « opinions » mouvantes entre lesquelles flottent les esprits de notre temps, et qui empêchent les convictions fermes de s'établir. Il ne voit donc pas comment une discussion l'amènerait à « modifier son opinion » sur un point donné. Il faudrait lui prouver que cette opinion est incompatible avec son système, ou que les faits sur lesquels elle se fonde sont mal établis. Autrement, pourrait-il abandonner son sentiment sur ce point spécial sans renoncer à d'autres opinions, connexes à celle-là, et enfin aux principes mêmes d'où elles dérivent? Tout son système serait donc atteint. Or, à ses

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