‹ Lettres inédites de John Stuart Mill à Auguste ComteChapitre 11 sur 88 · INTRODUCTION XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XV

au moins en matière philosophique et sociale, offre une multitude d'aspects dont nous ne voyons qu'une partie, son effort allait à découvrir le plus grand nombre possible de ces aspects. Il ne se croyait pas le droit de sacrifier la plus légère parcelle de vérité à la belle ordonnance logique d'un système. Les grandes époques de sa vie philosophique sont ainsi marquées par Taperception d'idées et de doctrines nouvelles qui frappent son esprit, et qu'il essaye de s'assimiler, sans s'être assuré d'abord de leur parfaite harmonie avec l'ensemble de ses idées et de ses doctrines antérieures.

Une première fois déjà. Comte avait fait sur lui une vive impression. C'était en 1828, alors que diverses influences concouraient à ébranler sa (( foi benthamiste ». Il venait d'être initié aux idées philosophiques importées d'Allemagne en Angleterre par Coleridge et par ses amis. Les saint- simoniens aussi l'intéressaient fort, et il suivait avec sympathie le développement de leurs doctrines politiques et sociales. Deux principes nouveaux ont dès lors modifié l'orientation de sa pensée. Il a compris que l'état présent d'une société est inintelligible pour qui n'a pas la connaissance de son passé ; que la spéculation sociologique ne saurait aller sans l'histoire ; qu'il n'y a donc pas d'institutions sociales et politiques qui

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